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Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « Le ministre de Trump qui brandit les valeurs chrétiennes pour justifier la guerre ».
Les points essentiels à retenir
L’article de la semaine
Pourquoi cet article
Le chapitre 5 du programme de première invite les élèves à s’interroger sur les relations complexes qui existent entre la religion et les États. Si l’on constate un vaste mouvement de sécularisation dans les États occidentaux depuis le XIXe siècle, les États-Unis font exception, tant le religieux reste présent dans la vie quotidienne et la vie politique des Américains.
Cet article du New York Times qui s’intéresse à la figure de Pete Hegseth, ministre de la Défense américain, illustre cette empreinte du religieux dans la vie politique. En effet, sous les mandats de Donald Trump, la religion chrétienne semble occuper une place toujours plus importante, et les références bibliques inondent désormais les discours.
S’il ne fallait retenir qu’une citation
“Depuis le Pentagone, il a invité ses concitoyens à prier pour la victoire des États-Unis et la sécurité de leurs soldats : ‘Chaque jour, à genoux, en famille, à l’école, à l’église, a-t-il précisé. Au nom de Jésus-Christ.’”
Le ministre de la Défense de Donald Trump, Pete Hegseth, est un fervent chrétien évangélique, proche des fondamentalistes et de l’extrême droite américaine. Comme le montre cette citation, il multiplie les références à la religion chrétienne dans ses discours, souvent pour justifier les opérations militaires américaines dans les Caraïbes ou au Moyen-Orient.
Ainsi, il assure que “la divine Providence” veille sur les soldats américains et que les opérations de lutte contre les cartels s’inscrivent dans le cadre d’une guerre qui a d’abord pour but de défendre les valeurs chrétiennes contre le “narco-communisme”.
Ce discours religieux qui oppose la sphère chrétienne au communisme athée était déjà largement véhiculé à la fin de la guerre froide par un président comme Ronald Reagan (au pouvoir de 1981 à 1989). Mais Pete Hegseth va encore plus loin, car il justifie toutes les actions aujourd’hui menées à l’étranger par l’administration Trump au nom de la sauvegarde des valeurs chrétiennes de l’Occident. Et place ces interventions sous la protection de Dieu lui-même.
Le ministre de la Défense arbore plusieurs tatouages faisant référence au christianisme, en particulier aux croisés. Dans son livre American Crusade (“Croisade américaine”, inédit en français), il affirme que les croisades du Moyen Âge étaient une nécessité pour lutter contre la menace de l’islam. Pour une partie de la droite chrétienne américaine, l’intervention en Iran est elle aussi une guerre de civilisation entre la chrétienté et l’Islam.
Cependant, ses prises de position suscitent des protestations. Il a instauré au sein du Pentagone (le ministère de la Défense) un office chrétien mensuel. Or environ 70 % seulement des soldats américains se définissent comme chrétiens : les autres se trouvent donc exclus de cette prière collective. Et c’est le principe même de ce qu’on appelle la “religion civique américaine” qui est mis en question. Ce principe admet que la religion est présente dans la vie quotidienne des Américains et que Dieu – sans qu’il soit précisé lequel – protège la nation. En faisant référence explicitement au christianisme, Pete Hegseth rompt ce contrat tacite et attaque ainsi directement le principe de laïcité, qui veut que l’État ne soit d’aucune religion et accepte l’existence de toutes les religions.
Plusieurs responsables chrétiens de haut rang comme le pape Léon XIV ou le cardinal et archevêque de Washington, Mgr Robert McElroy, dénoncent ouvertement les prises de position du ministre de la Défense américain et s’opposent à cette vision guerrière de la religion. Le pape a même explicitement demandé l’arrêt des combats en Iran.
Preuve de l’attrait du ministre de la Défense pour une interprétation belliqueuse de la religion, il a cité lors d’un office au Pentagone, le 15 avril, une prière ressemblant fortement à la tirade du tueur à gages interprété par Samuel L. Jackson dans le film Pulp Fiction, qui fait référence à un verset biblique !
Pour aller plus loin
Voici trois articles qui montrent que les autorités religieuses n’hésitent pas à critiquer la politique de l’administration Trump :
Et ce qu’il ne fallait pas rater non plus cette semaine
Pour poursuivre ces réflexions sur le poids du religieux, nous pouvons proposer aux élèves de première la lecture de cet article de l’hebdomadaire britannique The Economist, qui revient sur la visite de Léon XIV en Afrique. Un continent où vit 1 catholique sur 5.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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