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19 mars 2026Grégoire accuse Macron d’être « intervenu » pour pousser Knafo à se retirer, l’Élysée dément
XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP
Emmanuel Grégoire, le 15 mars 2026 au soir du premier tour des municipales
Un désistement sur commande de l’Élysée ? Le candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire a accusé ce jeudi 19 mars le président Emmanuel Macron d’être « intervenu » pour « aider au retrait de Sarah Knafo », la candidate extrême droite pour Reconquête, au bénéfice de l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati. Ce que le chef de l’État a immédiatement démenti.
« Emmanuel Macron est personnellement intervenu (…)pour faire en sorte que l’extrême droite se retire au profit de sa candidate », a affirmé Emmanuel Grégoire sur franceinfo, avant de détailler. « Emmanuel Macron est intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo, auprès d’intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête ! », a accusé l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, évoquant une « faute morale immense ».
Après le premier tour, la candidate de la droite Rachida Dati, soutenue par Emmanuel Macron, a fusionné sa liste avec le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel. Un accord conclu en partie sous pression de l’Élysée, selon des informations de Politico non démenties. Rachida Dati avait en revanche refusé l’alliance proposée par la candidate Reconquête Sarah Knafo, avant que celle-ci n’annonce son désistement mardi à la mi-journée. Avec à l’issue, une situation plus confortable pour Rachida Dati, en cas de report de voix suffisant des deux électorats.
Macron dément des propos « pas à la hauteur »
Lors du débat organisé la veille sur BFMTV et Le Figaro TV avec la candidate LFI Sophia Chikirou et Rachida Dati, Emmanuel Grégoire avait déjà évoqué un arrangement avec Sarah Knafo au bénéfice de Rachida Dati, sans donner de précisions. « L’extrême droite a choisi de se sacrifier à Paris à son profit au plan national (…) pour que vous puissiez lui rendre la même chose bientôt », en allusion à la présidentielle de 2027, avait-il déclaré. Pour Emmanuel Grégoire, nul besoin de « lire dans du marc de café » : le désistement est le fruit de tractations non assumées entre l’extrême droite et le sommet de l’État. Une accusation lourde, alors qu’Emmanuel Macron a fait campagne et continue de se poser en rempart face aux idées extrémistes.
Le démenti a donc été immédiat côté élyséen. « Les accusations graves portées par M. Grégoire sont totalement fausses. La fébrilité ne saurait justifier un tel dérapage, mensonge indigne et calomnieux qui ne grandit pas son auteur », a fait savoir dans un premier temps son entourage. Interrogé en marge du Conseil européen, Emmanuel Macron lui-même a balayé ces insinuations. « Ces propos n’ont aucun sens. Ils déshonorent un peu la personne qui les dit, comme ça, à l’emporte-pièce. Je ne connais pas madame Knafo et je n’interviens pas du tout dans les municipales. Tout cela est strictement faux et pas à la hauteur », a-t-il affirmé.
Sarah Knafo a elle accusé le candidat socialiste de « paniquer » et de « sombrer dans le complotisme » après un débat qu’elle juge « calamiteux ». « Emmanuel Macron n’arrive même plus à se faire respecter de ses propres alliés, mais il va avoir une influence sur ses opposants ? », lui a-t-elle répondu sur X. Par le passé, des liens non assumés entre l’entourage du chef de l’État et l’extrême droite identitaire ont plusieurs fois fait polémique.
À titre d’exemple, ce déjeuner entre le conseiller mémoire d’Emmanuel Macron et Marion Maréchal avait nourri de nombreuses spéculations, comme ce coup de fil à Pascal Praud avant la dissolution. Emmanuel Macron lui-même a parfois nourri la suspicion, comme lorsqu’il avait appelé Éric Zemmour pour lui témoigner de son soutien après une agression. Le fondateur de Reconquête a par ailleurs affirmé dans un livre que le chef de l’État lui avait commandé une note sur l’immigration, ce que l’Élysée n’avait pas fermement démenti.
Avec 37,98 % des suffrages exprimés, Emmanuel Grégoire est arrivé largement en tête à Paris. Mais alors que Rachida Dati a éliminé ses concurrents du centre et d’extrême droite, le candidat réunissant la gauche hors-LFI devra composer au second tour avec Sophia Chikirou, qui s’est maintenue. Au risque d’une dispersion des voix finalement favorable à Rachida Dati. Contacté par Le HuffPost, un membre de l’entourage du candidat socialiste ne se dit pas surpris par le démenti élyséen, mais refuse de faire davantage de commentaires.
Source : www.huffingtonpost.fr

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