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16 mars 2026Les trois années successives de sécheresse alimentent l’inquiétude des vignerons de la plaine située entre Fabrezan et Camplong. La communauté de communes a décidé de lancer deux opérations de forages pour trouver de l’eau en profondeur : le premier à Talairan, le second à Camplong où les travaux viennent tout juste de commencer.
27 août 2024. Les viticulteurs de Fabrezan et Camplong-d’Aude viennent de subir un orage de grêle dévastateur. Pourtant, ce n’est pas ce phénomène, que l’on connaît bien dans ce coin des Corbières, qui les inquiète, mais bien la sécheresse qui met à mal le vignoble, qui réduit les récolte à quasiment peau de chagrin : « Pour nous, vignerons coopérateurs, une récolte normale correspond à environ 11 500 ou 12 000 hl, disait alors Cyril Fito, président de la cave coopérative. L’an dernier, nous étions à 8 500 hl et cette année, sans trop de précisions, on risque d’atteindre les 6 000 hl ». C’était donc bien pour la survie du végétal que les viticulteurs s’inquiétaient.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts : au sens propre, et c’est tant mieux, comme au sens figuré. Le préfet est allé sur place, des réunions ont été organisées, et la Communauté de communes de la région lézignanaise Corbières-Minervois (CCRLCM) a organisé ses Assises de l’eau brute, destinée à mettre à plat les dossiers urgents pour tenter de libérer de la ressource. Et préserver, autant que faire se peut, le patrimoine agricole des Corbières qui, pour l’heure, sont irrigables à tout juste 10 % de leur surface totale.
C’est dans ce contexte que, ces jours derniers, un engin de l’entreprise Forasud, venu de Vitrolles, s’est installé tout près du pont enjambant l’Orbieu, sur la route menant à Ribaute, pour commencer des travaux de forage : « Parce qu’il fallait un porteur de projet, la communauté de communes, en soutien à l’agriculture qui est l’un des piliers économiques du territoire, a décidé, après avoir rencontré les viticulteurs, de le prendre à sa charge. Nous espérons que le débit sera satisfaisant », confiait André Hernandez, sur place, lors de l’installation du matériel.
On était au bord de la rupture
Ce sera tout l’objet de l’étude menée par le cabinet BeMea : « Nous allons mener un forage de reconnaissance dans un premier temps jusqu’à 210 m pour voir si nous trouvons de la ressource et en quelle quantité ; nous descendrons ensuite jusqu’à 350 m pour évaluer également les débits. Les travaux devraient durer trois semaines à un mois », expliquait Laurent Santamaria du cabinet d’ingénieurs-conseils. L’endroit du forage a été déterminé en limite des calcaires de l’Alaric sur la faille supposée de Graffan qui pourrait, selon les scénarios envisagés, donner entre 15 et 50 m3/h. « Ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent s’imaginer à quel point on était au bord de la rupture, lâchait Ludovic Roux, président de la chambre d’agriculture, présent sur place pour constater le début des travaux. Alors oui, la pluie que nous avons reçue depuis décembre dernier redonne de l’espoir. Mais ce forage aussi : l’initiative de la communauté de communes permet de réaliser un lourd investissement que seuls les viticulteurs n’auraient pu porter. Ils pourront, peut-être, une fois les résultats connus, envisager l’avenir plus sereinement tout en ayant conscience d’utiliser la ressource sobrement ».
Un sentiment que partage aujourd’hui Cyril Fito : « On était au bord du KO. L’espoir revient car on a de l’eau mais la sécheresse que nous avons connue peut très vite revenir. Avec ce forage, apporter deux à trois fois 15 millimètres dans l’été nous permettrait de gagner en qualité – car si la plante subit trop souvent le stress hydrique, le fruit n’est pas bon – et d’atteindre des maturités optimales ». De quoi donner une bouffée d’oxygène à Serge Lépine qui est maire de Camplong pour quelques petits jours encore : « La viticulture est un pilier de la richesse de notre territoire et on ne veut pas qu’elle meure ». Pour sûr !
Source : www.lindependant.fr

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