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11 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Un résumé concis de « Avant l’élection en Hongrie, l’opération diversion du RN sur le risque d’ingérence » selon notre équipe.
Points clés à connaître
NICOLAS TUCAT / AFP
Jordan Bardella et Fabrice Leggeri photographiés à la frontière italienne en février 2024 (Illustration – Nicolas TUCAT / AFP)
Prévues ce dimanche 12 avril, les élections législatives en Hongrie attirent une attention qui dépasse largement les frontières du pays. Et pour cause : elles pourraient signer la fin du règne de Viktor Orbán, perçu comme un cheval de Troie de Vladimir Poutine au sein de l’Union européenne et comme le modèle d’une droite réactionnaire que l’administration Trump cherche à promouvoir sur le Vieux Continent.
Côté français, alors que Marine Le Pen s’est rendue à Budapest il y a quelques semaines pour soutenir ce « dirigeant d’exception », une chute du Premier ministre hongrois serait vécue comme un désaveu pour le Rassemblement national, allié du Fidesz au Parlement européen. Anticipant cette éventualité, le RN prépare le terrain en désignant un responsable autre que la lassitude provoquée par 16 ans de pouvoir illibéral marqué par l’autoritarisme, la corruption et l’alignement avec le Kremlin : l’Union européenne.
L’UE ciblée, les autres ignorés
Dans une vidéo publiée sur son compte X ce vendredi 10 avril, et au nom du groupe des Patriotes pour l’Europe, le groupe présidé par Jordan Bardella au Parlement de l’UE, l’eurodéputé Fabrice Leggeri accuse Bruxelles d’exercer une empreinte sur le choix des électeurs hongrois. « Un mécanisme a été activé à l’approche de cette élection : le Rapid response system », s’indigne celui qui est poursuivi pour complicité de crime contre l’humanité.
« Officiellement, il lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères. Mais officieusement, il influence ce que les citoyens voient, et surtout ce qu’ils ne voient pas », accuse Fabrice Leggeri, jugeant ce dispositif déployé dans le cadre du « Digital service act » contraire « au respect de la démocratie ». L’élu lepéniste a raison sur un aspect clé : les élections en Hongrie font bien l’objet d’ingérences étrangères. Mais les acteurs sont moins à chercher du côté de Bruxelles que de Moscou ou Washington. À la fin du mois de mars, le site Euronews racontait comment une vaste opération de désinformation russe dénigrant l’adversaire de Viktor Orbán, Péter Magyar, se propageait sur le web hongrois.
Et ce, en produisant des faux sites d’informations reprenant les identités de titres sérieux, comme… Euronews. Aux manettes, le réseau pro-Kremlin Storm-1516, également dans le viseur des autorités françaises. Selon la plateforme d’investigation VSquare, le pouvoir russe a aussi mis sur pied un solide dispositif visant à soutenir la réélection de Viktor Orbán, par le biais notamment d’une journalistes de « polit-technologues, » spécialement envoyée à ces fins à l’ambassade de Russie de Budapest. Objectif : reproduire, en plus efficace, ce qui avait été entrepris lors des élections en Georgie en 2024.
Angle mort
Autre manifestation d’ingérence plutôt flagrante, car physique cette fois, le déplacement en fanfare du vice-président des États-Unis J.D. Vance pour soutenir officiellement Viktor Orbán. Une initiative qui a surtout consisté à taper sur Bruxelles et à accuser l’UE d’interférer dans le processus électoral hongrois. Ce qui, sans le moindre hasard, épouse le narratif europhobe déployé sur place par le Premier ministre sortant. « Il faut un sacré culot pour dénoncer des ingérences, en étant soi-même en campagne pour la réélection d’un dirigeant d’une puissance étrangère, à 8 000 kilomètres de son pays. L’internationale populiste est manifestement prête à toutes les manœuvres grossières pour garder le pouvoir », a réagi sur X l’eurodéputé Renew Fabienne Keller. À noter que le récit d’une UE qui voudrait contraindre le peuple hongrois à voter conformément aux intérêts de Bruxelles, et que reprend le RN, est aussi poussé par Moscou.
Cet angle mort dans la vidéo publiée par Fabrice Leggeri, qui réussit l’exploit de disserter sur les ingérences en Hongrie sans mentionner la Russie ni les États-Unis, met en lumière le double standard du RN en la matière, et sa propension à relativiser les activités menées par la Russie à l’encontre de plusieurs pays de l’UE. D’autant que sa prise de parole vise à dénoncer le système bâti, justement, pour lutter contre les tentatives d’ingérences numériques. Une diversion en bonne et due forme qui vise un double objectif : relativiser le potentiel échec électoral de l’allié hongrois et occulter les enjeux géopolitiques impliquant la Russie sur place. Rien, en tout cas, qui soit de nature à fâcher Vladimir Poutine.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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