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Depuis le début de la guerre en Ukraine, les conflits entre époux russes au sujet des fonds « militaires » se développent progressivement. Les soldats de retour du front, séparés de leurs ex-compagnes, réclament l’argent qu’ils leur avaient confié pendant leur absence.
Cinquante-quatre, c’est le nombre minimum d’actions en justice qui ont été intentées par des anciens militaires russes depuis le début de la guerre en Ukraine, pour un montant total de plus de 95 millions de roubles, soit environ 1 million d’euros. En effet, d’après Courrier International, des soldats revenant du front en Ukraine poursuivent leurs ex-compagnes, dans l’objectif de récupérer l’argent qu’ils leur avaient confié pour gestion durant leur absence afin de répondre à leurs besoins, ainsi qu’à ceux de leur famille. Entre «salaires, primes de combat et indemnités pour blessures», ces nouveaux litiges sont devenus fréquents. Depuis le conflit russo-ukrainien, au moins 29 décisions ont été rendues concernant ces affaires.
Mais alors, pourquoi ces procédures ? D’après les avocats interrogés par le média russe Verstka, l’histoire est souvent la même : après avoir laissé la gestion de leurs comptes bancaires civils à leur épouse et à leur famille, un militaire demande le divorce, souvent après un adultère. Il exige ensuite le remboursement des sommes dépensées pendant qu’il était à la guerre. «À plusieurs reprises, des hommes participants de “l’opération militaire spéciale” m’ont engagé pour effectuer un divorce. Le plus souvent, ils étaient en couple avec d’autres femmes en même temps », confirme une avocate du territoire de l’Altaï.
Ces femmes se retrouvent alors dans des situations délicates, comme l’explique l’une d’entre elles dans un groupe public pour les épouses des soldats au front : « Mon mari recevait des allocations et aidait parfois sa famille avec, mais il a été blessé et est démobilisé. Malgré ces circonstances, il a eu des relations avec de nombreuses femmes. Je souhaite divorcer, mais il exige le remboursement de l’argent qu’il a investi dans la famille ».
«La cupidité a causé sa perte»
Tandis que certaines femmes souffrent de la situation avec leur mari, d’autres sont attirées par les sommes très généreuses versées aux familles en cas de décès. Elles cherchent à séduire des soldats russes envoyés au front et sont surnommées les « veuves noires ». Même si toutes ne sont pas aussi malintentionnées, l’accès à cet «argent facile» peut faire tourner la tête. C’est ce que raconte un avocat d’Iekaterinbourg, une grande ville de Russie, qui explique que les hommes ne sont pas toujours fautifs. « Dans mon cas, c’était l’inverse : la femme a rencontré quelqu’un d’autre et, avec lui, a dépensé l’argent que son mari avait gagné pendant l’“opération militaire spéciale” ».
Verstka évoque également l’histoire de Pavel, un habitant de la Crimée annexée, qui a traîné son ancienne compagne devant les tribunaux russes après 14 ans de vie commune. « Il s’agissait d’un accès incontrôlé à l’argent. La cupidité a causé sa perte. Je ne m’y attendais certainement pas, mais le matérialisme était son principal trait de caractère. Bien qu’elle n’ait pas eu beaucoup d’argent. » Voilà comment Pavel décrit son ex, Anna, avec «colère». Le soldat l’a attaquée en justice pour « enrichissement sans cause », une démarche plus fréquente que celle du «partage d’un bien acquis conjointement.» Son but était de récupérer 900.000 roubles, c’est-à-dire 9800 euros, selon Courrier international, que sa femme aurait «transférés de sa carte bancaire à la sienne à son insu pendant leur mariage», souligne le média indépendant russe.
Dans 35 % des cas, les soldats ont obtenu gain de cause
Les conflits conjugaux opposent les deux partis qui cherchent à démontrer la culpabilité de l’autre, devant les tribunaux. Malgré les jugements souvent défavorables pour les anciens combattants, ils refusent d’abandonner et continuent de poursuivre leurs actions en justice. Dans seulement 35 % des cas, ils ont obtenu gain de cause en première instance ou en appel. D’après Verstka, le tribunal prend sa décision en se basant sur le lien familial entre la personne qui porte plainte et celle qui est accusée. Par conséquent, si un soldat a consciemment laissé son argent à disposition de sa famille, aux yeux de la loi, il ne peut pas avoir raison.
Ces affaires sont d’autant plus fréquentes qu’« un participant à l’“opération militaire spéciale” n’est pas obligé de rentrer chez lui pour déposer une demande ». Aujourd’hui, il peut effectuer cette démarche à distance car, la Russie dispose d’un système de gestion électronique des documents. Il permet de «vérifier l’identité d’une personne par le biais des services gouvernementaux», explique un avocat en Crimée annexée. Ainsi, sur place, le militaire peut, à la fois engager une procédure de divorce, réclamer une indemnisation pour « enrichissement sans cause » et mandater un avocat à distance ou confier sa représentation à un proche.
Source : www.lefigaro.fr

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