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Sous l’effet de la crise et de la flambée du pétrole, les taux d’emprunt de la France atteignent un niveau inédit depuis quinze ans. Une situation qui pourrait alourdir fortement la charge de la dette.
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La hausse des taux d’intérêt représente une des conséquences de la guerre en Iran. La France emprunte sur les marchés, mardi 17 mars, à un niveau qu’elle n’avait plus connu depuis près de 15 ans. Ce conflit va nous coûter cher, car il pèse directement sur notre dette. Actuellement, le taux d’emprunt à dix ans de la France frise les 3,7%, du jamais vu depuis 2011. Cette situation a évolué en un rien de temps. Il y a trois semaines, avant le début de l’offensive des Américains et des Israéliens sur l’Iran, la France empruntait à 3,2%. Avec la flambée des cours du pétrole et un baril autour des 100 dollars, tout le monde s’attend dans les prochains jours à une reprise de l’inflation, c’est-à-dire une hausse des prix des matières premières, des biens et des services, ainsi que de l’alimentaire.
Dans ce contexte, les créanciers, c’est-à-dire ceux qui nous prêtent de l’argent, craignent que l’on ait encore plus de mal qu’auparavant à rembourser nos emprunts. Il faut dire que notre dette publique dépasse les 3 500 milliards d’euros, soit 118% de notre PIB, notre produit intérieur brut.
Les taux n’augmentent pas uniquement pour la France. L’ensemble des pays européens est concerné, même l’Allemagne. Pourtant, sa situation budgétaire est bien meilleure que la nôtre et elle est moins endettée. La France emprunte aussi un tout petit peu moins cher que l’Italie, qui est à 3,8%. Mais il n’empêche : 3,7% pour nous, c’est une mauvaise nouvelle qui va très vite alourdir notre charge de la dette. Les seuls intérêts de notre dette — on ne parle pas de la somme empruntée, mais seulement des intérêts — représentaient déjà 65 milliards d’euros en 2025.
Pour cette année, 2026, soit avant la guerre en Iran, le gouvernement tablait sur 74 milliards d’euros. Si la crise continue, l’addition promet d’être salée. Rexecode, un centre de recherche économique proche du patronat, a fait le calcul. Si les taux à dix ans se maintiennent à 3,7%, la France paiera 1,5 milliard d’euros d’intérêts en plus dès 2026, et environ 4 milliards de plus en 2027. La seule charge de la dette deviendra alors quasiment le premier poste de dépenses, devant le budget de l’Éducation ou celui de la Défense. De quoi plomber encore un peu plus nos finances publiques, mais aussi l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Car la dette, ne l’oublions pas, est un héritage que l’on lègue aux générations futures.
Source : www.franceinfo.fr

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