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9 avril 2026Burundi : comment le concept de civilisation est-il instrumentalisé contre l’homosexualité ?
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Un point rapide sur l'article « Burundi : comment le concept de civilisation est-il instrumentalisé contre l’homosexualité ? » selon nos journalistes.
Ce qu'il faut retenir
De nombreux pays d’Afrique adoptent ces derniers mois des lois qui pénalisent l’homosexualité de plus en plus sévèrement. Les pratiques homosexuelles y sont désignées comme “occidentales” et opposées aux valeurs traditionnelles.
C’est l’objet des recherches de Zoé Quétu, post-doctorante et membre du programme DECRIPT de l’INALCO, au sein de l’axe Afrique. Elle a étudié le cas du Burundi.
L’homosexualité érigée en enjeu politique et civilisationnel en Afrique
Dans plusieurs pays africains, l’homosexualité est présentée par les dirigeants comme « une manière de s’opposer au bloc occidental » et « de stigmatiser une partie de la population », explique Zoé Quétu. Au Burundi, cette rhétorique s’est illustrée en 2023 lorsque le président Évariste Ndayishimiye a publiquement souhaité « enfermer les homosexuels dans des stades et les lapider », adossant cette déclaration à « une rhétorique anticolonial et anti-impérialiste ». Cette idée selon laquelle l’homosexualité serait une pratique « importée d’Occident » s’inscrit dans une tradition politique plus ancienne, popularisée dès les années 1990. Robert Mugabe au Zimbabwe, qui décrivait l’homosexualité comme « un mal venu d’ailleurs », utilisant ce thème pour détourner l’attention des tensions internes et consolider son pouvoir fragilisé.
Ces discours ne restent pas cantonnés à un seul pays, mais circulent largement à travers le continent, de la Namibie au Botswana, du Burundi au Sénégal. Ils s’inscrivent dans ce que la chercheuse décrit comme une forme « d’internationale de l’anti-homosexualité », où plusieurs dirigeants reprennent l’idée que la défense des valeurs traditionnelles constitue une lutte contre « l’impérialisme occidental », explique la post-doctorante. Ce mouvement s’appuie aussi sur des relais internationaux : certains acteurs du Nord, notamment des organisations conservatrices américaines, participent à la diffusion de ces idées « en finançant des ONG pro-famille » sur le continent africain.
Entre durcissement répressif et contre-discours militants
Les discours anti-homosexuels s’accompagnent souvent d’une grande brutalité verbale et d’un durcissement législatif. Au-delà des appels publics à la violence, plusieurs États renforcent leurs sanctions pénales. Par exemple, l’Ouganda qui a adopté la peine de mort pour certains cas d’« homosexualité aggravée », notamment lorsqu’ils impliquent des mineurs ou des accusations de transmission du VIH. Toutefois, ces prises de position relèvent aussi de stratégies politiques : derrière la radicalité des déclarations, leurs effets concrets ne sont pas toujours proportionnels à la violence du discours, qui sert souvent d’outil de mobilisation symbolique.
Face à cette dynamique, des contre-récits émergent dans plusieurs pays africains, portés notamment par les militants LGBT. Ceux-ci renversent l’argument dominant en affirmant que ce n’est pas l’homosexualité, mais bien l’homophobie qui constitue « une importation coloniale », rappelant que de nombreuses lois réprimant les minorités sexuelles ont été instaurées durant la période coloniale. Cette résistance s’appuie aussi sur l’exemple d’États plus protecteurs comme l’Afrique du Sud, qui a inscrit dès les années 1990 la protection contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle dans sa Constitution.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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