
Le moral des Européens en légère hausse, sauf en France où il est « en fort repli », selon une étude
19 mars 2026
Au Zimbabwe, un enfant de 7 ans survit seul 5 jours au milieu des lions
19 mars 2026attaques politiques, sécurité, périscolaire… Ce qu’il faut retenir du débat Grégoire-Dati-Chikirou organisé par Le Figaro et BFMTV
Pendant plus de deux heures et demie, ce mercredi soir, les trois candidats encore en lice pour le second tour ont croisé le fer, dans l’espoir de faire basculer le scrutin.
C’était sans doute la soirée télévisée la plus attendue de la campagne parisienne des municipales. Le point d’orgue de cet entre-deux-tours. À quatre jours du vote, les trois candidats encore en lice – Emmanuel Grégoire (PS-PCF-Écologistes) et Rachida Dati (LR-MoDem-Horizons-Renaissance), ainsi que Sophia Chikirou (LFI) – ont débattu pour la seule et unique fois, ce mercredi soir, sur BFMTV et Le Figaro TV.
En tête du premier tour avec 37,98 % des voix, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a très largement devancé la candidate de la droite et du centre, totalisant 25,46 % des voix. Mais les manœuvres engagées tambour battant en début de semaine – fusion des listes de Pierre-Yves Bournazel et de Rachida Dati, retrait de la candidate Reconquête Sarah Knafo et, à l’inverse, maintien de la candidate insoumise – pourraient rebattre les cartes. À tel point que le scrutin de dimanche s’annonce très serré.
Pendant plus de deux heures et demie, les trois prétendants à l’Hôtel de Ville, interrogés par la journaliste de BFMTV Apolline de Malherbe, le rédacteur en chef adjoint du service politique du Figaro Arthur Berdah, ainsi que le directeur délégué de La Tribune Dimanche Bruno Jeudy, ont croisé le fer dans l’espoir de faire basculer le scrutin – convaincre les derniers indécis. Le Figaro vous résume ce qu’il fallait retenir de cette joute, articulée autour des thèmes de la sécurité, du périscolaire, et du logement dans une capitale dirigée par la gauche depuis un quart de siècle.
Pour Grégoire, Dati est sa «seule adversaire»
Interrogé sur ses deux rivales, situées de part et d’autre du plateau, Emmanuel Grégoire a pris soin de «faire la différence entre (ses) concurrents et (ses) adversaires.» Tout en assurant n’avoir «qu’une seule adversaire, c’est Rachida Dati», le député PS de Paris dit avoir «avec Sophia Chikirou des différences». «Des différences de méthodes, de style, de valeurs et aussi des points communs», a-t-il poursuivi, avant d’être coupé par la figure mélenchoniste. «Vous n’êtes pas sincère. Ce n’est pas la dureté de la campagne. Les campagnes électorales sont dures. Ce n’est pas vrai : ça fait plus d’un an que vous dites que vous ne ferez jamais alliance avec la France insoumise», a chargé la députée LFI, en citant les mots les plus durs d’Emmanuel Grégoire à son endroit.
Une passe d’armes entre les deux candidats de gauche, au cours de laquelle Rachida Dati a tenté de se faire entendre pour répondre aux accusations d’Emmanuel Grégoire sur la «droite extrémisée» qu’elle incarnerait. «Il parle de valeurs, d’intégrité, de grands principes. Moi, j’ai connu des hommes de gauche qui défendaient réellement ces valeurs. On en est très, très loin», grince l’ex-garde des Sceaux, renvoyant son concurrent socialiste aux alliances conclues localement entre des têtes de liste PS et LFI. Et estimant qu’il «veut faire un front républicain contre tout ce qui n’est pas lui».
Piqué au vif, Emmanuel Grégoire n’a pas tardé à contre-attaquer. Il a dénoncé la négociation «en coulisses» entre Rachida Dati et Sarah Knafo, qui aurait conduit la seconde à se retirer au profit de la première – même si la figure zemmouriste s’en défend. «C’est une faute morale. Je trouve vraiment que vous avez commis en la matière quelque chose qui ne fait pas honneur à l’histoire de notre ville», a fustigé le socialiste. Réponse du tac au tac de la maire réélue du 7e arrondissement de Paris : «Quel accord secret ? Vous savez, j’ai dit à madame Knafo que je ne ferai pas d’alliance avec elle. Je n’ai pas d’accord secret. Tout est sur la table», a-t-elle répliqué.
En fin d’émission, l’ancien bras droit d’Anne Hidalgo n’a exprimé «aucun regret» quant à l’absence d’accord avec Sophia Chikirou dans l’entre-deux tours. Cherchant à réactiver un réflexe de «vote utile» dans l’électorat de gauche, il a posé ce qu’il considère comme l’enjeu de dimanche : «Le maire, ce sera Rachida Dati ou moi. Toute voix qui ne se portera pas sur l’union de la gauche et des écologistes, reviendra de facto à donner sa voix à Rachida Dati.»
Paris, Marseille, Nice, Lyon… Quels candidats s’affrontent au second tour des municipales dans les grandes villes françaises ?
Sécurité : Dati constate une délinquance «à son plus haut niveau», Chikirou refuse de «parler en l’air»
Place au premier thème du débat : la sécurité. D’entrée de jeu, Rachida Dati a constaté une insécurité à «son plus haut niveau». Une attaque contre le bilan de la gauche parisienne qui n’a pas échappé au socialiste, lequel a conseillé à la candidate de la droite de prendre langue avec le ministre de l’Intérieur à ce sujet. «Si vous ne pouvez rien faire contre l’insécurité, Monsieur Grégoire, il ne faut pas vous présenter», a rétorqué l’ancienne sarkozyste, plaidant pour le développement de la vidéosurveillance. Pas d’engagements précis, en revanche, du côté de Sophia Chikirou, qui entend «répondre aux besoins ». «Il faut arrêter de parler en l’air et de faire des promesses qu’on ne pourra pas tenir», a-t-elle précisé. L’insoumise défend surtout la création de brigades spécialisées sur les violences sexuelles et sexistes, les touristes ou encore les addictions.
Le ton est ensuite monté entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, ce dernier estimant que la candidate de la droite et du centre «ne connaissait pas très bien le sujet». «Je suis toujours incompétente et illégitime pour vous, moi… Je suis maire d’arrondissement, j’ai été élue au premier tour », a-t-elle répliqué, tandis que le socialiste ironisait sur sa réélection «dans un arrondissement très difficile», qui aurait «demandé un grand courage d’investissement» à Rachida Dati. La raillerie a fait bondir l’intéressée : «Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est du mépris et du racisme social qui ressurgit», a tempêté l’ancienne magistrate. «Tout le monde n’est pas fils de préfet», a-t-elle encore lancé, en référence à la profession du père d’Emmanuel Grégoire.
Grégoire et Chikirou reprochent à Dati ses vidéos TikTok
Alors que BFMTV diffusait des images de campements sous la ligne 2 du métro parisien, Sophia Chikirou a plaidé pour la construction d’«un centre d’hébergement de premier accueil». «C’est un sujet sur lequel j’ai des points communs avec Sophia Chikirou», a fait savoir Emmanuel Grégoire, souhaitant que «la Ville se substitue à l’État pour assurer la mise à l’abri de ces personnes». Lorsque Rachida Dati a repris la parole, assurant s’être rendue «partout» pour observer ces campements, ses deux adversaires de gauche lui ont aussitôt reproché une démarche jugée opportuniste, dans le seul but de publier des vidéos TikTok. «Vous, vous prenez la misère pour décor de vos vidéos», a lancé Sophia Chikirou. «Pourquoi ai-je fait ces vidéos ? Parce que Monsieur Grégoire, comme Madame Hidalgo, c’est leur bilan. Ils sont dans le déni », a rétorqué la candidate de droite.
Interrogée par Arthur Berdah sur un éventuel «lien entre la délinquance, l’insécurité et l’immigration», Rachida Dati a répondu par l’affirmative. Sophia Chikirou a, elle, estimé que les immigrés étaient «maltraités» et davantage «surveillés» par la police que le reste de la population. Emmanuel Grégoire a, pour sa part, jugé que «la première des causes de la délinquance, c’est la précarité».
BERTRAND GUAY / AFP
Échange électrique sur la supposée proximité entre Dati et Chikirou
Un mois et demi après qu’Emmanuel Grégoire a évoqué des «accointances» entre Rachida Dati et Sophia Chikirou, le terme a refait surface ce mercredi soir. Lorsque Apolline de Malherbe l’a relancé sur ce point, la candidate LR a estimé que le député PS avait voulu réduire ses concurrentes à «deux Arabes» en raison de leurs origines «de l’autre côté de la Méditerranée». «Je l’ai vécu comme une claque», a renchéri l’Insoumise. Mis au pilori, Emmanuel Grégoire a tenu à s’«excuser de cette incompréhension», assurant avoir évoqué leurs échéances judiciaires à venir : ses deux opposantes doivent être jugées dans des affaires distinctes dans les prochains mois.
C’est un système. Quand vous avez 50 animateurs dans des écoles de deux arrondissements, il y a un système de prédateurs.
Rachida Dati au sujet des violences sexuelles dans le périscolaire
Périscolaire : Grégoire sur la défensive
C’est le scandale qui entache le bilan de la dernière mandature, celui des violences et agressions sexuelles dans le périscolaire. Emmanuel Grégoire a eu beau souhaiter «tout remettre à plat» et lancer un «contrôle interne et un contrôle externe de certification, de contrôle, d’évaluation et de suivi dans la durée», couplé à une «convention parisienne des temps de l’enfant», il n’a pas pu échapper à un tir croisé de critiques.
Sophia Chikirou reproche à la figure PS d’avoir ignoré les «alertes des syndicats et des animateurs», mais aussi le rapport de l’Inspection générale en 2015 à cet égard. Même stratégie pour Rachida Dati, qui a concentré ses attaques sur Emmanuel Grégoire : «C’est un système. Quand vous avez 50 animateurs dans des écoles de deux arrondissements, il y a un système de prédateurs. C’est une réalité», a-t-elle épinglé, promettant de recruter des «professionnels contrôlés à plein temps.» Le désaccord a ensuite dévié sur un terrain plus personnel. Face à un Emmanuel Grégoire rappelant avoir été victime d’attouchements dans son enfance, Rachida Dati a évoqué son mariage forcé pour étayer ses accusations d’inaction sur le périscolaire à l’encontre du socialiste. Un épisode douloureux, dont elle dit avoir tiré son engagement en faveur du «droit des femmes et de leur liberté».
Débats apaisés et techniques sur le logement
À rebours des échanges sur le périscolaire, ceux consacrés au logement ont été nettement plus apaisés. Partisan de la création de 60 000 nouveaux logements publics, Emmanuel Grégoire a prévu de «renforcer l’accès au logement social pour les premières lignes, ceux qui font tenir cette ville» s’il était élu. Autre approche pour Sophia Chikirou, qui plaide pour «geler et baisser les loyers dans le public». «Il faut agir sur le privé. On ne peut pas continuer comme ça. La spéculation immobilière ne tombe pas du ciel», a ajouté la figure LFI, mettant directement en cause son opposant socialiste sur ce dossier. Rachida Dati, elle, s’est engagée à réduire progressivement la taxe foncière et à diminuer le parc de logements sociaux, pour éviter que Paris ne devienne «une ville ghetto».
La propreté, une «affaire de civisme» selon Grégoire
Le dossier de la propreté a suivi. Face aux critiques conjointes de Rachida Dati et de Sophia Chikirou, qui ont pointé la saleté de la capitale, Emmanuel Grégoire a insisté : «La propreté, c’est une affaire de civisme et de moyens. Il faut faire de la formation, renforcer les verbalisations, mais il y a aussi un enjeu de moyens», a-t-il expliqué, sans vouloir modifier l’équilibre entre la régie municipale dans certains arrondissements et le recours au privé dans d’autres.
Source : www.lefigaro.fr

9999999/2026/03/18/vromage-69bb2b9050f79737659565.jpg?w=960&resize=960,750&ssl=1)