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24 mars 2026de plus en plus de conducteurs, surtout les plus jeunes, regardent des vidéos en voiture… au risque de provoquer des accidents
Analyse : Une équipe d'experts a étudié cette information et partage son avis général.
Un point rapide sur l'article « de plus en plus de conducteurs, surtout les plus jeunes, regardent des vidéos en voiture… au risque de provoquer des accidents » selon nos journalistes.
Résumé pour le lecteur
Regarder une vidéo ou conduire, il faut choisir. De plus en plus d’automobilistes, et plus particulièrement de jeunes, regardent des vidéos sur Tiktok au volant… au risque de causer des accidents. Si, aux États-Unis, la législation est floue, en France, la pratique est totalement interdite. Ce qui n’empêche pas les conducteurs de n’en faire qu’à leur tête.
Un écran allumé, quelques secondes d’inattention… et la route disparaît. Jackie souhaitait simplement se rendre chez le médecin. Ce jour d’automne, dans le New Jersey, la trentenaire prend alors un VTC. Mais très vite, un détail l’inquiète. Son chauffeur ne regarde pas la route. Ou plutôt, pas seulement. « Il regardait une vidéo sur son téléphone, de temps en temps », raconte-t-elle au Guardian.
Sur l’autoroute, l’angoisse monte. Pendant quarante minutes, Jackie hésite à intervenir, sans oser. « J’étais très angoissée. (…) J’étais seule dans une voiture avec quelqu’un qui faisait déjà quelque chose que je trouvais choquant et irresponsable », raconte-t-elle. Elle arrive saine et sauve. Mais quelques heures plus tard, la scène se répète avec un autre chauffeur. Et l’anecdote de Jackie est loin d’être une exception.
Du texto à la vidéo
Depuis des années, les campagnes de prévention martèlent le même message: ne pas envoyer de SMS au volant. Mais avec l’essor des réseaux sociaux, une nouvelle habitude s’est installée. Désormais, les conducteurs visionnent des vidéos sur Tiktok et Youtube en conduisant.
« Les gens utilisent de plus en plus leur téléphone au volant », explique Charlie Klauer, chercheur et professeur associé à Virginia Tech. « On est passé des SMS à la navigation sur internet, au visionnage de vidéos. C’est une pratique désormais très courante. »
Tiktok, Youtube, Instagram ou encore Snaphat: toutes ces applications sont conçues pour capter l’attention… y compris au mauvais moment. A priori, leur mission est un peu trop réussie.
Or, qui dit téléphone (ou vidéos au volant), dit hausse du nombre d’accidents. Et les chiffres traduisent cette nouvelle dérive. En 2023, 3.275 personnes ont été tuées aux États-Unis dans des accidents liés à la distraction au volant, selon la National Highway Traffic Safety Administration. Plus de 300.000 ont été blessées.
En France, les chiffres sont aussi préoccupants. Début 2025, le ministère de l’intérieur indiquait que 24% des accidents corporels de la route sont liés à l’inattention dues à un usage de téléphone ou de « distracteurs technologiques ». En 2023, 555.146 contraventions pour usage d’un téléphone tenu en main ont été distribuées par les forces de l’ordre en France.
Une pratique banalisée
Les exemples s’accumulent. En Californie, un conducteur a récemment percuté une voiture de police arrêtée sur l’autoroute. Il regardait une vidéo et n’a rien vu venir. « On voit souvent des gens lire, regarder des vidéos, suivre un match de football », a déclaré un porte-parole de la police autoroutière californienne au San Francisco Chronicle, tout en conseillant aux conducteurs de « rester concentrés au volant ».
Ailleurs, certains filment même leur conduite en direct. En novembre, une femme a percuté et tué un homme alors qu’elle tournait une vidéo en direct depuis sa voiture. Des spectateurs assurent avoir entendu un bruit sourd, les pleurs d’un enfant à l’arrière et la femme dire: ‘Putain, putain, putain… Je viens de renverser quelqu’un.’ Un mois plus tard, le streamer Jalen Melton a percuté une autre voiture à Atlanta en pleine diffusion en direct. Personne n’a été grièvement blessé, selon la police. Twitch a désactivé le compte de Melton après l’accident.
Sans surprise, les plus jeunes conducteurs, plus souvent confrontés aux algorithmes addictifs des plateformes, sont les plus touchés. Charlie Klauer indique observer la distraction au volant « de manière générale » dans ses recherches, mais « c’est chez les jeunes de 20 à 25 ans que ce type de comportement est le plus fréquent ».
« Ils me disent qu’ils jettent un coup d’œil rapide à une vidéo Tiktok au volant », témoigne Joel Feldman, militant engagé contre la distraction au volant après la mort de sa fille dans un accident en 2009. « Je n’entendais pas ça il y a cinq ans. »
Une loi pas toujours respectée
D’autant que les véhicules eux-mêmes évoluent. Les écrans tactiles se généralisent, permettant navigation, divertissement… voire visionnage des plateformes de streaming. Comme un smartphone distrait un piéton, ces vastes écrans captivants par leurs couleurs et l’abondance de leurs fonctions détournent l’attention des conducteurs de la route. Une étude britannique de 2020 a révélé que l’utilisation des systèmes d’infodivertissement Apple CarPlay et Android Auto altérait davantage les réflexes des conducteurs que la consommation d’alcool ou de cannabis. Tout est dit.
Pour les experts, le danger est pourtant clair. « Les chances d’avoir un accident doublent si vous quittez la route des yeux pendant plus de deux secondes », rappelle Charlie Klauer. Un seuil facilement dépassé par une vidéo, même regardée « rapidement ».
Aux États-Unis, un certain flou entoure cette pratique. Les États sont plus ou moins permissifs en la matière. En France, le code de la route interdit strictement l’usage du téléphone tenu en main au volant, mais aussi la présence d’un écran dans le champ de vision du conducteur s’il n’est pas dédié à l’aide à la conduite. L’article R412-6-2 dispose que « le action de placer dans le champ de vision du conducteur d’un véhicule en circulation un appareil en fonctionnement doté d’un écran et ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation est interdit. »
Parmi les pratiques interdites figure donc le élément de passer un appel en visioconférence. L’utilisation des réseaux sociaux, par exemple pour diffuser une vidéo en direct sur Twitch ou Tiktok, entre également dans ce cadre. Les sanctions peuvent aller jusqu’à 1.500 euros d’amende, un retrait de trois points sur le permis, voire la confiscation de l’appareil. Mais la loi ne rime pas toujours avec son respect…
Face aux critiques, certains constructeurs ont également commencé à réintroduire des boutons physiques. En 2021, Tesla a de son côté cessé d’autoriser les jeux vidéo sur ses consoles centrales, sous la pression des autorités de réglementation automobile.
Sur le chemin du retour de son rendez-vous chez le médecin, Jackie, elle, s’est retrouvée une fois de plus dans un VTC avec un chauffeur qui regardait quelque chose sur son téléphone. Elle a depuis porté plainte auprès d’Uber. Mais son inquiétude demeure. « le situation que cela se soit produit deux fois prouve qu’il s’agit d’un problème », tranche-t-elle. Sur des routes déjà saturées de distractions, le streaming pourrait bien devenir le prochain angle mort de la sécurité routière.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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