
La Commerzbank est ouverte aux négociations avec UniCredit, déclare le PDG de la banque allemande
15 avril 2026Iran, Bangladesh, Sénégal et football : les informations de la nuit
15 avril 2026Dans la guerre en Iran, la Chine tentée de passer de l’ombre à la lumière pour se faire entendre
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette nouvelle selon nos journalistes.
Voici les éléments principaux de « Dans la guerre en Iran, la Chine tentée de passer de l’ombre à la lumière pour se faire entendre » pour nos lecteurs.
À retenir absolument
FLORENCE LO / AFP
Xi Jinping a condamné le blocus américain dans le détroit d’Ormuz.
Un « comportement dangereux et irresponsable » de la part des États-Unis. La Chine sort peu à peu de l’ombre sur la guerre actuelle en Iran, en dénonçant le blocus américain sur le détroit d’Ormuz. « Nous ne pouvons laisser le monde retourner à la loi de la jungle », a lancé le président chinois, Xi Jinping, en appelant ce mardi 14 avril à un cessez-le-feu « global et durable ». Il s’était jusqu’alors abstenu de commentaires publics trop accusateurs, mais en coulisses les autorités chinoises jouent gros.
Peu visible sur le terrain militaire, mais très présente dans les équilibres économiques et diplomatiques, Pékin s’impose comme un interlocuteur incontournable. Le pays a la confiance de l’Iran et semble avoir trouvé un équilibre avec les États-Unis, ce qui le place à une position clé. C’est justement la Chine qui a poussé les Iraniens à s’asseoir à la table des négociations.
« Le rôle de la Chine restera indispensable pour conclure tout accord de paix final en tant que garant ultime, vu que l’Iran ne fait pas confiance au duo Trump-Netanyahu », a déclaré Mushahid Hussain Sayed, ancien sénateur et président des commissions de défense et des affaires étrangères de la chambre haute du Pakistan, où ont été organisées les premières négociations infructueuses.
L’Iran partenaire commercial incontournable de la Chine
La place de la Chine dans la crise iranienne s’explique d’abord par les relations économiques entre les deux pays. Pékin est aujourd’hui l’un des principaux partenaires commerciaux de Téhéran, notamment dans le secteur énergétique. La Chine était destinataire de plus de 80 % des exportations de pétrole iranien, en 2025. Et à l’inverse, le pétrole iranien représente environ 13 % des importations chinoises de pétrole par voie maritime, selon le cabinet spécialisé Kpler.
Toute instabilité en Iran a donc des conséquences directes sur l’approvisionnement énergétique chinois, ce qui pousse le pays à souhaiter un retour rapide au calme. « La Chine est un pays stratégique et opportuniste qui essaye de tirer son épingle du jeu », avance Philippe Le Corre, professeur à l’Essec et chercheur à l’Asia Society Policy Institute, au Figaro.
Et pour poursuivre ce commerce avec l’Iran, la Chine a besoin, au-delà de la stabilité qu’elle réclame désormais, d’un interlocuteur de confiance et avec lequel elle sait négocier depuis plusieurs années : le régime islamique au pouvoir. « Si un régime pro-occidental arrivait en Iran, il faudrait un certain temps pour que les Chinois puissent retrouver leurs marques diplomatiques avec ce nouveau régime iranien », assure Philippe Le Corre.
John Calabrese, chercheur au Middle East Institute de Washington, nuance auprès de Sud Ouest : Pékin « préfère voir à Téhéran un régime qu’il connaît, mais est suffisamment pragmatique pour s’adapter aux changements politiques, comme elle l’a fait à de nombreuses reprises, en Iran par exemple, après la chute du Shah ».
La Chine revêt des ambitions de rayonnement mondial
Si ses intérêts sont nombreux en Iran, et plus largement au Moyen-Orient, la Chine se doit d’adopter une posture mesurée. Si elle se montrait trop critique à l’égard des États-Unis, cela pourrait entraver ou retarder l’organisation du très attendu sommet sino-américain. Donald Trump et Xi Jinping, qui devaient à l’origine se rencontrer fin mars, doivent échanger les 14 et 15 mai. Un rendez-vous censé « revitaliser les relations » et « prolonger la trêve commerciale » alors que les relations entre les deux pays sont toujours tendues.
Mais à travers ce rôle de médiateur à la posture très diplomate, la Chine a bien d’autres ambitions. Au-delà de ses impératifs commerciaux, Pékin entend bien s’imposer comme interlocuteur clé sur la scène internationale. « C’est une occasion que la Chine ne manquera pas de saisir pour démontrer son leadership et son initiative diplomatique », a déclaré dans The Washington Post Sun Yun, directrice du programme Chine au Stimson Center.
Cette posture lui permet de se présenter comme une puissance attachée à la stabilité internationale, en contraste avec les approches plus interventionnistes d’autres acteurs. « Leur discours est le suivant : si Washington est imprudent, agressif et indifférent aux conséquences pour les autres, la Chine est un champion de la paix responsable et guidé par des principes », a déclaré Danny Russell, ancien diplomate américain et chercheur émérite à l’Asia Society Policy Institute, au journal américain. « Son intérêt est de contester ce qu’elle considère comme être l’hégémonie américaine », abonde Philippe Le Corre.
Cette diplomatie semble déjà trouver son public, à commencer par le Premier Ministre espagnol. Ce mardi 14 avril, alors qu’il était en déplacement en Chine, Pedro Sanchez a appelé à une plus grande implication du pays dans l’ordre mondial et dans la résolution des grands conflits qui secouent actuellement le monde.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

9999999
