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19 mars 2026Après trois semaines de guerre au Moyen-Orient, quel arsenal militaire détient encore l’Iran ?
– / AFP
Une photo diffusée par le bureau de presse de l’armée iranienne le 21 août 2025, montrant un lance-roquettes lors d’un exercice militaire dans un lieu tenu secret dans le sud de l’Iran.
Alors que l’Iran célébrait mercredi 18 mars les funérailles de son puissant chef de la sécurité Ali Larijani, tué la veille dans une frappe israélo-américaine, le chef de l’armée de la République islamique, le général Amir Hatami, a juré de le venger. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a lui prédit que les conséquences du conflit affecteront la terre entière. « La vague de répercussions mondiales ne fait que commencer et frappera tout le monde, sans distinction de richesse, de croyance ou de race », a-t-il écrit sur X.
Face à ces nouvelles menaces au 20e jour de la guerre au Moyen-Orient, l’Iran a-t-il encore vraiment les capacités militaires et balistiques pour faire vaciller le monde entier comme il l’avance ?
Pour tenter de répondre à cette question, et alors que « l’Iran possède l’arsenal de missiles balistiques le plus important et le plus diversifié du Moyen-Orient » selon des données compilées par la Defense Intelligence Agency américaine en 2019, revenons un peu en arrière, en juin 2025. Juste avant le début de la guerre de 12 jours entre l’Iran et l’Israël, Téhéran possédait un stock de missiles estimé entre 2 500 et 3 000 unités. Durant ce conflit éclair, l’armée iranienne tire des centaines de missiles, dont notamment 200 le 14 juin et même jusqu’à 350 le 16 juin. Certains analystes avancent que le stock est alors divisé par deux.
Téhéran entreprend aussitôt des efforts conséquents sur ses sites de production, fabriquant des dizaines de missiles par mois. Le média militaire Defence Security Asia estime même qu’une centaine est fabriquée mensuellement. Si bien que « selon les services de renseignements israéliens, l’arsenal comptait de nouveau 2500 missiles balistiques au début du conflit actuel », rapporte le Financial Times. Il s’agit alors essentiellement de missiles de courte (jusqu’à 1 000 km) et moyenne portée (1000-3000 km). L’Iran disposait en outre de quelque 80 000 drones Shaded-136, selon les médias israéliens, ainsi que de plus de 400 lanceurs de missiles sol-air et de plus de 1100 canons antiaériens, comme le rapportait Courrier International.
Le rythme des tirs de missiles a chuté
À propos de ses capacités défensives, Nicole Grajewski, professeure assistante au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, estimait toutefois dans une interview au Monde deux jours avant le déclenchement du conflit qu’« une grande partie des systèmes S-300 [de fabrication russe], qui constituent les capacités de défense aérienne les plus avancées dont dispose le pays, [avaient] vu leurs radars endommagés ou détruits lors des frappes d’octobre 2024, puis celles de juin 2025 ».
Depuis le début de la guerre le 28 février, des premiers « points de passage » sont tombés, uniquement par le biais d’informations provenant de médias ou du camp occidental. À J+6, le Wall Street Journal annonçait ainsi que l’Iran avait tiré plus de 500 missiles vers Israël, des bases américaines et d’autres cibles dans le Golfe persique. Et que déjà après une semaine de conflit, « les tirs iraniens [avaient] diminué de 86 % depuis le premier jour des opérations », selon l’amiral américain Brad Cooper dans un briefing en date du 5 mars.
Au 4 mars, le lancement de drones aurait lui déjà baissé de 73 % depuis le premier jour du conflit, selon le commandant en chef des forces américaines, le général Dan Caine, comme le rapportait la BBC.
Lors de la deuxième semaine du conflit, le 13 mars, la baisse d’intensité iranienne était encore plus marquée, selon Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense des États-Unis. Il annonçait ainsi un volume de missiles tirés diminuant de 90 % par rapport au premier jour, et même de 95 % pour les drones envoyés.
Le 15 mars, l’Institute for the Study of War (ISW), un think tank militaire américain, citant un haut responsable militaire israélien, annonçait qu’entre 260 et 290 des 410 à 440 lanceurs de missiles iraniens estimés avaient été « détruits ou rendus inopérants au combat ». « L’accumulation de missiles en réserve ne sera d’aucune utilité à l’Iran s’il ne peut pas les lancer ou s’ils sont abattus avant d’atteindre leurs cibles », argumentait l’institut.
L’Iran se tourne vers la « défense en mosaïque »
Au fil des jours, la désorganisation de la chaîne de commandement iranien devient aussi l’un des points stratégiques clé de cette guerre. Mais c’est là où la doctrine de « défense en mosaïque », en cas de rupture dans le commandement central, intervient. Développée il y a une quinzaine d’années par les Gardiens de la Révolution, elle permet d’éviter la paralysie guerrière en déléguant l’autorité aux commandants provinciaux. « Cela leur permet de tirer des missiles à leur initiative, mais cela veut aussi dire qu’ils ne peuvent pas forcément se coordonner entre eux pour lancer de grosses vagues d’attaques », décrit Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, auprès de franceinfo.
Mais selon lui, avec de telles salves sporadiques, l’Iran peut conserver une capacité de nuisance « pendant des semaines, voire des mois ou des années – les houthis au Yémen sont un excellent exemple ».
Il faudra pour cela que l’Iran conserve le maximum de sites de productions de missiles intacts. Rien n’est moins sûr quand on voit que les États-Unis ont par exemple annoncé le 17 mars avoir utilisé avec succès plusieurs munitions à pénétration profonde pesant plus de 2200 kg contre des sites renforcés, situés le long des côtes près du détroit d’Ormuz.
Au final, après presque trois semaines de guerre, Donald Trump se félicite d’avoir détruit la marine iranienne, une grande partie de ses missiles balistiques et de son leadership, mais Téhéran conserve donc à tout instant une capacité de riposte résiduelle et calibrée, d’autant plus que les alliés des États-Unis leur ont opposé un refus d’« aider » dans le détroit d’Ormuz. C’est bien pour cela que le président américain se garde, pour le moment, de crier victoire.
Face à cette forme de statu quo et une situation qui pourrait s’enliser, « la voie la plus réaliste consiste en une désescalade négociée qui permette à toutes les parties de sauver la face », estime Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale (CIP), auprès de l’AFP : les États-Unis pourront affirmer avoir affaibli les capacités de l’Iran, tandis que l’Iran pourra se targuer d’avoir résisté à la pression et démontré sa capacité à riposter.
Source : www.huffingtonpost.fr

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