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ALINE MORCILLO / Hans Lucas via AFP
Le délai pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste a explosé au cours des dernières années (photo d’illustration lors d’une consultation à Champigny-sur-Marne en 2022)
Les difficultés à obtenir un rendez-vous chez un médecin spécialiste sont bien connues, tout comme celles à trouver un médecin traitant. Mais le baromètre de la Fondation hospitalière de France publié mardi 17 mars révèle l’aggravation d’un autre indicateur de l’accès au soin : le délai pour obtenir une consultation chez un généraliste a augmenté de façon inquiétante au cours des dernières années.
Alors qu’un patient devait en moyenne attendre quatre jours pour voir son médecin généraliste en 2019, ce délai a bondi à 10 jours en mars 2024 puis à 12 jours en 2026, alerte l’association.
Des statistiques qui n’étonnent pas Julie, 36 ans. « Notre médecin traitant – depuis avril 2025 seulement – ne répond quasiment pas au téléphone et n’a pas de répondeur, donc la prise de rendez-vous se fait via Doctolib. Le délai est d’environ trois semaines, et il y a très peu de créneaux d’urgences pour le jour même », déplore-t-elle. Face à l’urgence, la Vendéenne a déjà eu recours au 116-117, le numéro national permettant de contacter un médecin généraliste de garde aux heures de fermeture des cabinets médicaux.
« J’ai passé une heure à appeler une dizaine de médecins »
Émilie*, 26 ans et habitante de l’Essonne, a eu beaucoup de difficultés à consulter la dernière fois qu’elle est tombée malade. « J’avais besoin d’un arrêt de travail et j’ai passé une heure à appeler une dizaine de médecins. Au final, l’un d’eux m’a conseillé d’attendre le soir pour obtenir une consultation SOS médecins », raconte-t-elle.
En définitive, la jeune femme, qui n’a plus de médecin traitant depuis un an, a trouvé sur Doctolib un rendez-vous à 25 minutes de route de chez elle. « J’ai dû prendre la voiture alors que je n’étais pas trop en état, j’avais de la fièvre. C’est très frustrant parce qu’il y a une dizaine de médecins dans mon quartier que je pourrais aller voir à pied, il y en a même un dans ma rue, mais il n’a jamais de rendez-vous. »
SOS Médecins et téléconsultation
« J’ai la même médecin traitant depuis 10 ans. Avant, je pouvais avoir un rendez-vous rapidement et, quand j’étais malade, elle me prenait généralement dans la journée, se remémore Aurélie*, trentenaire qui réside dans le Val-d’Oise. Aujourd’hui, ce n’est plus mon premier recours et je préfère passer directement par SOS Médecins. »
Avec SOS Médecins, « j’ai deux ou trois options plus ou moins éloignées de chez moi, mais je ne suis pas assurée de trouver un rendez-vous, il faut parfois rafraîchir en espérant un désistement. Quand c’est galère, je passe par une téléconsultation via Qare ou Livi. Ça dépanne mais ça ne remplace pas une consultation au cabinet ».
Récemment, Aurélie a dû se rendre à l’hôpital à cause de douleurs persistantes malgré une téléconsultation puis un rendez-vous chez SOS Médecins. « J’ai subi une errance diagnostique d’une semaine. Dans mon cas, c’est passé avec des antibiotiques et ce n’était pas trop grave. Mais cela aurait pu l’être pour une personne atteinte de maladie chronique. »
Se déplacer, parfois (très) loin
En périphérie d’une ville de la région Centre-Val-de-Loire, le parcours de Nadège* s’est aussi terminé à l’hôpital. « J’ai eu un souci de dos en fin d’année dernière, je ne pouvais plus marcher. » Sans médecin traitant depuis plusieurs années malgré ses recherches, elle contacte alors une plateforme téléphonique de l’agglomération « qui permet d’orienter vers des médecins de garde en journée, sans que ce soit un service d’urgences non plus. »
Faute de consultations disponibles, l’échange tourne court. « Le médecin au téléphone m’a dit de m’étirer et de marcher sur un ton affreux. Résultat, j’ai dû aller aux urgences de l’hôpital, n’étant plus capable ne serait-ce que de m’asseoir par moi-même ni même de faire un pas. »
Pour Valérie*, qui habite Perpignan et dont le médecin traitant « a plus d’un mois de délai sur Doctolib », la solution est d’aller plus loin. « Je vais à Montpellier, ce qui est relativement loin, sinon à Paris », où les délais sont plus raisonnables. « J’ai un rendez-vous en dix jours pour la thyroïde ou n’importe quelle imagerie. » Un tourisme médical dont elle se passerait bien.
*Les prénoms ont été modifiés.
Source : www.huffingtonpost.fr

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