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9 mars 2026Gymnase Score : d’après cette étude, à Montpellier, un établissement scolaire sur deux est mal équipé en installations sportives
Réalisé par le syndicat Snep-FSU, ce bilan, inspiré du Nutri-Score, met en évidence de nombreuses carences dans les installations sportives des établissements du second degré de la région, notamment un manque d’accès à des piscines et des plateaux extérieurs.
Le Nutri-Score, qui classe vos aliments de A à E en fonction de leurs qualités nutritionnelles, vous connaissez ? Imaginez le même système pour noter les installations sportives scolaires dont bénéficie votre enfant. C’est ce qu’a mis en place le Snep-Fsu, principal syndicat de professeurs d’EPS.
Cette classification se base sur une enquête réalisée en 2024 auprès de 85 % des collèges et lycées de l’académie de Montpellier. La méthode ? Chaque installation sportive reliée à un établissement a été notée en fonction de son état de vétusté, sa sécurité, sa taille et de sa diversité. Ainsi, la présence d’un gymnase rapportait 200 points, la base en quelque sorte, et 100 points de plus pour chacune des installations suivantes : une salle annexe ou spécialisée, piste d’athlétisme, terrain de sport extérieur, mur d’escalade, piscine…
« Des années de sous-investissement »
En fonction de leur score, les installations ont été classées de A (excellent) à E (médiocre). Plus de 50 % d’entre elles sont estampillées D ou E, c’est-à-dire bien en dessous de la qualité requise dans le cahier de charges. Si l’on inclut celles classées C, on arrive même à 75 % où la pratique se fait dans des conditions insatisfaisantes.
« Le document de base élaboré par le ministère de l’Éducation préconise deux installations couvertes et une extérieure. On en est souvent très loin », déplore Claudie Vaufreydaz, secrétaire départementale du Snep-Fsu 34 et cosecrétaire académique. « C’est le fruit d’années de manque d’investissements, déplore-t-elle. Sur Montpellier, le dernier gymnase totalement neuf a dû être inauguré en 2008. La ville a pris 55 000 habitants de plus depuis. Des efforts ont certes été faits sur des rénovations et les installations découvertes mais on est loin du compte. Au Lycée Jules Guesde, devenu Établissement public d’enseignement international, premier et second degrés sont réunis sur une même installation sportive municipale. C’est intenable ! Il faudrait une création. »
À Montpellier, le Snep classe cinq établissements en urgence absolue et nécessitant une intervention immédiate pour garantir des conditions d’enseignement décentes : les lycées Jules Ferry, Jean Monnet, Georges Frêche, Frédéric Bazille et le collège Fontcarrade.
25 % n’ont pas de plateau sportif extérieur
Nous sommes à l’évidence bien loin du prétendu héritage que devaient laisser les JO 2024. Plus inquiétant, sur l’ensemble de l’académie, 20 % des élèves n’ont pas accès à une piscine « alors que l’EPS doit garantir d’accéder à certains savoirs comme le savoir nager. »
Hérault : 38 salles financées par la Département
Le bilan du Gymnase-score dans l’Hérault est très comparable à celui de l’académie avec 50 % d’établissements classés D ou E et une note moyenne de 12,8 sur 20.
« Ce type d’étude reste très subjective et réalisée par les enseignants, qui sont juges et partie, même si je comprends qu’ils réclament le meilleur outil possible », nuance Renaud Calvat, vice-président du Département en charge de l’Education et des collèges.
« Le Départements est propriétaire de 38 salles de sport qu’il a financées, souvent à côté des collèges, précise-t-il. Chaque nouveau collège est livré avec une piste d’athlétisme. Nous construisons actuellement une deuxième salle pour le collège de Castelnau et nous dépensons chaque année 1,6 million d’euros pour louer aux municipalités les installations nécessaires à nos autres collèges. Nous louons également les créneaux de piscine aux intercommunalités et nous finançons les déplacements pour que les classes – principalement les 6e – puissent accéder au savoir nager. »
L’élu reconnaît une difficulté dans les centres-villes, « où il est souvent très difficile de construire du neuf dans des zones denses. » Rattraper certains retards dans les mises à neuf « ne se fait pas du jour au lendemain, plaide-t-il. D’autant que les départements ne prélèvent plus désormais le moindre impôt. »
Des inégalités territoriales qui pénalisent les villes excentrées comme Ganges, « ainsi que les publics situés en zone d’éducation prioritaire », déplore Claudie Vaufreydaz. « Dix établissements n’ont même pas accès à un gymnase, 53 n’ont accès à aucune salle annexe, 25 % n’ont pas de plateau extérieur et 47 % n’ont qu’un accès partiel aux installations le mercredi en raison du partage avec les clubs et associations. »
On l’a compris, la densité des installations est devenue largement insuffisante par rapport à l’augmentation du flux d’élèves en secondaire ces dernières années. Mais l’étude du Snep pointe aussi les carences de beaucoup d’installations en termes d’isolation : froides l’hiver, en surchauffe l’été, sur fond de surconsommation énergétique. Selon elle, rénover et renouveler le parc d’installations procède d’une active « participation à la transition écologique ».
« Il faut un plan pluriannuel de remise à niveau »
Pour Claudie Vaufreydaz, ces carences sont « d’autant moins compréhensibles que le sport est le premier moyen de lutter contre l’obésité et la sédentarité des jeunes et les maladies cardio-vasculaires qui ont augmenté de 25 % dans notre pays en 40 ans. »
Pointant ce qu’il considère comme « une rupture de service public », le Snep-Fsu interpelle les collectivités, mairies mais aussi départements pour les collèges, Région pour les lycées et préconise « un plan pluriannuel pour la remise à niveau et une mutualisation des collectivités pour porter l’effort en priorité sur les établissements les plus mal dotés et sur les installations couvertes. L’idéal est de se tourner vers des salles multi-activités plus modernes et fonctionnelles. »
Plus facile à appeler de ses vœux qu’à financer en ces temps de caisses publiques exsangues. « C’est une question de courage politique », tranche Claudie Vaufreydaz. À quelques jours des municipales, le message a le mérite d’être lancé.

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