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27 mars 2026Analyse : Voici l'avis général de notre rédaction sur les faits présentés.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « 1991, la guerre pour l’or noir : épisode du podcast Pétrole, anatomie d’un malédiction ».
Les faits essentiels
« Les démocraties naissantes et fragiles d’Europe de l’Est et d’Amérique latine font déjà face à un défi colossal pour réussir leur transition vers une économie de marché. Mais le poids supplémentaire de la hausse des prix du pétrole constitue un fardeau écrasant qu’elles ne peuvent supporter. Et notre propre économie en souffre également, subissant les effets de la hausse des prix du pétrole et du ralentissement de la croissance résultant de l’agression de Saddam. Chaque jour qui passe, les forces de Saddam se renforcent et s’enracinent davantage au Koweït. Nous risquons de payer un prix plus élevé dans la monnaie la plus précieuse de toutes – la vie humaine – si nous lui laissons davantage de temps pour se préparer à la guerre. » George H. Bush, président américain, allocution radiophonique, le 5 janvier 1991.
Le début du déclin américain, matrice de tous les conflits à venir
Tout commence avec le pic de production pétrolière américaine atteint en 1970, explique Matthieu Auzanneau, auteur de Or noir. La grande histoire du pétrole (La Découverte, janvier 2015). Les États-Unis, premier producteur mondial pendant l’essentiel du XXᵉ siècle, ont épuisé leur trésor et « le golfe arabo-persique recèle les plus amples ressources de pétrole sur la terre, hors des États-Unis ». Dès lors, le contrôle du golfe Persique devient un impératif stratégique et cet objectif motive l’ensemble des interventions américaines dans la région : « Celui qui domine le golfe Persique, domine l’économie mondiale, tout simplement. »
La guerre Iran-Irak, ou l’art de « diviser pour mieux régner »
La guerre Iran-Irak (1980-1988) est « la plus longue guerre conventionnelle du XXᵉ siècle » , rappelle Mathieu Auzanneau : huit ans de combats de tranchées, des centaines de milliers – peut-être des millions – de morts, et un recours massif à l’arme chimique. Ce conflit entre les deux grandes puissances militaires riveraines du golfe Persique est regardé de près par Washington. Deux épisodes en témoignent.
Le premier est le scandale de l’Iran-gate : des révélations montrent que l’administration Reagan ravitaille secrètement en pièces détachées l’armée iranienne – pourtant présentée comme l’ennemie jurée des États-Unis – via Israël. Le second est la visite de Donald Rumsfeld – qui va devenir le patron du Pentagone sous Bush junior – à Bagdad en 1983 : à un moment où l’armée irakienne est en difficulté, il apporte le soutien américain à Saddam Hussein, notamment en matière d’armement chimique. « Au même moment, vous avez les Américains, l’administration Reagan, qui ravitaille en armement l’Iran et qui permet à Saddam d’utiliser l’arme chimique massivement », résume Mathieu Auzanneau. « Le but, c’est diviser pour mieux régner, cela a été dit par Kissinger des années après. C’est demeurer le dominium ultime, faire que la puissance américaine reste le pouvoir suprême autour du golfe Persique. »
1991 et l’après-guerre : maintenir l’Irak sous contrôle
L’invasion du Koweït par Saddam Hussein en 1991, point de départ de la guerre du Golfe, n’est pas davantage le fruit du hasard. Mathieu Auzanneau rappelle que Saddam Hussein « était un asset sur l’agenda de la CIA depuis très longtemps » et que les États-Unis n’ont pas clairement dissuadé l’invasion koweïtienne. Plus frappant encore : après la victoire militaire de 1991, l’armée américaine ne marche pas sur Bagdad pour renverser le régime. Un embargo draconien – baptisé « Pétrole contre nourriture » – est mis en place, qui durera jusqu’en 2003. Interrogée en 1998 sur les centaines de milliers d’enfants irakiens morts de malnutrition et de défaut de soins du fait de cet embargo, la secrétaire d’État Madeleine Albright affirme que « ça valait le coup ».
Pour Mathieu Auzanneau, la logique est constante : affaiblir durablement l’Irak, sans le détruire, pour mieux en contrôler l’environnement pétrolier. Une stratégie qu’il qualifie de « diplomatie de la canonnière », dont il voit des prolongements jusque dans les décisions de politique étrangère américaine les plus récentes.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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