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GABRIEL BOUYS / AFP
Jordan Bardella photographié après sa prise de parole à Beaucaire dimanche 15 mars (Photo by Gabriel BOUYS / AFP)
• Le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen peine toujours à s’imposer dans les grandes villes loin du pourtour méditerranéen.
• L’ampleur du succès de l’extrême droite au second tour dépendra beaucoup du front républicain de l’entre-deux tours.
L’avantage quand on fixe ses propres critères de réussite, c’est qu’on se met rarement en danger. Illustration avec le Rassemblement national qui a beau jeu de se présenter en vainqueur au lendemain du premier tour des élections municipales. Auprès des journalistes ce lundi 16 mars, l’entourage de Jordan Bardella livre quelques chiffres avec gourmandises, censés démontrer « le succès de l’implantation locale du RN ». Parmi eux, des succès indéniables : 24 maires élus au premier tour et 1 279 élus municipaux obtenus dès dimanche.
Les édiles largement réélus dès la première manche, comme Louis Aliot (Perpignan), Steeve Briois (Hénin-Beaumont), Nelson Chaudon (Beaucaire) ou encore Ludovic Pajot (Bruay-la-Buissière) sont ostensiblement exposés en vitrine. Le parti d’extrême droite se félicite par ailleurs des jolis scores de plusieurs de ses candidats qualifiés au second tour, comme Laure Lavalette à Toulon (42,1 %), Julien Sanchez à Nîmes (30,4 %) ou Franck Allisio à Marseille (35 %). Assez pour Jordan Bardella pour bomber le torse, et tenter de faire oublier les lacunes que son parti continue de traîner.
Une progression à pondérer
Car hors de ses zones de prédilection (pourtour méditerranéen en tête), le RN est bien en peine. Toulouse ? À peine à 5 %. Strasbourg ? 6,5 %. Nantes ? 4,7 %. Et que dire de Paris, où l’ancien ministre Thierry Mariani ne parvient pas à réunir 2 % des électeurs autour de sa candidature ? Cette fois encore, le RN échoue à percer dans les grandes agglomérations éloignées du pourtour méditerranéen. Seulement cinq listes sur les 25 déposées par le RN dans les communes de plus de 100 000 habitants ont réussi à réunir 20 % des voix au premier tour. Le ratio est encore plus sévère dans les villes intermédiaires : cinq listes au-dessus de ce seuil sur les 33 déposées dans les villes entre 50 et 100 000, selon les calculs du Monde.
Ainsi, le RN se retrouve au second tour dans 38 villes de plus de 30 000 habitants. Un ordre de grandeur correspondant avec ce qui avait été observé en 2014 et qui ne témoigne, donc, pas d’une forte progression sur ce scrutin. D’autant que plusieurs candidats lepénistes semblent avoir atteint leur plafond électoral. À Toulon, Laure Lavalette doit déjà composer avec le retrait de la candidature du sénateur LR Michel Bonnus, au profit de la maire sortante Josée Massi, dans une configuration où la candidate de gauche, Magali Brunel, n’est pas qualifiée au second tour. Un barrage républicain en bonne et due forme dans lequel la candidate RN ne semble pas avoir de réservoir de voix. Cette configuration se répète à Menton où Alexandra Masson a bien 17 points d’avance mais devra compter avec le retrait probable de Louis Sarkozy au profit d’une autre candidate de droite. Idem à Carcassonne où le député lepéniste Christophe Barthès est en tête mais avec un second tour compliqué en cas de fusion des listes de droite.
Les gros ratés du Pas-de-Calais
Le parti d’extrême droite doit aussi composer avec de vraies déceptions. Le 5 mars, Jordan Bardella s’était rendu à Lens, pour soutenir la candidature du député RN Bruno Clavet dans la capitale symbolique du bassin minier, convoitée de longue date par Marine Le Pen et ses troupes. Résultat : une réélection au premier tour du maire sortant socialiste Sylvain Robert. Deux autres villes du secteur dans le viseur du RN, Calais et Denain, ont aussi résisté aux ambitions lepénistes, avec les réélections au 1er tour de Natacha Bouchart (divers droite) et Anne-Lise Dufour (Parti socialiste).
Dans le Sud, des villes espérées par le RN apparaissent finalement hors d’atteinte. À Narbonne, où le RN avait fêté le 1er mai en 2025, le maire sortant Bertrand Malquier (soutenu par Horizons) a manqué la réélection dès le 1er tour à une voix près, mais se retrouve très loin devant le député Frédéric Falcon (22,2 % des voix). Même l’alliance avec Éric Ciotti ne permet pas au RN d’étendre sa toile sur le maillage communal. Certes l’avance du fondateur de l’UDR face à Christian Estrosi à Nice a de quoi nourrir des espoirs lepénistes, mais les candidats ciottistes ne semblent pas en mesure d’offrir des victoires éclatantes à l’extrême droite. Il y a bien Montauban, où le candidat UDR est arrivé en tête. Mais Didier Lallemand fait face à une équation compliquée par une quadrangulaire.
Au-delà des coups réalisés çà et là, la photographie nationale n’offre pas une grande une place au RN. En cause notamment, la percée surprise de la France insoumise et ses conséquences sur la gauche. « On attendait la droite radicale et on a la gauche radicale », a résumé à l’AFP, François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop. En résumé, le RN conforte sa puissance dans ses places fortes, entérinant l’idée d’une adhésion durable où il est solidement installé. Et, faute de progresser sur l’ensemble du territoire, le parti de Jordan Bardella peut encore compter sur des succès éclatants à Marseille, Nice ou Toulon, à la condition de percer le « front républicain » qui commence à se mettre en place. S’il y parvient, la route vers 2027 sera moins tortueuse.
Source : www.huffingtonpost.fr

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