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Mais c’était une plaisanterie enfantine, digne des chansons fantaisie. Jusqu’à Trump, les États-Unis n’avaient pas bombardé l’Iran. L’Iran n’a pas non plus attaqué directement les États-Unis. Un contact serré s’est produit en 1988, lorsque, lors d’escarmouches maritimes entre les deux pays, un croiseur lance-missiles américain a abattu un vol d’Iran Air transportant deux cent quatre-vingt-dix passagers et membres d’équipage. Il s’agissait cependant d’un accident et le président Ronald Reagan a envoyé aux dirigeants iraniens une note exprimant leurs « profonds regrets ». En près d’un demi-siècle de menaces grandiloquentes, les États-Unis et l’Iran n’avaient jamais réellement mené une guerre.
Les raisons de cela deviennent plus claires. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, les États-Unis ont cherché à superviser les affaires mondiales. Cela impliquait d’interpréter les intérêts américains au sens large, de sorte que presque tout, où qu’il soit, puisse être considéré comme pertinent pour la sécurité nationale. Comme le dit le rapport de la Commission sur le 11 septembre : « La patrie américaine est la planète ».
Cette mission mondiale, à son tour, a nécessité une justification, du type que les alliés pourraient accepter. « Le monde ne s’organise pas », a proposé Joe Biden. Il a besoin des États-Unis « en tête de table » pour faire respecter les règles. Aucun autre pays ne peut défendre efficacement la liberté, la démocratie et les droits de l’homme.
L’orgueil de tout cela est devenu particulièrement évident lorsque George W. Bush, poursuivant ce qu’il a appelé un « programme de liberté », a envahi l’Irak et renversé Saddam Hussein. C’est contre une telle croisade que Donald Trump a fait campagne. Il a promis de donner la priorité à l’Amérique et de prendre le monde déchu tel qu’il était. Une intervention n’était justifiée que s’il y avait une « menace directe pour nos intérêts nationaux », a-t-il soutenu, et, même dans ce cas, « nous ferions mieux d’avoir un plan hermétique pour gagner et nous en sortir ». Jusqu’à cette année, on pouvait affirmer que ce sens réduit de la mission rendait Trump moins susceptible de déclencher des guerres.
Pas plus. Malgré toute l’insouciance à la Bush qu’a engendrée l’hégémonie américaine, elle a également imposé des limites. Les anciens présidents se sont abstenus d’attaquer l’Iran de peur de nuire à la légitimité ou aux intérêts de l’Amérique, au sens large. Trump, ne se souciant ni de l’un ni de l’autre, est entré dans un conflit majeur avec une allégresse étonnante ; le secrétaire de presse de la Maison Blanche a expliqué que Trump avait agi avec le « sentiment » que l’Iran allait attaquer. Ses engagements minimes, plutôt que d’aboutir à une politique étrangère retenue, ont abaissé les barrières à la guerre.
Pierre Béinart, écrire dans le Foisa récemment qualifié la politique étrangère de Trump d’« impérialisme ». Pourtant, l’impérialisme aspire à l’empire, au contrôle. L’impérialisme classique cherchait à regrouper des lieux disparates sous une vaste structure administrative, animée par une mission civilisatrice. Il n’est pas difficile de rejeter l’accusation d’« empire » sur les prédécesseurs de Trump, qui ont jalousement gardé la garde américaine du système mondial. Mais ce qui est frappant chez Trump, c’est son indifférence à l’égard des résultats à l’étranger. On pourrait appeler cela du nihilisme de changement de régime ; on ne peut pas appeler cela de l’impérialisme.
Lorsque les États-Unis ont attaqué les installations nucléaires iraniennes en juin de l’année dernière, Trump a publié une vidéo de bombardiers lâchant leurs charges utiles au rythme de « Bombez l’Iran ». En déclenchant cette guerre, Trump n’a pas seulement causé d’énormes dégâts ; il s’est également libéré des fardeaux de l’empire.
Même si l’inimitié entre Washington et Téhéran est apparue en 1979, les graines ont été semées dans les années 1950. C’est à ce moment-là que le Premier ministre iranien, Mohammad Mosaddegh, a fait la une des journaux en nationalisant le pétrole iranien, récupérant ainsi les bénéfices qui avaient afflué en grande partie vers la Grande-Bretagne. En 1952, Temps a nommé Mosaddegh son homme de l’année.
Source : www.newyorker.com

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