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23 avril 2026Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Nos rédacteurs considèrent que « on vous explique la situation, entre double blocus, attaques de bateaux et déminage » est un article à suivre.
Ce qu’il faut observer
C’est un blocage qui fait les gros titres depuis bientôt deux mois. Malgré la prolongation du cessez-le-feu entre Iran et États-Unis, le trafic maritime reste fortement perturbé dans le détroit d’Ormuz, victime de l’embrasement régional lancé par les frappes israélo-américaines le 28 février dernier. Le sort de cette bande de mer large d’une cinquantaine de kilomètres tient les marchés en haleine : il faut la traverser pour entrer et sortir du Golfe Persique et donc accéder au pétrole très convoité des pays de la zone.
L’empêchement partiel ou total du passage dans le détroit, pris en tenailles entre l’Iran et le sultanat d’Oman, a fait flamber les prix de l’or noir et donc des carburants – et par ricochet ceux de bien d’autres produits, du cannabis aux préservatifs. Ce jeudi 23 avril, les acteurs économiques et financiers espèrent toujours la reprise de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis. Si Donald Trump s’est montré optimiste, jugeant « possible » une reprise d’ici vendredi, le bras de fer se poursuit pour le moment dans le détroit d’Ormuz.
Bateaux arraisonnés, blocus des ports, pose de mines… Le HuffPost fait le aspect clé sur cette situation géopolitique complexe, au cœur du conflit qui secoue le Moyen-Orient.
• Un premier blocus iranien…
En réalité, il n’y a pas un mais deux blocus en cours dans la zone. Le premier, iranien, a débuté dans la foulée des frappes israélo-américaines de la fin février, Téhéran n’autorisant qu’un nombre très limité de navires à franchir le détroit qui fait par endroits à peine quelques kilomètres de large. Le trafic maritime est passé « presque immédiatement » d’environ 130 bateaux par jour à seulement une poignée, décrit le New York Times. L’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis le 8 avril et l’annonce de la réouverture du détroit a redonné espoir aux marchés.
À la place des routes habituelles, les Gardiens de la révolution iraniens ont alors proposé des routes « alternatives » plus au nord, mais le trafic est resté largement paralysé. Au 10 avril, il était « toujours inférieur de 90 % aux niveaux normaux et était presque entièrement porté par le commerce iranien », analysait Bridget Diakun, analyste à Lloyd’s List Intelligence cité par l’AFP. Cette réouverture n’a pas duré, la faute à un autre blocus, américain cette fois-ci.
•… devenu un double blocus avec l’intervention de Washington
Face aux pourparlers qui piétinent et à l’annonce, très décriée, de la mise en place d’un « péage » par l’Iran dans le détroit, Donald Trump a annoncé le 12 avril un blocage par « la marine américaine » de « tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit ». L’armée et le président étasuniens ont ensuite précisé que la mesure viserait les ports iraniens. Sa mise en place est décrite sur la carte ci-dessous, réalisée par la BBC.
BBC
Carte réalisée par la BBC et indiquant les côtes et les ports iraniens visés par le blocus américain.
Ce blocus américain a été dénoncé par Téhéran, qui l’assimile à de la « piraterie » et a annoncé, samedi dernier, reverrouiller le détroit d’Ormuz quelques jours après sa réouverture. Des représailles de nouveau assumées mercredi par le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. « La réouverture du détroit est impossible tant que le cessez-le-feu est ouvertement bafoué » par le blocus étasunien, a-t-il écrit sur X.
La refermeture d’Ormuz n’a pas fait reculer la Maison Blanche, qui poursuit le bras de fer. Depuis le début de l’opération autour des ports iraniens, les forces américaines ont « ordonné à 31 navires de faire demi-tour ou de regagner leur port », a indiqué le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un message sur X mercredi.
• Les attaques et les arraisonnements de bateaux se poursuivent
Depuis dimanche, les franchissements du détroit d’Ormuz ont chuté, selon les données compilées par l’AFP, qui met en cause les doubles restrictions imposées par l’Iran et les États-Unis, mais aussi la multiplication des incidents impliquant des bateaux. L’agence de presse française, qui s’appuie sur les rapports de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO et de la société de renseignement Vanguard Tech, recense pas moins de sept incidents depuis samedi.
Les derniers remontent à mercredi, lorsque les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué l’arraisonnement de deux navires, le MSC-Francesca et l’Epaminodes, qui battent respectivement pavillons panaméen et libérien. La saisie du premier des deux bateaux a été confirmée par le ministère des Affaires étrangères du Panana, qui a accusé Téhéran de porter une « grave atteinte » à la sécurité maritime. Les traceurs des deux navires montrent qu’ils ont été transférés près des côtes iraniennes.
Lundi, ce sont les États-Unis qui ont arraisonné dans le golfe d’Oman un cargo battant pavillon iranien, le Touska. Washington l’accuse d’avoir voulu outrepasser son blocus maritime. « Mal lui en a pris », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, indiquant que les Marines américains ont pris « le contrôle du navire ». Aux arraisonnements s’ajoutent les attaques de bateaux par des vedettes iraniennes, décrites comme une « flotte moustique » en raison de leur petite taille et de leurs offensives furtives, plus difficiles à empêcher.
• L’épineuse question des mines
Quand bien même les négociations entre Washington et Téhéran avanceraient au pas de course, un autre facteur pourrait perturber la circulation dans le détroit pendant plusieurs mois : les mines. L’Iran dit en avoir placé en mer, mais leur nombre précis n’est pas connu, rapporte The Guardian. La question avait déjà été soulevée aux cours des dernières semaines, notamment à la mi-avril.
Alors que Téhéran avait annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient indiqué que les bateaux devraient emprunter des routes « alternatives » plus au nord et plus proches des côtes iraniennes. Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous, les eaux situées à proximité d’Oman, où passaient d’ordinaire les bateaux, sont désormais indiquées comme une « zone dangereuse » par l’armée idéologique de l’Iran.
VALENTINA BRESCHI, SYLVIE HUSSON / AFP
Carte réalisée par l’AFP et montrant les routes « alternatives » proposées par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la « zone dangereuse » où se trouveraient des mines.
Cet espace de 1400 km2, l’équivalent de 14 fois la superficie de Paris, pourrait contenir des mines marines. La semaine dernière, Donald Trump avait assuré que Téhéran, « avec l’aide des États-Unis », avait « retiré » ou était « en train de retirer » tous ces engins explosifs – une actualité que n’a pas confirmée la République islamique. Une chose est sûre, le déminage pourrait durer longtemps.
Trois responsables anonymes cités mercredi par le Washington Post ont révélé qu’au cours d’une présentation classifiée réalisée par le Pentagone au Congrès américain, « les parlementaires ont été informés que l’Iran pourrait avoir posé 20 mines ou plus dans le détroit d’Ormuz et aux alentours ». Le déminage « pourrait prendre six mois », affirme le journal américain, dont les informations ont été démenties par le ministère américain de la Défense.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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