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23 mars 2026« Il s’est trompé d’échelle » : comment Jean-Michel Aulas a fini par perdre le match des municipales à Lyon face à Grégory Doucet
Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « « Il s’est trompé d’échelle » : comment Jean-Michel Aulas a fini par perdre le match des municipales à Lyon face à Grégory Doucet ».
À retenir
Battu de justesse dimanche soir au second tour par le maire écologiste sortant, l’ancien patron de l’Olympique lyonnais s’avançait pourtant en grand favori dans la capitale des Gaules. Mais une campagne atone et plusieurs polémiques l’ont empêché de réussir sa reconversion.
Une étrange ambiance de victoire. Au Docks 40, dans le 2e arrondissement de Lyon, un septuagénaire souffle avec entrain sur ses bougies au milieu de dizaines de personnes. Il est 1 heure du matin, lundi 23 mars, et Jean-Michel Aulas a 77 ans et un jour. L’ancien patron de l’Olympique lyonnais aurait pu célébrer ce petit passage de cap la veille, mais un autre événement a capté toute son énergie : le second tour des élections municipales dans « sa » ville, qu’il rêvait de ravir aux écologistes. L’improbable candidat de l’union du centre et de la droite a perdu le soir-même l’une des plus grandes batailles de sa vie, avec 49,33% des suffrages, contre 50,67% pour son tombeur du jour, le maire sortant Grégory Doucet.
Jean-Michel Aulas a failli s’offrir un très beau cadeau d’anniversaire, à 2 762 voix près. « JMA » a annoncé qu’il allait déposer dans les jours à venir un recours auprès de la préfecture. En cause, selon lui, « de nombreuses irrégularités qui se sont produites pendant le scrutin ». Contacté, son entourage évoque auprès de franceinfo « des bulletins nuls comptabilisés pour Grégory Doucet, ceux qui concernent le faible écart » entre les deux candidats en lice pour ce second tour. Sur BFMTV, passablement agacé, il a accusé les journalistes de lui poser « des questions de mauvais perdant ».
Le jeu, encore et toujours. Trois ans après avoir été poussé vers la sortie de l’OL par l’investisseur américain John Textor, Jean-Michel Aulas joue les prolongations dans sa nouvelle vie de candidat aux municipales, qui s’étire encore un peu. « Les élections ne sont pas totalement finies », a-t-il promis aux journalistes, peu avant minuit. Pour lui, le match avait si bien débuté, un an plus tôt. En février 2025, il raconte au Figaro qu’il « réfléchit » à ses intentions pour Lyon, avant de commander une enquête d’opinion auprès de l’institut Cluster 17 pour y voir clair sur ses chances. Avant l’été, l’homme d’affaires assure qu’il a « consulté ». « J’ai conscience qu’on ne fait pas les choses de manière spontanée », assure-t-il lors d’un cas à Lyon.
La candidature prend forme, petit à petit. Elle est officialisée à la fin du mois de septembre et sera menée avec « un engagement total » pour « rendre » aux Lyonnais leur ville, « qui refuse le repli et qui bâtit dans l’union ». Les Républicains, Renaissance, Horizons… Les alliances avec les différents partis du centre et de la droite se succèdent, après de longues négociations. En face, le maire sortant ne s’est pas encore déclaré et tente d’esquiver les attaques répétées de Jean-Michel Aulas. Dans les sondages, le désormais candidat est mesuré deux fois à 47% dans les intentions de vote au mois d’octobre. Le Figaro se demande même si une victoire dès le premier tour est « envisageable », car « Jean-Michel Aulas semble ainsi être conforté dans son aventure politique ».
Certes, les enquêtes d’opinion sont des photographies et non des prédictions, mais l’écart est considérable. Et pourtant. « Les sondages se sont trompés. Ils ont certainement donné une vision tronquée de la réalité », affirme le responsable local de Renaissance, Thomas Rudigoz, auprès de Lyon Mag, au lendemain d’un premier tour qui a vu le candidat Aulas terminer de peu derrière le maire sortant (36,78% contre 37,36%). « Les effets d’une campagne qui s’est étiolée se sont fait sentir uniquement dans les trois dernières semaines », analyse pour franceinfo le professeur de sciences politiques Romain Meltz. Dès mi-janvier, il y a eu une stratégie hyperdéfensive de la part du camp Aulas, pour thésauriser sur ces « 47% dans les sondages ».
« Ils sont passés d’une campagne en tapis de bombes, avec une grosse présence sur les réseaux sociaux, à une stratégie de repli. »
Romain Meltz, professeur de sciences politiquesà franceinfo
Ce repli s’illustre notamment par le choix de Jean-Michel Aulas de ne pas participer à un second débat, après celui organisé sur BFMTV, le 24 février, lors duquel il est apparu en difficulté. Après cette prestation, son équipe avait déjà décidé de refuser les autres débats avant le premier tour, comme celui organisé par Lyon Décideurs et Tribune de Lyon, le 3 mars.
Sur le fond, l’ex-président de l’OL est entré en contradiction frontale avec la mandature écologiste, à la fois à la ville et à la métropole de Lyon, très puissante. Début janvier, il annonce sa volonté de créer un tunnel massif de près de 8 km pour désengorger celui sous Fourvière. La mesure divise très fortement, séduit certains citoyens, mais en braque d’autres, pas forcément intéressés par les problématiques de bouchons. « Ce fut une erreur de cible marketing politique très forte », décrypte Romain Meltz, pour qui Jean-Michel Aulas « s’est trompé d’échelle, avec des propositions au mieux grand-lyonnaises », et donc axées sur la métropole.
Avec des moins bons scores dans les sondages, les dernières semaines de campagne sont plus difficiles. Beaucoup plus tendues, aussi. L’agression mortelle du militant identitaire nationaliste Quentin Deranque, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, bouscule l’agenda et les interventions de tous les candidats. Très rapidement, Jean-Michel Aulas s’empare de l’affaire et demande à Grégory Doucet d’afficher le portrait du jeune homme sur la mairie. Refus de l’élu en place, qui dénonce une proposition « indécente ».
Un mois plus tard, et alors que Mediapart a révélé la sympathie qu’éprouvait le jeune homme pour le nazisme, Jean-Michel Aulas concède une erreur. « Au moment où l’information est arrivée, on ignorait bien évidemment ses propos racistes », a-t-il expliqué auprès du Progrès, mercredi. « J’ai pensé à sa famille, j’ai pensé à lui… Et donc, à ce moment-là, c’est la intervention d’un humain, de quelqu’un qui a envie de protéger tous les jeunes. Ça a été une point de vue immédiate. Si on devait le faire aujourd’hui, on ne le ferait pas. » Un manque de discernement politique, de « bouteille » pour bien mener une campagne ? « Jamais je n’aurais imaginé faire ce que je fais [de la politique]. Le débat m’a confirmé que j’ai des difficultés à intégrer ça à mon mode de raisonnement », confie-t-il à franceinfo, fin février. Des propos qui résonnent avec sa « peur » de la politique, qu’il reconnaissait en 2023.
Le premier tour arrive très vite, et avec lui un résultat décevant, à rebours de tous les sondages. Comme sonné, l’homme d’affaires tente de remobiliser les siens avant le second tour, dans une atmosphère de quasi défaite. « Par rapport aux sondages, on peut être déçu. Mais dans la réalité, c’est une victoire, donc on va jouer ce match retour avec de bonnes chances de l’emporter. Je suis persuadé que les équipes qui m’entourent vont tout donner pour aller remporter cette victoire dimanche soir », lance-t-il. La meilleure défense, pour lui, c’est l’attaque, et les coups redoublent contre les écologistes, accusés d’avoir conclu une « alliance de la honte » avec LFI, avec le retrait d’Anaïs Belouassa-Cherifi. Il publie une tribune très offensive dans Actu Lyon et tente directement de convaincre les soutiens de Raphaël Glucksmann dans un message sur X.
Un dernier sondage, vendredi, donne les deux candidats au coude-à-coude, dernière indication d’un second tour beaucoup plus incertain que prévu. Pour Jean-Michel Aulas, la pièce retombe du mauvais côté pour la ville de Lyon. Une élection municipale, « c’est la rencontre d’un homme et d’un moment », confiait son entourage, fin septembre, dans l’euphorie du lancement de campagne, quand tout allait bien pour « JMA ». Six mois plus tard, l’ancien patron de l’OL n’a pas su concrétiser ce moment.
Que va-t-il faire, désormais, à la tête de l’opposition locale ? « Nous avons porté un projet clair, d’apaisement, de protection, de redressement, pour remettre Lyon en mouvement. Ce projet ne disparaît pas ce soir, il continuera d’exister et je continuerai de le défendre », a-t-il assuré dimanche soir lors de l’une de ses très nombreuses prises de parole. Le maire sortant, et réélu, est déjà dans son viseur. « Je préfère être à ma place qu’à la sienne pour les années à venir », glisse Jean-Michel Aulas, très sérieux, entre la promesse et l’avertissement.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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