
Les Français Natalie Musteata et Alexandre Singh décrochent l’Oscar du meilleur court métrage de fiction
16 mars 2026Wall Street devrait tenter un rebond, l’Europe prudente face aux craintes inflationnistes
16 mars 2026La France insoumise, du désintérêt pour faire élire des maires au rôle d' »incontournable » à gauche?
Habitué à ne pas vraiment participer au scrutin municipal, LFI s’est lancée pleinement dans la bataille de 2026. Avec un certain succès: le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pourrait remporter plusieurs villes d’ampleur, en plus de Saint-Denis, acquise dès le premier tour, ou jouer les arbitres à gauche.
Pour mesurer la percée réalisée par La France insoumise au premier tour des élections municipales, il faut revenir sur l’exemple de Faches-Thumesnil. Cette commune du Nord, peuplée de quelque 18.000 âmes, était jusqu’ici la mairie la plus importante détenue par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Désormais, ce sera a minima Saint-Denis et ses près de 150.000 habitants où l’insoumis Bally Bagayoko l’a emporté dès le premier tour ce dimanche 15 mars, mettant fin à une parenthèse socialiste dans ce bastion historiquement communiste.
LFI très bien placé à Toulouse
Une sacrée performance, eu égard aux précédentes municipales où La France insoumise avait enjambé le scrutin, avant de finalement changer de braquet pour 2026, s’investissant pleinement dans la bataille.
Surtout, Saint-Denis n’est pas une exception. LFI est en très bonne position à Roubaix aussi, avec son député David Guiraud, et pourrait même l’emporter, selon les scénarios, dans deux des dix plus grandes villes de France.
À Toulouse, l’affaire est très bien partie après que l’insoumis François Piquemal (27,56%) a terminé en tête de la gauche, devançant le socialiste François Briançon (24,99%) et sa liste d’union, tandis que le maire sortant Jean-Luc Moudenc (centre droit, NDLR) a récolté 37,23% des suffrages.
Les deux candidats de gauche ont annoncé une liste commune et un « accord de gouvernance » ce lundi, avec l’idée que François Piquemal soit candidat à la mairie et François Briançon à la métropole. Dans cette ville où la gauche est largement plébiscitée aux élections nationales, le « paradoxe » municipal a donc toutes les chances de prendre fin.
Les insoumis ont aussi un coup à jouer à Lille, toujours sous bannière SFIO ou PS depuis le début de la Ve République. Dans la course au beffroi, ils sont arrivés deuxième avec leur candidate Lahouaria Addouche (23,36%), non-loin du maire sortant Arnaud Deslandes (26,26%), successeur de Martine Aubry, qui lui a laissé les commandes de l’Hôtel de ville il y a un an.
En troisième position avec leur candidat Stéphane Baly (17,75%), les Écologistes pourraient faire alliance avec LFI, à en croire Lahouria Addouche. « Nous devrions trouver un accord », a-t-elle dit, tandis que l’intéressé n’a pas confirmé un tel accord.
Un rôle d’arbitre pour la gauche dans plusieurs grandes villes
Cerise sur le gâteau des insoumis: alors que le Parti socialiste avait promis qu’il n’y aurait pas d’accord national avec LFI aux municipales et qu’une partie de ses membres refusent farouchement tout rapprochement, plusieurs candidats socialistes se retrouvent dépendants des insoumis pour l’emporter dimanche prochain.
« Nous faisons des scores qui nous rendent incontournables dans un certain nombre de grandes villes », s’est félicitée Mathilde Panot, cheffe des députés LFI ce lundi 16 mars sur BFMTV-RMC.
Ainsi à Nantes, la maire sortante Johanna Rolland, qui mène une liste d’union de la gauche hors-LFI, est arrivée en tête, mais talonnée par le candidat de la droite et du centre Foulques Chombart de Lauwe (LR). Une alliance avec le candidat insoumis William Aucant, en position de se maintenir, pourrait sauver sa tête.
À Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet est au coude-à-coude avec l’ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, et pourrait bénéficier des voix de l’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi.
Quelle position pour les alliés?
Le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, farouchement opposé à la formation de Jean-Luc Mélenchon, a lui réaffirmé qu’il n’y aurait pas de candidat de son parti au second tour sur des listes de gauche où figurerait LFI.
Mais du côté des Écologistes, Marine Tondelier n’est pas sur la même longueur d’onde. La patronne des Verts a dénoncé ceux qui depuis Paris, « vont dicter une consigne qui risque de faire que les villes de gauche basculent à droite et que les villes de droite ne basculent pas à gauche ».
Marine Tondelier a notamment appelé à une union du PS et de LFI à Limoges et Toulouse, jugeant que « l’intégralité des candidats de La France insoumise en France ne sont pas Jean-Luc Mélenchon ». Elle a cependant botté en touche pour savoir si son parti, en position d’arbitre à Lille, choisira entre le PS et LFI, car « la ville restera à gauche ».
« À Strasbourg, les Écolos auront besoin de nous » pour l’emporter face à la socialiste Catherine Trautmann, a noté Manuel Bompard devant la presse. Et le bras droit de Jean-Luc Mélenchon d’ajouter: « Il faudra une contrepartie. À Lille par exemple ».
À Marseille et Paris, la pression est sur les insoumis
À Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sont aussi au coude-à-coude, avec une possible quadrangulaire avec Sébastien Delogu (LFI) et Martine Vassal (LR).
Cependant, Benoît Payan a rejeté toute alliance, en demandant à Sébastien Delogu de se retirer pour faire barrage au Rassemblement national. « Face au RN, il n’y a ni compromission, ni tambouille, ni arrangement. Il n’y a qu’une seule ligne, celle de la clarté », a déclaré celui arrivé en tête au premier tour à Marseille.
Déjà, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a « tendu la main » aux autres listes de gauche pour constituer « un front antifasciste » « partout où la droite et l’extrême droite menacent », plaidant une nouvelle fois pour des fusions programmatiques ou « techniques ».
Le PS, qui résiste notamment à Paris, où Emmanuel Grégoire est largement en tête, appelait lui aussi au désistement des listes de gauche arrivées en seconde position. Mais pour Manuel Bompard, c’est le meilleur moyen « d’offrir le chemin de la victoire à la droite et l’extrême droite ».
« La France insoumise veut faire de la mousse avec peu de savon », a jugé le secrétaire général du PS Pierre Jouvet. De quoi nuancer quelque peu la place d' »incontournable » de LFI à gauche après ce premier tour des élections municipales.
Source : www.bfmtv.com

9999999
