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22 mars 2026Analyse : Les rédacteurs ont identifié les éléments essentiels de cette actualité.
L'article « Les multiples guerres de Nétanyahou, le Vietnam d’Israël ? » a retenu l'attention de notre équipe.
À ne pas oublier
Cela fait près de deux ans et demi, depuis le 7 octobre 2023, qu’Israël est dans un état de guerre quasi permanent. La doctrine israélienne en matière de sécurité nationale, en place depuis qu’elle a été définie par David Ben Gourion, prescrit des conflits de courte durée afin d’éviter toute perturbation économique risquant d’être catastrophique.
Benyamin Nétanyahou a sans nul doute enterré ce principe. Le conflit qu’il tente de faire connaître sous le nom de “guerre de la rédemption” est désormais le plus long de l’histoire du pays. La résilience et le moral des Israéliens sont mis à l’épreuve.
La guerre actuelle a aussi révélé l’énorme mensonge de Nétanyahou et de ses alliés, qui ont vanté lors du dernier conflit avec le Hezbollah [à l’automne 2024] de prétendus “succès”. Après qu’Israël a assassiné Hassan Nasrallah, Nétanyahou a proclamé que la milice chiite soutenue par l’Iran était pour ainsi dire vaincue, que son arsenal était épuisé et que sa hiérarchie était neutralisée. De la même manière, il a affirmé que son pays avait obtenu en Iran une “victoire historique” [après la “guerre des douze jours” contre l’Iran, en juin 2025].
En réalité, aucune de ces déclarations n’était vraie.
Des victoires illusoires
La capacité du Hezbollah à faire déferler les tirs de roquettes et de missiles sur des cibles en territoire israélien a pris au dépourvu les hauts responsables militaires. À la mi-mars, le Hezbollah a même réussi à coordonner ses attaques avec des tirs iraniens de missiles, démontrant ainsi sa force opérationnelle en dépit des chocs qu’Israël a infligés à ses deux adversaires.
Israël riposte maintenant par [des incursions terrestres qui risquent de dégénérer en] nouvelle invasion du Liban, ayant déjà provoqué le déplacement d’un million de Libanais. L’armée israélienne a mobilisé 450 000 réservistes dans ce cadre. Des représentants de l’État israélien ont averti que les affrontements se poursuivraient au Liban même après la fin de la guerre en Iran, aussi longtemps que le nécessiterait l’objectif peut-être inaccessible d’anéantir le Hezbollah.
Par ailleurs, le programme iranien de missiles n’a pas été affaibli autant que l’affirment Nétanyahou et ses alliés. Même si des avions de chasse israéliens et américains mènent leurs opérations sans réelle entrave des défenses antiaériennes de l’Iran, la République islamique continue de tirer plusieurs missiles chaque jour. Les stocks de missiles intercepteurs d’Israël seraient en outre faibles.
Par ailleurs, on ignore toujours la localisation et le volume de la réserve d’uranium fortement enrichi de l’Iran [il s’agirait de 400 kilos, dans le cadre du programme nucléaire iranien].
Israël a certes réussi à assassiner de nombreux dirigeants iraniens – le dernier en date étant Ali Larijiani –, mais beaucoup s’accordent à dire qu’Israël n’est pas près de renverser le régime des mollahs.
Une exaspération interne et internationale
Le discours de Nétanyahou à la fin de la guerre précédente contre l’Iran l’accule dans le contexte du conflit actuel. Il lui est en effet difficile de tourner à son avantage l’échec d’opérations dont il s’est vanté.
L’exaspération gagne aussi des circonscriptions qui soutiennent traditionnellement le Likoud : ce sont les populations à la périphérie sociogéographique d’Israël, qui ne se sont pas encore relevées des années précédentes de guerre ; mais aussi, semble-t-il, les plus va-t-en-guerre, déçus que les fanfaronnades de Nétanyahou ne soient que du vent.
Plutôt que d’applaudir les exploits militaires d’Israël et son étroite coopération avec l’armée des États-Unis, une grande partie de la population américaine est aujourd’hui convaincue qu’Israël a entraîné les États-Unis dans une guerre coûteuse et destructrice qui menace de faire dérailler l’économie mondiale.
Nétanyahou pensait peut-être que le monde le remercierait d’avoir tenté de faire tomber le régime iranien. L’inverse s’est produit.
Les opinions publiques se retournent contre Israël, dans le monde entier mais aussi aux États-Unis, où ce phénomène sera sans doute le plus lourd de conséquences : là-bas, des personnalités politiques de gauche comme de droite ont exprimé sur Israël des positions extrêmement critiques qui auraient été inimaginables il y a encore quelques années. Avant la guerre de 2026, la réputation internationale d’Israël était déjà très abîmée ; cela paraissait impossible, mais elle s’est dégradée plus encore.
Il n’y aura jamais de “victoire totale”
La longue série de guerres lancées par Israël à la suite du 7 Octobre, qui ont créé un bourbier militaire et une débâcle géopolitique, risque de devenir le Vietnam de Nétanyahou. Le Premier ministre espérait peut-être que la “guerre de la rédemption” favoriserait sa propre renaissance politique après l’échec catastrophique qu’ont été les événements du 7 Octobre.
Si les guerres en Iran et au Liban se concluent sans la “victoire totale” qu’ont promise Nétanyahou et ses alliés, ils devront sans doute faire face à la déception d’une population à qui l’on a vendu un produit qui n’a jamais été livré et qui, par définition, ne le sera jamais.
Nétanyahou devra expliquer aux Israéliens ce qui précisément a changé et ce qu’Israël a gagné. Il devra donner des gages de confiance pour assurer aux Israéliens qu’ils ne se retrouveront pas de nouveau, dans quelques mois, à se cacher dans des abris antiaériens pour se protéger de missiles fabriqués par l’Iran.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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