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16 mars 2026
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16 mars 2026Nicolas Sarkozy de nouveau face à la justice, les enjeux de son procès en appel dans l’affaire libyenne
BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP
Nicolas Sarkozy de nouveau face à la justice, les enjeux de son procès en appel dans l’affaire libyenne.
Les enjeux n’ont jamais été aussi écrasants pour Nicolas Sarkozy. L’ex-président de la République, condamné à une lourde peine d’emprisonnement en première instance dans l’affaire du financement libyen et qui a déjà effectué une vingtaine de jours de détention, joue gros à son procès en appel qui démarre ce lundi 16 mars.
Un peu moins de six mois après la condamnation de l’ancien chef de l’État (2007-2012), le 25 septembre, à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et 100.000 euros d’amende, la cour d’appel de Paris va le rejuger, avec neuf autres personnes, au cours d’un procès prévu jusqu’au 3 juin pour un jugement attendu le 30 novembre, selon une source ayant connaissance du calendrier.
Ces nouveaux débats, qui se tiendront dans l’imposante première chambre du palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, revêtent une importance capitale pour Nicolas Sarkozy, aujourd’hui âgé de 71 ans. Va-t-il réussir à convaincre de son innocence, qu’il clame depuis le début de l’affaire ? Ou sera-t-il de nouveau condamné à de la prison ferme ? Et si oui, pour combien de temps ?
Association de malfaiteurs, l’infraction clé
En première instance, le tribunal correctionnel de Paris l’a relaxé pour trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé. Mais il l’a reconnu coupable d’association de malfaiteurs, pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, démarcher la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi lorsqu’il n’était encore que ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, afin de solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.
S’il a aussitôt fait appel de sa peine, motivée selon lui par la « haine », cette sentence, assortie d’une exécution provisoire justifiée par le tribunal par « l’exceptionnelle gravité des faits », l’a contraint à effectuer environ trois semaines de détention à la prison de la Santé. Un événement inédit pour un ex-président de la République, mais aussi une première pour un ex-chef d’État de l’Union européenne.
Ayant déposé une demande de mise en liberté dès son incarcération le 21 octobre, il en est sorti le 10 novembre, sous contrôle judiciaire, la cour d’appel de Paris estimant qu’il présentait des garanties de représentation « indéniables ».
De cette expérience, il a tiré son Journal d’un prisonnier de 216 pages, paru un mois pile après sa remise en liberté. Il y raconte par exemple s’être agenouillé pour prier, au premier jour de son incarcération, « pour avoir la force de porter la croix de cette injustice ». Celui qui a été détenu dans une cellule individuelle et a notamment bénéficié de parloirs facilités par rapport aux autres détenus, y dénonce l’« enfer carcéral ».
Ce que risque Sarkozy
Deux autres protagonistes du dossier, l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri et le banquier franco-djiboutien Wahib Nacer, respectivement condamnés à six et quatre ans de prison avec mandat de dépôt, ont aussi été remis en liberté, sous contrôle judiciaire.
Au premier procès, ils étaient 12 à être jugés : parmi eux, l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, l’un des plus virulents accusateurs de Nicolas Sarkozy, en fuite au Liban et jugé par défaut, est décédé deux jours avant le jugement. Le tribunal correctionnel a donc constaté l’extinction de l’action publique à son encontre. Un autre, un homme d’affaires saoudien, a été relaxé et ne sera pas rejugé, aucun appel n’ayant été interjeté le concernant.
Pour ce nouveau round judiciaire, les 10 prévenus sont de nouveau présumés innocents. Nicolas Sarkozy comparaîtra pour corruption passive, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne électorale et association de malfaiteurs. Il risque de nouveau une peine de prison ferme, et un potentiel nouveau passage derrière les barreaux, selon sa sévérité.
La cour d’appel se plongera à son tour dans ce dossier à tiroirs, dont les événements remontent au mitan des années 2000, alors que la Libye était dirigée depuis près de 40 ans par Mouammar Kadhafi. Selon l’accusation, un « pacte de corruption » a bien été conclu pour un financement de la campagne présidentielle de 2007. Charge à la défense de convaincre du contraire.
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Source : www.huffingtonpost.fr

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