
Municipales 2026 à Millas. « Agir et s’engager ensemble » se maintient
19 mars 2026/2026/03/18/075-raa-oilstock260309-nppcb-1-69ba7ca4421d3002699570.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
« On s’achète du temps » : pourquoi le déblocage des stocks stratégiques de pétrole a peu d’effets sur le cours du baril
19 mars 2026« Vous êtes des pourritures ! Vous me donnez envie de vomir » : à Paris, une campagne des municipales sous haute tension
Depuis mardi soir, les Parisiens savent qu’ils devront choisir entre la droite rassemblée, la gauche socialiste et écologiste et la France Insoumise. Les deux premières listes sont au coude à coude et ne se font pas de cadeaux. Les coups portent parfois sous la ceinture.
« Vous êtes des pourritures ! Vous me donnez envie de vomir. Vous laissez 10 milliards de déficit. Vous n’avez pas honte ? »… L’homme semble ne plus pouvoir s’arrêter. Il tremble de rage. Boris Vallaud, planté au milieu du passage piétons, tente de contre-argumenter, mais le député peine à se faire entendre.
Sur le marché de la place Monge, au cœur du 5e arrondissement de Paris, la campagne municipale a pris des allures de pugilat. En ce mercredi matin ensoleillé, les équipes des candidats y distribuent leurs derniers tracts dans une atmosphère que la bonne humeur des commerçants ne parvient pas à détendre.
La veille, trois listes ont annoncé se maintenir : celle de Rachida Dati, en faveur de laquelle le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel et la candidate zemmouriste Sarah Knafo se sont désistés, celle du socialiste Emmanuel Grégoire et celle de l’Insoumise Sophia Chikirou.
Pris en tenaille
Gauche et droite sont donc désormais au coude à coude dans la capitale, ce qui justifie la présence d’une figure nationale sur le marché. « Il faut qu’Emmanuel Grégoire gagne car il a fait une belle campagne et c’est le seul qui tienne ses promesses », nous assure Boris Vallaud.
Mais le candidat socialiste se retrouve pris en tenaille entre une extrême gauche qui veut sa défaite et une droite qui ne retient plus ses coups. Près de la fontaine, les conciliabules qui occupent un petit groupe de militants en témoignent.
L’un d’eux raconte que dimanche dernier, dans un bureau de vote voisin, un assesseur proche de Rachida Dati a copieusement insulté l’un de ses homologues communistes qui surveillait l’urne adjacente, l’accusant de millions de morts de par le monde. Mais les tensions vont bien au-delà.
« Dati, ça n’est pas l’extrême droite » justifie un militant LFI
« Les équipes de Dati n’hésitent pas à nous traiter d’antisémites », nous explique, un peu sonnée, Marine Rosset, la tête de liste dans l’arrondissement.
L’un de ses colistiers nous montre un tract dans lequel la candidate de la droite unie Florence Berthout accuse les socialistes de s’être opposés à la « dénomination d’une école en hommage à un déporté juif » et d’être « soutenus par la Jeune Garde », groupuscule antifasciste proche de LFI impliqué à Lyon dans le lynchage du militant d’extrême droite Quentin Deranque.
« Toutes ces accusations sont évidemment fausses. Je pense que je vais porter plainte », nous assure gravement Marine Rosset, qui ne pensait pas avoir à se défendre d’une alliance qui n’existe pas à Paris.
Emmanuel Grégoire a en effet refusé de fusionner ses listes avec celles de l’Insoumise Sophia Chikirou.
« On fait attention quand on voit des journalistes »
Les équipes de celle-ci tractent un peu plus loin. « On ne va pas vous répondre. Enfin, ça dépendra de vos questions. On fait attention quand on voit des journalistes »… Luc nous accueille avec méfiance mais consent finalement à nous parler. Flyer mauve à la main, il explique que LFI continue à battre le pavé afin d’avoir le plus d’élus possible au Conseil de Paris, quitte à faire gagner Rachida Dati.
« Dati, ça n’est pas l’extrême droite », justifie le militant, qui en est certain : « Nos électeurs ne seraient de toute manière jamais allés voter Grégoire si Sophia Chikirou s’était retirée. Ici, ce sont des bourgeois, ils ne font pas la différence entre Dati et Grégoire. »
Panier rempli de courses accroché à son bras, Anne Biraben, tête de liste de Rachida Dati au premier tour, tente de rentrer chez elle. Elle est interpellée par une électrice de Sarah Knafo, qui exprime sa déception.
Mais Anne Biraben est confiante dans le résultat de dimanche : « Rachida Dati est hypermobilisée et ce soir, lors du débat, elle va plier le match, car c’est une femme tellement déterminée et d’une telle force… »
Un peu plus loin, les équipes de la candidate distribuent un tract qui pourrait émaner d’un groupe écologiste. En caractères bleus et verts, Rachida Dati y promet de végétaliser la capitale, de renforcer les pistes cyclables, de débitumer et de créer des îlots de fraîcheur…
Saura-t-elle convaincre les rares chalands en ce jour de marché de milieu de semaine ? Les équipes de campagne, au moment de distribuer leurs tracts, s’entendent presque toujours répondre : « Désolé, je ne vote pas à Paris ! »
Source : www.midilibre.fr

9999999
