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L'équipe met en lumière les points essentiels de « quotas de viande, colère des agriculteurs… Ce que l’on sait ».
Points saillants
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Anthony Albanese, le Premier ministre de l’Australie ont conclu un accord de libre-échange signé ce mardi 24 mars 2026. LUKAS COCH/AP/SIPA
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Après le Mercosur et l’Inde, l’UE a un nouvel accord commercial, avec l’Australie cette fois-ci. Cet accord, signé ce mardi 24 mars, implique des importations de viande australienne et la réutilisation d’appellations géographiques européennes, ce qui crispe le secteur agricole du Vieux Continent. Sa signature intervient alors que le très contesté traité Mercosur entre les pays d’Amérique latine et l’Union européenne entrera en vigueur le 1er mai.
• Pourquoi un nouvel accord commercial ?
L’accord de libre-échange entre l’Australie et l’Union européenne vise notamment à « stimuler la prospérité grâce à un commerce fondé sur des règles », a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Cet accord peut profiter à plusieurs secteurs de l’UE dont le marché de l’automobile et celui des produits laitiers.
La signature de cet accord intervient dans un contexte où « le commerce des matières premières critiques est facilement perturbé par des chocs économiques ou géopolitiques, de sorte que des accords avec des partenaires fiables sont essentiels », explique la Commission européenne.
La guerre en Ukraine depuis 2022, le conflit au Moyen-Orient cette année ou encore les droits de douane imposés de façon erratique par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche peuvent expliquer ce besoin de nouer des alliances commerciales diversifiées pour sécuriser de nombreux secteurs.
Récemment, l’UE a conclu plusieurs accords similaires, par exemple avec l’Indonésie qui produit entre autres du nickel et du cobalt mais aussi du café et des matières textiles. En janvier 2026, l’Inde et l’UE ont également établi un partenariat qui implique une baisse des taxes sur la quasi-totalité des exportations européennes.
• Que prévoit le partenariat avec l’Australie ?
L’accord prévoit des mesures pour l’agriculture, l’automobile et les matières premières. Pour le domaine agricole, l’accord instaure un quota d’importation à hauteur de 30 600 tonnes de viande bovine australienne. Le quota de bœuf australien autorisé à entrer sur le marché de l’UE sera, au cours de la prochaine décennie, multiplié par plus de 10 par rapport à son niveau actuel. Dans le détail, celui-ci comprend 55 % de viande d’animaux nourris à l’herbe exemptée de droits de douane, et 45 % de viande dont les droits de douane seront réduits à 7,5 %. Seulement un tiers de ce quota sera appliqué pendant les cinq premières années, avant sa pleine entrée en vigueur.
Le partenariat implique également l’importation en Europe de 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne issue d’animaux nourris à l’herbe, avec une mise en place progressive prévue sur sept ans.
L’accord inclut également les appellations géographiques européennes. Les agriculteurs australiens pourront bénéficier de ces labels sous certaines conditions. Par exemple, les viticulteurs australiens pourront utiliser le terme « prosecco » pour leur vin mousseux sur leur marché intérieur, mais devront cesser de l’utiliser pour leurs exportations au bout de dix ans. Autre cas, les producteurs de fromage australiens pourront continuer d’utiliser les appellations telles que « feta » et « gruyère », s’ils les utilisent depuis au moins cinq ans.
Du côté européen, les agriculteurs et les entreprises agroalimentaires auront un meilleur accès au marché australien.
Pour le marché des produits laitiers, la Commission européenne annonce des « contingents tarifaires modestes » à hauteur de « 8 000 tonnes pour la poudre de lait écrémé, 5 000 tonnes pour le beurre et 2 000 tonnes pour les concentrés de protéines de lactosérum ». Ces quotas permettent de protéger les « intérêts des producteurs européens de produits agricoles sensibles » tout en permettant à l’Australie d’exporter une certaine quantité de ses produits vers l’UE.
Ce partenariat porte sur d’autres ressources alimentaires comme le sucre et le riz et des matières premières critiques produites par l’Australie comme l’aluminium, le lithium et le manganèse, dont l’Union européenne a besoin, notamment pour la production de batteries.
Enfin, cet accord relève le seuil de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques à plus de 120 000 dollars australiens (72 000 euros). Ainsi, trois quarts des véhicules électriques exportés par l’UE seront exonérés de cette taxe.
• Pourquoi les négociations ont-elles été si longues ?
Ce nouveau projet de partenariat était sur la table depuis huit ans. Deux principaux désaccords ont ralenti les discussions. Le premier concernait l’usage des appellations géographiques européennes par l’Australie. Le second portait sur l’ouverture du marché européen au bœuf australien. Les deux questions sont maintenant résolues sur le plan technique mais elles crispent déjà le secteur agricole européen.
• Pourquoi cet accord crispe-t-il les agriculteurs de l’UE ?
Dans un communiqué publié ce mardi 24 mars, le Copa-Cogeca, un lobby agricole qui rassemble les principaux syndicats européens déplore les nombreuses conséquences économiques d’un tel accord. Le lobby évoque des « concessions inacceptables » faites par l’UE envers l’Australie sur des productions sensibles comme le bœuf, la viande ovine, le sucre et le riz. La filière agricole qui s’était déjà mobilisée massivement contre le Mercosur ne veut pas subir « l’impact cumulé des accords commerciaux successifs », poursuit l’organisation agricole.
Le Copa-Cogeca ajoute que « les agriculteurs de toute l’UE sont confrontés à une hausse de tous leurs coûts de production, à des pressions inflationnistes persistantes, à des prix qui ne suivent pas l’inflation et à une incertitude croissante liée à l’évolution de la situation en Iran et au contexte géopolitique plus large. L’ouverture accrue de ces secteurs sensibles aux accords de libre-échange ne ferait qu’aggraver les vulnérabilités existantes ».
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Un regard constant de notre équipe permettra d’éclairer cette situation.

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