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13 mars 2026
l’armée française n’a « pas de preuve formelle d’une présence de mines iraniennes »
13 mars 2026
CARTE – Un soldat français est décédé après une frappe de drones Shahed sur une base militaire se trouvant au nord de l’Irak. Environ 2000 militaires français sont déployés au Moyen-Orient depuis des années, et avec la guerre en Iran, cette présence tend à se renforcer.
La guerre en Iran atteint désormais la France et ses soldats. L’un d’entre eux, Arnaud Frion, adjudant-chef au 7e bataillon de chasseurs alpins (BCA), a perdu la vie dans la nuit de jeudi à vendredi dans la région d’Erbil en Irak, a annoncé Emmanuel Macron. Le sous-officier de 42 ans a été tué par une frappe d’un drone Shahed – engin de conception iranienne – «sur la position sur laquelle il était», a indiqué le colonel et chef de corps François-Xavier de la Chesnay. «Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015 est inacceptable», a rapidement condamné Emmanuel Macron, précisant que «leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme».
Après cette attaque de drones, un groupe armé irakien pro-iranien Ashab al-Kahf, aussi connu sous le nom de Kataib Sarkhat al-Quds, a annoncé sur Telegram qu’«à partir de cette nuit, tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques», en réponse au déploiement du porte-avions tricolore Charles de Gaulle dans le Golfe. Une menace directe tournée vers l’ensemble des soldats français déployés dans la région.
La France est présente militairement au Moyen-Orient depuis des décennies principalement pour assurer la sécurité de ses ressortissants dans la zone et lutter contre le terrorisme. Ce déploiement militaire français permet aussi de participer au bon développement d’autres activités économiques, diplomatiques et culturelles. Ainsi, près de 2000 hommes sont répartis entre trois principaux pôles militaires : dans la zone irako-syro-jordanienne pour l’opération Chammal qui mobilise l’armée de l’Air et de l’Espace et les forces spéciales contre Daech ; dans le golfe persique avec les Forces françaises aux Émirats arabes unis (FFEAU) ; et au Liban au travers de l’opération Daman, participation française à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), expose la chercheuse à l’Ifri Héloïse Fayet dans une étude publiée en 2022.
Irak et Syrie
Des soldats français se trouvent donc en Irak depuis 2014 dans le cadre de l’opération Chammal qui s’inscrit elle-même au sein de l’opération internationale Inherent Resolve rassemblant 80 pays. Cette dernière a été créée pour lutter contre les groupes armés terroristes et notamment l’État islamique. Les forces armées françaises apportent un soutien militaire aux forces irakiennes engagées dans la lutte contre Daech. Elles délivrent également aux autorités politiques et militaires irakiennes des activités d’accompagnement et de conseil pour leur permettre d’assurer seules la sécurité de leur pays.
Mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion : pourquoi y a-t-il encore des militaires français en Irak ?
Pour cette opération, 600 militaires sont stationnés au «Levant», dont en Syrie, un nombre qui peut grimper à 1100 en incluant les bâtiments et frégates régulièrement de passage dans le Golfe et en mer Rouge. Mais depuis le début du conflit iranien fin février, la présence militaire française au Moyen-Orient a été renforcée, notamment pour aider à intercepter les drones menaçant les pays du Golfe.
Émirats arabes unis
Le déploiement de forces militaires françaises au Moyen-Orient s’explique aussi en partie par la signature d’«accords de défense et d’engagement de sécurité» avec plusieurs pays de la région. Le 3 mars, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a rappelé que la France était liée par ces accords avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis (EAU). L’accord avec les EAU, noué en 2008, est le partenariat de défense le plus fort. Il est surnommé FFEAU et représente l’une des cinq forces de présence françaises à l’étranger. Avant la guerre en Iran, l’Hexagone y déployait déjà 900 militaires et civils de la défense française, répartis dans trois bases. Ces forces humaines doivent se tenir prêtes à intervenir sur toute crise dans la région et pour assurer la sécurité des ressortissants et les intérêts français dans la zone.
La première base est navale et située à Abu Dhabi. Elle possède un tirant d’eau permettant d’accueillir tous les bâtiments de la Marine nationale, dont le porte-avions Charles de Gaulle. La deuxième, aérienne, se trouve à al-Dhafra. Tandis que la dernière abrite le 5e régiment de cuirassiers formant un Groupement Tactique Interarmes (GTIA) à Zayed Military City. Les soldats peuvent déployer notamment des avions Rafale* et A400M, des chars Leclerc et canons Caesar tandis que les bâtiments et les avions de patrouille maritime tournent durant l’année.
Au début du conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis, un hangar de l’armée française a été frappé le 1er mars à Abu Dhabi par des drones iraniens. «Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n’est à déplorer», avait voulu rassurer Catherine Vautrin, ministre des Armées. Depuis cette régionalisation du conflit, l’armée de l’air et de l’espace a doublé le nombre de ses avions déployés avec douze Rafale désormais présents aux EAU.
Au Moyen-Orient, la défense aérienne française mise à contribution contre les drones
Qatar
La France est aussi implantée au Qatar à qui elle a livré des systèmes de défense antiaérienne de courte portée. Les deux pays ont signé une coopération militaire en 1994 et 1998 qui s’est renforcée lors de l’intervention militaire conjointe de 2011 en Libye, puis en 2019.
«Les activités de coopération militaire bilatérale consistent principalement en l’organisation régulière d’exercices, l’envoi en formation de militaires en France et au Qatar, d’escales navales et aériennes ainsi que par la visite d’autorités militaires ou politiques», détaille un communiqué du ministère des Armées publié en novembre dernier.
Koweït
Quelques officiers français sont également déployés au Koweït dans le cadre d’un accord de défense avec Paris. Ces soldats sont stationnés au camp d’Arifjan pour travailler dans le Joint Operation Command (JOC) qui constitue l’état-major du commandement des opérations interarmées pour l’Irak. Les militaires français y œuvrent «quotidiennement pour la stabilité de la région», explique le ministère des Armées. Cette présence s’inscrit, elle aussi, dans le cadre de l’opération internationale Inherent Resolve pour lutter contre les groupes terroristes.
Jordanie
Des militaires français sont aussi stationnés en Jordanie dans la base aérienne Prince-Hassan située au nord-est d’Amman, la capitale. Les soldats français ainsi que leurs engins militaires y sont déployés depuis fin 2014 avec le début de l’opération Chammal. Dans ce cadre, six Mirage 2000D de la 3e escadre de chasse de l’Armée de l’air sont utilisés. Quatre Rafale y sont basés depuis 2017 et opérés par 300 militaires. Le dispositif a été complété en 2021 par un système anti-missile Mamba qui sert à assurer la protection anti-aérienne. Il s’agit du premier déploiement de ce système d’arme en dehors du territoire métropolitain.
Liban
Au Liban, quelque 700 militaires français contribuent à la Force intérimaire de l’ONU (Finul) déployée dans le sud du Liban, depuis 1978 à la suite de l’invasion du sud du pays jusqu’au fleuve Litani par Israël. La participation française à cette force internationale se nomme Daman. «Le contingent français arme principalement la Force Commander Reserve (FCR), qui est en mesure d’intervenir très rapidement au profit de tous les contingents déployés sur l’ensemble de la zone d’action de la FINUL», explique le ministère de l’Armée. Au total, 10.5000 casques bleus provenant de 48 nations arment la Finul. La France contribue à hauteur de 750 militaires.
Les objectifs initiaux de cette opération : confirmer le retrait des troupes israéliennes, restaurer la paix et la sécurité et aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité effective. Des missions difficilement réalisables depuis des décennies en raison, récemment de conflits entre Israël et le Hezbollah libanais.
Parmi les équipements déployés sur le terrain figurent huit systèmes Nerod, utilisés notamment pour la lutte contre les drones, ainsi que 40 véhicules blindés légers (VBL) destinés aux patrouilles et aux missions de reconnaissance. Le contingent est également équipé de 32 véhicules de l’avant blindés (VAB), qui permettent le transport sécurisé des soldats et leur soutien lors des opérations sur le terrain. Pour la détection des tirs d’artillerie et la surveillance du champ de bataille, trois radars sont déployés, notamment les systèmes COBRA et MARTHA. La défense aérienne rapprochée est assurée par quatre systèmes SATCP Mistral, capables d’intercepter des menaces aériennes à courte portée.
Aspides
La France participe enfin à une opération maritime appelée Aspides et lancée en 2024 par l’Union européenne pour prévenir des attaques des rebelles houthis pro-iraniens du Yémen contre le transport maritime international en mer Rouge.
Symbole de sa puissance… et de ses limites : la Marine nationale mobilise actuellement plus de 80% de sa flotte
Lors de sa visite à Chypre lundi, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait continuer de contribuer «dans la durée» à cette opération avec «deux frégates», au lieu d’une seule actuellement, la frégate de défense aérienne Forbin .
Djibouti
Il faut aussi ajouter la base militaire de Djibouti, qui intervient en appui au Proche-Orient et qui compte quelque 1500 militaires. «Au Proche et au Moyen-Orient, les armées françaises maintiennent un dispositif réactif et modulable en lien avec nos partenaires locaux», a expliqué à l’AFP le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état-major des armées. «Notre présence militaire garantit l’appréciation autonome de situation de la France», a-t-il ajouté, précisant que les armées françaises adaptaient «en permanence leur posture aux menaces et mettent en œuvre des moyens pour assurer la surveillance et la protection des emprises militaires sur lesquelles sont déployés des soldats français».
*Le Rafale est produit par le groupe Dassault, propriétaire du «Figaro».
Source : www.lefigaro.fr

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