Wall Street vue en baisse, l’Europe aussi dans le rouge, l’énergie grimpe
19 mars 2026Reuters.com
19 mars 2026
VOIX DE GAUCHE. D’ici deux à cinq ans, près d’un emploi sur six serait menacé par l’IA selon une nouvelle étude. Mais pour Cécile Duflot, il ne faut pas s’inquiéter du développement de l’IA sur le marché du travail. Elle assure qu’à chaque innovation technologique, de nouveaux emplois sont apparus.
D’ici 2 à 5 ans, près d’un emploi sur six sera menacé par l’intelligence artificielle. Ça ferait 5 millions d’emplois selon selon une étude de la Coface (Compagnie d’assurance de crédit) et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents.
À chaque fois qu’il y a une innovation majeure, on annonce une vague de chômage technologique. Ce n’est pas la première fois que ça arrive, ces annonces-là, mais dans les faits, ça n’arrive pas.
Il y a globalement plus d’emplois. Au XXe siècle, on a eu l’industrialisation, l’informatique et Internet. Et à chaque fois, c’est à peu près la même chose: il y a des emplois qui disparaissent, d’autres qui changent, mais aussi d’autres, qu’on n’attendait pas d’ailleurs forcément, qui se créent et qui apparaissent.
Mais cette fois, ce serait différent parce que c’est l’intelligence artificielle et la machine qui vont remplacer l’humain. On a l’impression d’ailleurs que c’est très récent alors que pas du tout. Dans l’histoire de l’intelligence artificielle, il y a eu un âge d’or, c’était dans les années 60. Il y avait d’ailleurs un chercheur, Herbert Simon, qui a reçu le prix Nobel d’économie, et qui avait dit que d’ici dix ans, un ordinateur sera champion du monde des échecs. Il avait dit ça en 1958, et toujours chercheur dit en 1965, que d’ici vingt ans, donc en 1985, des machines seront capables de faire tout le travail que l’homme peut faire. Or, on voit bien qu’on n’en est pas là.
Pour les échecs, c’est intéressant, car c’est vrai qu’en 1997, la machine “Deep Blue” a battu l’homme. Et depuis, les machines sont plus fortes que l’homme aux échecs. Mais pourtant, les humains jouent toujours ensemble aux échecs parce que c’est toujours intéressant et amusant.
Une innovation technologique qui nécessite une adaptation
Malgré tout, ces prédictions qui affirment qu’un emploi sur six va disparaître, c’est en partie vrai. Par exemple, mon grand-père, était comptable. Il tenait des livres de compte à la plume et il faisait des additions à la main. Et clairement, ce métier n’existe plus. Il n’existe plus d’ailleurs depuis l’informatique.
Mais il y a toujours des comptables qui travaillent différemment. Il y a forcément des secteurs qui sont menacés, et c’est vrai, ils vont changer. Il y en a un particulièrement, celui de la traduction. On sait que la traduction est vraiment menacée parce que l’IA a fait un saut qualitatif considérable. Mais ça produit deux effets. D’abord, il y a un nouveau métier, les vérificateurs de traduction, qui n’existaient pas avant. Et puis, il y a aussi tout un tas de produits qui se développent. C’est notamment le cas des jeux vidéo qui se garantissent « traduction sans IA ». Parce que les joueurs disent que ce n’est pas du tout la même expérience, que vous sentez que ce n’est pas naturel.
« Pour justifier de tels investissements, il faut sous-entendre qu’on va faire des économies »
La seconde et la vraie raison de tout ce pataquès, c’est que l’intelligence artificielle, c’est un aspirateur à capitaux considérable. Les investissements sont énormes. Et pour justifier de tels investissements, il faut sous-entendre qu’on va faire des économies. C’est pour ça qu’il faut investir, et que ces économies, elles se feraient sur les salaires.
Il y a eu des modes et à chaque fois des milliards investis. Si on se retourne sur les dernières années, il y a eu les NFT qui ont complètement disparu. La blockchain et évidemment le Métaverse. Le Métaverse par exemple, c’est 300 milliards de dollars au moins d’investissement pour un flop total. Donc, on voit bien que, comme tous les progrès technologiques, il y a un enjeu. Il y a celui de ceux qui veulent rentabiliser des investissements, mais surtout, il y a un enjeu politique.
Le vrai enjeu, c’est la formation, la reconversion et l’organisation du travail. Quand vous avez un saut technologique, on s’adapte. Le partage des gains de productivité, c’est un sujet essentiel. Et enfin, la régulation de l’usage. Donc l’enjeu, il n’est pas du tout artificiel, il est totalement humain. Et il y a une chose à laquelle la science répondra peut-être, parce qu’il y a des études aujourd’hui qui montrent qu’un être humain préfère toujours interagir avec un humain, même de mauvaise humeur, pas très agréable, et qui ne lui apporte pas toutes les réponses comme avec une machine.
Source : rmc.bfmtv.com

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