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Dans une rue de la vieille ville de La Havane, à Cuba, une habitante dépose un sac plastique rempli d’ordures ménagères sur un tas de déchets. « C’est dangereux pour la population, c’est insalubre », lance cette Cubaine. « C’est trop facile de mettre tout ça sur le dos du blocus, nous avons notre propre blocus, il est interne. » Sur l’île communiste, sous blocus énergétique imposé par les États-Unis depuis le début de l’année, on vit les coupures de courant à répétition, le manque d’essence et la quasi-disparition des touristes. Pour cette femme, le problème ne vient pas seulement du blocus, mais également du gouvernement cubain, accusé de privilégier les quartiers les plus aisés.
Il suffit de s’éloigner de quelques kilomètres pour changer radicalement de décor. Comme par exemple dans ce quartier de Vedado, où la collecte des déchets n’a jamais vraiment cessé, affirme Marco, un jeune diplômé au chômage. « C’est l’un des quartiers les plus riches de la Havane. Ici, les ordures sont toujours ramassées et ici vivent surtout des personnes qui travaillent pour le gouvernement ou qui le soutiennent. Ils bénéficient clairement d’un traitement de faveur. Prenez-moi par exemple, j’ai 24 ans, je suis diplômé en physiothérapie, mais trouver un bon poste est très difficile si l’on n’est pas proche du pouvoir », explique le jeune homme. « Nous avons besoin d’un changement, mais on n’y arrivera pas tout seul, il nous faut une aide extérieure. Si elle vient de Trump, eh bien c’est Trump, mais quelqu’un doit agir », poursuit-il.
« Nous souffrons énormément »
Dans la vieille ville, beaucoup plus pauvre, la résignation a laissé la place à la colère. Helena fait la queue devant une bodega, une épicerie d’État avec des prix subventionnés. Elle tient dans sa main une libreta, un carnet de rationnement qui permet d’acheter chaque mois une quantité limitée de produits de première nécessité, mais les rayons sont quasiment vides. « Ça ne marche pas parce qu’il n’y a rien, nous souffrons énormément », confie Helena.
Dans cette bodega, pas d’huile ni de riz ou de farine, seulement un peu de sucre. Une femme dans la queue fulmine : « Il n’y a rien ici. Tout ce qui est disponible est accaparé par les puissants pour s’enrichir. Ce sont les propriétaires de ce pays. » Le président Miguel Díaz-Canel et la famille Castro sont accusés de vivre dans l’opulence, loin des réalités de la plupart des Cubains. L’employé de l’État, derrière son comptoir, fait signe de fermer la porte pour donner son explication. « Ça fait trois mois qu’on n’a pas reçu de riz, et à la télévision, on t’explique que oui, il va arriver, il est en route, mais en fait, il n’arrive jamais, vous comprenez ? Ils donnent la priorité aux hôtels, ils privilégient leur commerce privé. Pour les Cubains, ordinaire, il ne reste plus rien », explique-t-il avant d’appeler, lui aussi, à un changement.
« Un système dictatorial »
Sur l’île, certains artistes expriment clandestinement cette colère à travers leur texte, comme ce rappeur qui déplore que les Cubains n’osent pas manifester dans la rue. Il faut dire qu’ils risqueraient de lourdes peines de prison. « C’est un système dictatorial, les pauvres se sont habitués à la pauvreté et comme ils ont peur de la répression, ils se contentent de vivre avec des miettes, vous comprenez ? Moi, ma peur, c’est que ma mère tombe malade et qu’elle meure à l’hôpital parce qu’il n’a pas les moyens de la soigner, mais je n’ai pas peur du gouvernement », affirme cet artiste.
« Trump, c’est le seul qui peut nous sortir de là. C’est un ami mauvais, mais c’est notre seul ami », ajoute-t-il. Les habitants de l’île se demandent si Donald Trump parviendra à venir à bout du régime cubain ou bien s’il se contentera de négocier des concessions économiques sans provoquer de véritables effondrements.
Source : www.radiofrance.fr

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