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14 mars 2026
Courrier international : Pouvez-vous expliquer les raisons de cette fermeture et ce qu’elle signifie pour la liberté de la presse en Éthiopie ?
Yonas Kedir : L’Autorité éthiopienne des médias a révoqué la licence d’Addis Standard en invoquant de vagues allégations de violation de l’éthique des médias et des intérêts nationaux, sans préciser aucun rapport ou action justifiant cette décision. Il est important de noter que nous n’avons jamais été officiellement informés d’aucune violation antérieure.
Cette mesure doit être comprise dans le contexte plus large de pression croissante exercée sur le journalisme indépendant en Éthiopie. Cette révocation intervient également dans un contexte que les observateurs internationaux de la liberté de la presse qualifient de répression croissante à l’encontre des médias indépendants.
Elle témoigne du rétrécissement de l’espace réservé aux reportages critiques et soulève de sérieuses préoccupations quant à l’arbitraire réglementaire et au respect des procédures régulières.
Est-ce lié aux tensions dans la région du Tigré et avec l’Érythrée ?
Bien que les autorités n’aient pas explicitement lié cette décision à la couverture médiatique du Tigré ou de l’Érythrée, le contexte général est très sensible. La réglementation des médias en Éthiopie s’est historiquement durcie durant les périodes de tensions politiques et sécuritaires.
Les événements récents touchant d’autres médias internationaux suggèrent une tendance. Par exemple, en février 2026, le gouvernement a refusé de renouveler l’accréditation de trois journalistes de Reuters et a révoqué l’autorisation de l’agence de couvrir le sommet de l’Union africaine peu après la publication par Reuters d’un rapport d’enquête affirmant que l’Éthiopie hébergeait un camp d’entraînement pour les combattants du FSR [Forces de soutien rapide] soudanais. De telles mesures reflètent une intolérance croissante à l’égard des reportages sur des questions géopolitiques sensibles.
Addis Standard a-t-il déjà subi des pressions de la part des autorités gouvernementales ?
Oui. Ce n’est pas la première fois qu’Addis Standard fait l’objet de pressions réglementaires. Pendant la guerre du Tigré, en 2021, notre publication a été suspendue après avoir été accusée de promouvoir le programme de ce que les autorités qualifiaient alors de groupe terroriste.
Plus récemment, en avril 2025, la police a fait une descente dans nos bureaux et confisqué le matériel de la salle de rédaction, suscitant l’inquiétude des observateurs internationaux quant à la sécurité des données et des sources journalistiques.
Ces incidents témoignent d’un schéma récurrent de pressions exercées sur le journalisme indépendant.
Quel est le climat médiatique dans le pays sous le gouvernement d’Abiy Ahmed ?
L’environnement médiatique est devenu de plus en plus restrictif. Les mesures récentes qui touchent les médias à la fois nationaux et internationaux, notamment le refus de renouveler l’accréditation des journalistes de Reuters, témoignent d’un durcissement de la réglementation à l’égard du journalisme indépendant.
Il en résulte une atmosphère intimidante où le journalisme critique est exposé à des sanctions administratives plutôt que traité dans le cadre de procédures judiciaires transparentes. Malgré ces pressions, Addis Standard reste attaché à un journalisme indépendant et fondé sur des faits.
Notre analyse Actus-Eco.fr : Les informations présentées dans cet article reflètent les tendances actuelles de l’économie et des marchés internationaux. Pour plus de détails, consultez nos autres articles sur les prix du carburant et sur les marchés financiers.
Source : www.courrierinternational.com

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