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Découvert en septembre 2025 en sélection officielle au festival de San Sebastian, Las corrientes est le troisième long-métrage de la réalisatrice argentino-suisse Milagros Mumenthaler. Tourné entre Genève où elle a vécu avec ses parents, réfugiés pendant la dictature militaire argentine, et Buenos Aires, le film explore avec sensibilité les tourments de l’héroïne, Lina, qui a tourné la page du monde de l’enfance pour intégrer un nouvel univers dans lequel elle ne se retrouve plus.
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Lina est une styliste de mode à succès qui fabrique aussi de jolis engrenages en carton dans le secret de son atelier. Mais il semble que l’un de ses ressorts propres soit cassé. C’est une héroïne hitchcockienne, aux multiples phobies (l’ordre bourgeois des dressings bien rangés, l’eau qui coule du robinet et qui forme ces courants évoqués par le titre) et au visage imperméable. Regard clair et bouche très rouge, Catalina se fait appeler Lina et porte pour sa marque le nom d’origine anglo-saxonne (en Argentine c’est chic) de son mari qui est à la tête d’une chaîne de cliniques privées. Elle évolue dans un univers argenté, mondain et lisse. La palette des couleurs du film, aux tons gris-bleutés, rend sensible l’absence de chaleur de ce monde compassé.
« Nadie se conoce », peut-on lire sur cette gravure de la série des Caprices du peintre Goya, dans le musée des Beaux-Arts de Buenos Aires, à l’occasion d’une exposition sur le romantisme. Personne ne se connaît vraiment, chacun joue un rôle en société, consciemment ou non, raconte le tableau. Lina, interprétée par Isabel Aimé Gonzalez Sola, est d’autant plus contrainte qu’elle évolue dans un monde qui n’était pas le sien et où elle doit tout à la fois être une bonne épouse, une bonne mère et une créatrice à succès. Elle tente de sauver les apparences et de réparer ce ressort cassé. Le spectateur avance avec elle dans sa quête, point après point comme sur ces broderies qui la bouleversent. Elle renoue avec son enfance, son amie d’antan (interprétée par Jazmin Carballo), avec le temps d’avant son mariage et la naissance de sa petite fille de cinq ans, Sofia.
Las corrientes est le troisième long-métrage de la réalisatrice argentino-suisse Milagros Mumenthaler. Elle avait fait irruption dans le monde du cinéma avec Abrir puertas y ventanas, présenté déjà à San Sebastian en 2011 et salué par un Léopard d’or au festival de Locarno. Un premier film lumineux et remarqué qui racontait l’histoire de trois sœurs (le titre français) partageant la maison de leur grand-mère après son décès et comment chacune tentait de soigner son chagrin et de combler le vide laissé par l’absente. Avait suivi La idea de un lago, présenté également à San Sebastian en 2016, et dans lequel Inès, une photographe de 35 ans enceinte de son premier enfant, partait en quête de ses souvenirs d’enfance. L’enfance, l’absence et la maternité sont des thèmes explorés dans chacun des films de la réalisatrice. Des personnages à la recherche de leur identité, comme Catalina qui doit échapper à son reflet pour se trouver elle-même.
Source : www.rfi.fr

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