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18 mars 2026L’explorateur français Raymond Maufrais, disparu dans la jungle guyanaise, déclaré mort 76 ans plus tard
STRINGER / AFP
L’explorateur français Raymond Maufrais, disparu dans la jungle guyanaise en 1950, a été déclaré mort ce mercredi 18 mars. (Photographie non datée, reçue le 15 juillet 1952, montre l’explorateur posant avec des Indiens du Mato Grosso au Brésil.)
L’histoire incroyable de cet aventurier de l’extrême a inspiré le film La vie pure. L’explorateur français Raymond Maufrais, disparu en janvier 1950 lors d’une expédition dans la jungle guyanaise et dont le corps n’a jamais été retrouvé, a été officiellement déclaré mort ce mercredi 18 mars par le tribunal judiciaire de Cayenne, soixante-seize ans après sa disparition.
« Il aurait 99 ans aujourd’hui, ça laisse peu de place au doute », a déclaré la présidente du tribunal, Naïma Sajie, avant de prononcer « la mort de Raymond Maufrais au 13 janvier 1950 ». Cette date est la dernière inscrite dans ses carnets de route, retrouvés quelques mois après sa disparition et plus tard adaptés en livre.
Son père Edgar avait consacré une dizaine d’années à le rechercher à travers la Guyane, le Brésil et le Suriname, en vain. Il avait mis des mots sur sa douleur dans son livre À la recherche de mon fils.
Il tentait de rallier seul le Brésil
Naïma Sajie s’est appuyée sur l’article 88 du Code civil, qui permet de déclarer officiellement décédé tout Français « disparu dans des circonstances de nature à mettre sa vie en danger lorsque son corps n’a pu être retrouvé ». La portée de la décision est essentiellement symbolique.
Passionné d’aventure, Raymond Maufrais tentait de rallier seul le Brésil en passant par le centre de la Guyane. Parti du littoral, il avait remonté la rivière Mana, rejoint Maripasoula (ouest de la Guyane) à pied à travers la forêt puis disparu en se dirigeant vers l’est de la Guyane.
Dans ses carnets, retrouvés en avril 1950 dans un abri de fortune par un habitant de Camopi, commune de l’est de la Guyane peuplée majoritairement par les communautés autochtones Wayãmpi et Teko, il décrit des derniers jours marqués par la faim et la maladie et le moment où, à bout de forces, il doit abattre et manger son chien.
Ses parents n’ont jamais accepté sa mort
En 76 ans, personne ne s’était penché sur la déclaration de son décès, ses parents n’ayant jamais accepté la mort probable de leur fils unique et Raymond Maufrais n’ayant pas eu de descendance. Les droits d’auteur de ses ouvrages n’ont jamais été réclamés.
C’est l’Association des amis d’Edgar et Raymond Maufrais (AAERM) qui a finalement saisi la justice. Son président, Geoffroi Crunelle, a expliqué à l’AFP avoir eu l’idée lors d’un voyage à Camopi en 2025. « En cherchant, je me suis aperçu que n’importe qui pouvait initier cette démarche », a-t-il dit.
La portée de cette déclaration tardive de décès est surtout symbolique : l’acte de naissance de Raymond Maufrais à Toulon (Var) devrait être complété avec la date du décès, de même que le registre communal de Camopi, commune où il est officiellement décédé.
« Dans le mystère de la forêt amazonienne, nous avons perdu un écrivain et un explorateur », a déclaré la présidente du tribunal, Naïma Sajie. Les aventures ont inspiré plusieurs livres, dont Aventures en Guyane, et un film, La vie pure, sorti en 2015.
Source : www.huffingtonpost.fr

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