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19 mars 2026La guerre dans le détroit d’Ormuz à hauteur d’homme. C’est ce que narre le journaliste Jiang Wei dans le magazine indépendant chinois Caijing. Jiang Wei y interroge Gao Yang, cuisinier chinois bloqué à bord d’un vraquier à quai dans le port iranien de Bandar Abbas depuis le début de la guerre. “La distance qui nous sépare de la guerre importe peu. Ce qui compte, c’est de savoir comment continuer à vivre dignement au quotidien dans ces circonstances. Les Iraniens du port m’ont donné la réponse parfaite”, raconte Gao Yang.
Malgré les coupures internet fréquentes, le cuisinier documente son quotidien sur Zhihu, un site chinois d’agrégation d’actualités. Remarqué par Caijing, qui l’a interviewé sur l’application chinoise Weixin, Gao Yang livre au magazine chinois un témoignage de première main entre attente, débrouille et interactions avec les dockers iraniens.
“Tant que les bombes ne nous tombent pas dessus”
“La nuit, le navire tangue légèrement. Ce ne sont pas des vagues, mais l’onde de choc d’une explosion lointaine.” Le jour, il y a des heures à combler durant lesquelles l’équipage “enlève la rouille et repeint le navire” et le personnel de la salle des machines “inspecte les tuyauteries”. Le soir, certains vont pêcher. Des calamars qui, “figurant déjà parmi les provisions achetées”, sont “congelés et préparés pour être ramenés à terre”. Gao Yang, lui, prépare les trois repas quotidiens avec ce qu’il trouve. Les provisions viennent parfois à manquer. Le cuisinier narre ainsi l’angoisse du manque d’eau potable, “la consommation d’eau ayant été restreinte” pendant une semaine. L’eau est ensuite revenue avec les ouvriers iraniens chargés de l’approvisionnement.
C’est justement à propos des interactions entre marins chinois et dockers iraniens que l’entretien de Caijing est le plus éclairant. Derrière le blocage géopolitique, Gao Yang raconte comment chacun fait face. Le 29 février, il peut descendre sur un quai désert. Un agent de sécurité l’aborde, “mime l’explosion d’un missile […] et trace un cercle au-dessus de sa tête, indiquant dans un anglais balbutiant que le guide suprême iranien, Khamenei, est mort”. Le cuisinier explique à Caijng que depuis, il évalue la sécurité du jour en fonction de la présence ou de l’absence des dockers iraniens. Si en théorie ces derniers n’ont pas été autorisés à travailler pendant une semaine, beaucoup sont venus. Car “pas de travail, pas de revenus”. À bord et à quai, les positions semblent être les mêmes : “tant que les bombes ne nous tombent pas dessus, la vie continue”.
Depuis la publication de l’article, le cuisinier continue à documenter son quotidien sur Zhihu. Le 19 mars, il signale pour la première fois “un véritable sentiment de danger”. Mais Gao Yang semble rester philosophe : “Même si l’armée américaine débarque à Bandar Abbas, ça n’aura aucune incidence sur ma cuisine. Avant de m’arrêter, ils pourront y goûter.”
Source : www.courrierinternational.com

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