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18 avril 2026Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
Quelques points clés à retenir concernant « « Sans confiance, difficile de faire la paix » ».
À retenir absolument
IBRAHIM AMRO / AFP
Un homme fait le « V » de la victoire au milieu des ruines dans la ville de Nabatieh, dans le Liban du sud, le 17 avril 2026.
Le Liban retient son souffle. Un cessez-le-feu de dix jours entre Beyrouth et Tel-Aviv est entré en vigueur ce vendredi 17 avril après avoir été annoncé par Donald Trump. Mais cette trêve, après un mois et demi de conflit entre Israël et le Hezbollah, sera-t-elle réellement respectée ? Rapidement, l’armée libanaise a dénoncé des violations de la part de l’État hébreu dans le sud du pays et l’agence de presse nationale libanaise a fait état d’un mort dans une frappe de drone.
L’opération militaire au Liban n’est « pas terminée », a assumé le ministre israélien de la Défense Israël Katz ce vendredi. « La zone de sécurité a été nettoyée des militants et des armes, est vide de résident, et continuera d’être débarrassée de l’infrastructure terroriste », a-t-il poursuivi, évoquant la possible « destruction de maisons dans les villages de première ligne » devenus « de facto » des « avant-postes terroristes ».
Selon les termes de la trêve, Israël se réserve le droit d’empêcher des attaques « planifiées, imminentes ou en cours » en prenant pour cible le Hezbollah. Ce dernier n’est pas en reste puisqu’il a indiqué dans un communiqué ce vendredi que ses « combattants garderont le doigt sur la gâchette car ils se méfient de la traîtrise de l’ennemi ». Les déclarations de part et d’autre ne plantent pas vraiment le décor d’une trêve apaisée et respectée même si les dirigeants libanais et israéliens se veulent optimistes.
Un manque de « bonne volonté » des différentes parties
« Un cessez-le-feu est toujours extrêmement difficile à mettre en place », souligne auprès du HuffPost le général François Chauvancy, consultant en géopolitique. Des incidents peuvent être constatés « à titre temporaire » en cas de « légitime défense », mais aussi parce qu’« il faut que le discours politique soit répercuté auprès des troupes et que les ordres de cessez-le-feu circulent ».
Ces problématiques ne sont pas exclusives au Moyen-Orient, appuie le général Chauvancy, rappelant que des problématiques similaires ont pu se poser avec la guerre en Ukraine. Malgré tout, le cas du Liban est rendu plus complexe par le cas que le Hezbollah n’est « pas une armée régulière ». « Il y a des commandements, des unités, mais les ordres ne sont pas toujours appliqués partout au même moment », pointe l’expert en géopolitique.
Au Liban, la situation est compliquée par des acteurs « extrémistes » dans les rangs israéliens ou du Hezbollah qui n’ont « pas forcément envie de voir la paix s’installer » et peuvent chercher à « créer des incidents ». La question du manque de « bonne volonté » des différents acteurs impliqués est aussi évoquée par Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à Sorbonne Université.
D’après lui, le « viol systématique » des trêves à Liban et à Gaza ces dernières années montre que « très souvent les différentes parties ne s’engagent jamais pleinement dans une forme de dialogue sain et raisonnable ». « L’acteur majeur dans la région », Israël, « n’a pas de raison de cesser la lutte » puisqu’il est « assuré du soutien quasi systématique de son parrain américain », souligne Guillaume Lasconjarias au HuffPost.
Une question de confiance dans l’adversaire
En face, les groupes comme le Hamas ou le Hezbollah ne souhaitent pas réellement et n’ont pas intérêt à entrer dans un « processus de négociation qui les conduirait à renoncer à leurs capacités », affirme l’historien militaire. Celui-ci relève que l’État libanais, lui, cherche sans doute à négocier « en toute bonne foi », mais qu’il a longtemps évité la question du désarmement du Hezbollah, qu’il n’a de toute façon « pas les moyens » d’impulser.
Cet enjeu est pourtant central selon les deux spécialistes contactés par Le HuffPost. Si le Hezbollah reste un « acteur de nuisance », il pourrait décider tôt ou tard de « reprendre le combat » contre l’État hébreu, qui ne se prive jamais de répliquer brutalement, abonde le général Chauvancy. Plus qu’un simple « proxy » iranien, le Hezbollah conserve « sa propre agentivité » avec une « volonté d’atteindre Israël », loin d’une « optique d’apaisement », décrit Guillaume Lasconjarias, qui juge qu’« un cessez-le-feu est particulièrement difficile dans ce cadre-là ».
L’historien militaire souligne en outre que la différence de nature entre un État comme Israël et les groupes armés avec lesquels il s’oppose – qu’il s’agisse du Hezbollah au Liban ou du Hamas à Gaza – ne favorise pas la confiance entre les parties, et donc le respect d’un cessez-le-feu. « Ici, il n’y a pas le parallélisme des formes et le cadre diplomatique qui peuvent exister quand ce sont deux États qui négocient », explique-t-il.
« Dès lors que vous n’avez pas confiance dans le camp adverse, comment voulez-vous faire la paix ? », appuie également le général Chauvancy, revenant sur la « méfiance pluri-décennale » entre les différents acteurs qui rend toute négociation « difficile à atteindre ». Le soupçon mutuel qui règne ne peut que favoriser une trêve précaire ou « paix armée », estime-t-il, avec la « possibilité de reprendre le combat pour un oui ou pour un non ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’équipe continuera à observer la situation pour mieux informer nos lecteurs.

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