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15 mars 2026
pour le second tour, Bruno Retailleau veut surtout faire barrage à LFI
15 mars 2026“Personne ne se souvient d’élections municipales aussi importantes en France”, s’exclamait El País au matin de ce dimanche 15 mars. “Ou, du moins, aussi symboliques compte tenu du contexte politique et de ce qu’elles pourraient nous révéler du futur”, constate le quotidien espagnol. Cette journée, observe le journal de centre gauche, s’est d’ailleurs déroulée “dans une ambiance de présidentielle”.
Si le constat et largement partagé par la presse étrangère qui suit de près le scrutin, la participation n’était pas au rendez-vous en France. Le taux de mobilisation, estimé entre 56 et 57 % ce dimanche soir à 20 heures, indiquait certes une hausse de dix points par rapport à 2020 – avec ses municipales marquées par une abstention historique en pleine crise du Covid – mais en net recul par rapport à 2014, où la participation avait atteint 63,6 %.
Parmi les premiers résultats tombés ce 15 mars, on note qu’au Havre, “une des courses les plus cruciales de la soirée”, Édouard Philippe obtient 43,76 % des voix, suivi du communiste Jean-Paul Lecoq avec 33,25 %. L’ancien Premier ministre semble “en bonne voie pour rester dans la course à la présidentielle”, annonce Politico à Bruxelles.
Si les estimations se confirment, l’extrême droite pourrait bien s’imposer dans des bastions clés, rapporte toujours Politico Europe. “Le Rassemblement national devrait obtenir de bons résultats dans les villes méridionales de Toulon et de Nîmes, deux bastions importants pour le parti de Jordan Bardella et de Marine Le Pen.” À Toulon et à Nîmes, les candidats du RN Laure Lavalette et Julien Sanchez sont en tête du premier tour pour la première, ou talonnent leur concurrent, pour le second. Louis Aliot (RN), est réélu dès le premier tour à Perpignan, avec 51,4 % des suffrages selon des premières estimations Ipsos-France Télévisions. Steeve Briois, maire sortant RN de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le fief électoral de Marine Le Pen, a été largement réélu au premier tour avec 78 % des voix,
“Les Français ont été au rendez-vous de leurs responsabilités”, a dit Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), depuis Beaucaire (Gard). “Je me réjouis que plusieurs maires sortants du Rassemblement national aient été réélus ce soir”, a-t-il poursuivi.
L’Insoumis Guiraud largement en tête à Roubaix
À Lille, le candidat de l’union de la gauche hors LFI, Arnaud Deslandes, et la candidate “insoumise” Lahouaria Addouche sont au coude à coude, avec respectivement 25 % et 26 % des voix selon des estimations Ipsos BVA-CESI. Stéphane Baly (Les Écologistes) arrive en troisième position, avec 16,21 % des voix.
À Roubaix, c’est l’Insoumis David Guiraud qui arrive très largement en tête au premier tour (46,5 %), selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1-LCI. Le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a salué “le regain de mobilisation observé par rapport aux élections municipales de 2020” et tendu la main “aux autres listes engagées dans ce scrutin pour permettre, partout où la droite et l’extrême droite menacent, la constitution d’un front antifasciste”.
Les estimations pour les trois plus grandes villes de France sont tombées peu après 21 jeures. À Paris, les premières estimations Ipsos pour France Télévisions donnent le candidat de l’union de la gauche hors-LFI Emmanuel Grégoire en tête (36,5 %), devant Rachida Dati (24,9 %, union de la droite) et Sophia Chikirou (13,7 %, LFI). Viennent ensuite Pierre-Yves Bournazel (11,8 %, centre) et Sarah Knafo (9,7 %, Reconquête !). À Lyon, le sortant écologiste Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas sont au coude-à-coude à 37,5 %, selon Ifop-Fiducial.
A Marseille, le maire sortant Benoît Payan (union gauche) est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national), tous deux à 35,4 %, selon des premières estimations Ipsos pour France-Télévisions. Une possible quadrangulaire est en vue pour le second tour avec Sébastien Delogu (La France insoumise) et Martine Vassal (Les Républicains).
Un entre-deux-tours décisif
Pour les tendances du second tour, les jours à venir seront décisifs, annonce Le Temps dans un autre article. “Le début de semaine de cet entre-deux-tours sera crucial pour voir qui se maintient (et handicape donc l’autre partie de son camp) et qui se retire ou s’allie (prenant le risque de perdre une part de son identité pour la présidentielle) ”, analyse le quotidien suisse.
Ce dimanche soir, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure a notamment déclaré qu’“au premier comme au second tour, il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI”. Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains (LR), appelle à un “grand rassemblement de la droite [pour] battre la gauche ou le RN”. “La seule consigne ce soir que je donne, c’est aucune voix pour LFI”, a-t-il déclaré.
Pour désigner les maires et conseillers municipaux de quelque 35 000 communes, les thèmes de campagne électorale sont restés locaux, soulignait The Guardian britannique avant l’annonce des premières estimations : “Avec la sécurité, le logement et le ramassage des ordures, ce scrutin se distingue nettement des élections nationales”. Mais dans chacune des communes, le résultat “sera examiné à la loupe pour ce qu’il peut révéler de la stratégie des partis politiques et les alliances au sein d’un paysage politique français de plus en plus fragmentés”, observe le quotidien londonien.
Le premier parti à attirer l’intérêt à l’étranger : le Rassemblement national. “L’extrême droite veut le pouvoir”, titrait en Allemagne Die Zeit. Historiquement en difficulté au niveau local, “le RN souhaite conquérir aujourd’hui les municipalités”, observait l’hebdomadaire centriste avant que les premiers résultats soient connus.
Le parti de Marine Le Pen “cherche à gagner du terrain dans le sud de la France et à consolider ses bastions du nord, les villes portuaires de Toulon et de Marseille figurant parmi ses cibles principales”, affirmait le Financial Times avant même 20 heures. Nice, cinquième ville du pays, pourrait aussi compter parmi les places fortes de la droite radicale.
La stratégie cible le long terme, rappelle le quotidien financier : “Le RN souhaite créer une dynamique en amont de la campagne présidentielle, dans laquelle Marine Le Pen et son dauphin, Jordan Bardella, devancent largement leurs rivaux dans les sondages.”
Autre question cruciale : la capitale. “La droite rêve de Paris” après 25 ans de gouvernement par la gauche, écrivait plus tôt dans la soirée El País. Le quotidien de centre gauche qui a suivi autant la campagne de Rachida Dati que les adieux d’Anne Hidalgo, croit que “la bataille pour Paris est plus ouverte que jamais et pourrait influencer l’atmosphère de l’élection présidentielle”. Ici, c’est la question des alliances à droite qui sera cruciale face au favori du premier tour, Emmanuel Grégoire.
Ce 15 mars, insiste El País, le scrutin se déroulait “alors que le mandat du président de la République touche à sa fin, dans un climat où divers enjeux politiques, idéologiques et de possibles alliances seront mis à l’épreuve”.
“Si les Français restent attachés aux maires, plus populaires que les élus nationaux, la mobilisation peut aussi être pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient”, commente cependant Le Temps en Suisse. Pour connaître les résultats de ce premier tour, dans les grandes villes notamment, il faudra cependant attendre tard dans la nuit.
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Source : www.courrierinternational.com

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