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19 mars 2026Procès lié au génocide des Yézidis : « Je ne pense pas que le traumatisme disparaîtra un jour », témoigne une victime
Le djihadiste Français Sabri Essid est jugé depuis lundi 17 mars pour génocide à l’encontre de Yézidis et crime contre l’humanité, devant la cour d’assises de Paris. Un procès par défaut, en son absence, car ce cadre de l’État islamique est supposé mort. Mais sans preuve formelle de son décès, il est amené à être jugé. L’une des trois victimes yézidies, partie civile au procès, a accepté de témoigner en exclusivité, jeudi 19 mars, au micro de France Inter. Elle sera entendue, jeudi, à l’audience. « Je suis heureuse et soulagée de pouvoir réclamer justice pour les Yézidies et pour moi-même », confie la victime. « C’est très difficile et je ne pense pas que le traumatisme disparaîtra un jour. Je me bats pour continuer à vivre, mais c’est dur parce que j’ai beaucoup de membres de ma famille qui sont portés disparus », raconte-t-elle, « 50 » de ses proches « manquent toujours ».
Elle se livre dans sa langue, en kurmandji. Elle raconte notamment qu’elle a été achetée contre une voiture et une arme, par un combattant de Daech, puis revendue au djihadiste français Sabri Essid pour devenir son esclave sexuelle. Elle a été violée chaque jour, y compris devant sa fille qui avait à peine 2 ans au moment des faits, plusieurs fois privée de soins et de nourriture. Un cauchemar qui a duré plus de deux ans. Cette Yézidie d’une trentaine d’années, qui veut rester anonyme par crainte, se dit malgré tout « reconnaissante » d’avoir l’opportunité d’être au procès, et « de pouvoir témoigner contre ce djihadiste de l’EI ». « J’aimerais que les Yézidis puissent être soutenus, pas seulement en France, mais partout dans le monde, pour qu’ils puissent se battre pour leurs droits », appelle-t-elle.
Par ailleurs, elle déplore la mort présumée du djihadiste. « Pour moi, il n’a pas eu ce qu’il méritait. Il ne devrait pas être mort, mais en prison, parce qu’il nous a fait beaucoup de mal. Pas seulement à moi, mais à beaucoup de femmes yézidies. J’aurais vraiment aimé pouvoir le voir en prison après ce qu’il nous a fait », poursuit la victime. « J’espère que la décision du juge sera pour nous un soulagement », conclut-elle.
« Ne pas oublier ce génocide »
Son avocate, Clémence Bectarte, défend aussi deux autres Yézidies et leurs huit enfants, également parties civiles. « C’est le premier procès en France qui porte sur le génocide des Yézidis », constate-t-elle. L’audience va ainsi permettre « de restituer l’enfer qu’elles ont vécu aux mains de Daech ». Seules deux des trois femmes ont fait le déplacement pour ce procès et viennent témoigner à la barre, une parole « essentielle », selon l’avocate, pour « ne pas oublier ce génocide ». Selon Clémence Bectarte, le risque d’oubli est « très souvent » présent « pour les victimes de crimes internationaux », pour qui « lutter pour la justice, c’est lutter contre l’oubli ».
Même en l’absence de l’accusé, ce procès a du sens, défend Clémence Bectarte.« Le fait qu’il y ait une vérité judiciaire qui ressorte et qui qualifie ces crimes de génocide, c’est très important », ajoute l’avocate. Ce génocide s’est principalement traduit « non pas par des meurtres, mais par l’esclavagisme sexuel, la réduction en esclavage des femmes et des jeunes filles », rappelle-t-elle, « et c’est important aussi pour elles qu’une cour de justice vienne les reconnaître en tant que victimes ». Enfin, une telle audience permet, selon l’avocate, « de démontrer que des ressortissants français ont commis des crimes d’une particulière gravité à l’encontre de populations civiles, et en particulier de la minorité yézidie ». Une reconnaissance « importante » pour la société française, conclut Clémence Bectarte.
Un proche de Mohamed Merah
Le djihadiste Sabri Essid est tout d’abord connu comme « demi-frère » de Mohamed Merah. Ils n’ont pas de lien de sang, mais le père de Sabri Essid a épousé la mère de Mohamed Merah. C’est d’ailleurs Sabri Essid qui organise les funérailles de Mohamed Merah après ses attentats contre des militaires et une école juive en 2012 à Toulouse. Deux ans plus tard, Sabri Essid rejoint l’État islamique, en Syrie, dont il grimpe les échelons. Il apparaît notamment dans une vidéo aux côtés d’un enfant de 12 ans, qu’il encourage à exécuter un otage palestinien d’une balle dans la tête.
Les faits pour lesquels il est jugé ont été révélés plus tard, lorsque des femmes yézidies ont pu fuir l’État islamique. Plusieurs d’entre elles identifient alors le Toulousain comme l’un de leurs « propriétaires ». Les femmes yézidies étaient achetées par les djihadistes entre 40 et 100 dollars. Ces femmes ont ainsi fait partie de ce que la justice considère comme « un plan concerté » de l’État islamique à l’encontre du peuple yézidi, soit l’un des éléments constitutifs de génocide et crime contre l’humanité. C’est le premier procès en France concernant ce génocide en Syrie, dix ans après les faits, commis entre 2014 et 2016. Un autre procès en lien avec ce génocide devrait avoir lieu l’année prochaine. Onze autres affaires sont toujours en cours d’instruction.
Source : www.radiofrance.fr

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