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27 avril 2026Analyse : Notre rédaction partage quelques observations générales.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « certains expatriés quittent l’Asie du Sud-Est ».
À retenir
Les effets en cascade de la guerre en Iran se poursuivent sur les économies d’Asie du Sud-Est. Très dépendants des ressources en hydrocarbures provenant des pays du golfe Arabo-Persique, les pays de la région subissent l’inflation liée aux perturbations sur les approvisionnements. En outre, une nouvelle menace pèse sur un équilibre du marché du travail déjà fragile : les conséquences de la baisse des transferts financiers venant des nombreux travailleurs expatriés dans la région.
Les Philippines sont les plus exposées, en tant que première source de main-d’œuvre d’Asie du Sud-Est pour le Moyen-Orient. Selon le ministère des Travailleurs migrants philippin, 1,1 million de Philippins vivaient au Moyen-Orient en janvier dernier. Les transferts des expatriés tous pays confondus représentaient 8 % du PIB en 2024.
Deux Philippins ont été tués en Israël et 4 200 ont été rapatriés depuis le début de la guerre. Malgré les risques pour leur sécurité, la plupart des travailleurs philippins et d’autres pays d’Asie du Sud-Est installés au Moyen-Orient restent sur place, constate Nikkei Asia.
Ainsi, l’Indonésie a annoncé que sur ses 32 000 ressortissants enregistrés, 2 300 ont été rapatriés. “De nombreux autres Indonésiens sans papiers seraient actuellement dans les pays du Golfe”, écrit le journal.
Salaires attractifs
Norma Tactacon, employée de maison philippine, explique à la BBC son choix de rester au Qatar, où les sirènes retentissent. Sa décision de partir y vivre, et d’y rester alors que la guerre l’inquiète, tient à son souhait de pouvoir payer les études de ses trois enfants, restés aux Philippines. “Les employés de maison philippins gagnent un salaire minimum de 500 dollars par mois, soit de quatre à cinq fois plus que le niveau de revenu qu’ils pourraient espérer chez eux.”
Ryszard Cholewinski, spécialiste des questions migratoires au bureau régional de l’Organisation internationale du travail à Beyrouth, au Liban, constate dans le Nikkei Asia que de nombreux travailleurs migrants sont guidés par la nécessité économique : “[Ils] doivent continuer à subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays grâce aux transferts de fonds.”
Toru Nishihama, économiste en chef chargé des économies émergentes à l’Institut de recherche Dai-ichi Life, installé à Tokyo, alerte : “Une baisse des transferts de fonds risque d’éroder le pouvoir d’achat des ménages et de peser sur la consommation privée, l’un des principaux moteurs de la croissance philippine ces dernières années. Cela risque de porter un nouveau coup à une économie déjà aux prises avec la hausse du carburant.”
Vers des destinations de substitution
Toutefois, face au danger, le ministre de l’Emploi thaïlandais a suspendu le départ des travailleurs vers le Moyen-Orient, note le quotidien The Nation. En quête de destinations autres que ces pays secoués par la guerre, le gouvernement philippin explore diverses solutions pour sa main-d’œuvre. Ainsi le ministre des Travailleurs migrants, Hans Leo Cacdac, est en pourparlers afin de débloquer plus de 200 000 emplois vers l’Asie, l’Afrique, l’Europe ou les Amériques, relate Sun Star.
Mais, avant d’envoyer des Philippins dans de nouveaux pays, des facteurs tels que la langue, l’affinité culturelle et la distance à parcourir devraient être pris en compte, estime Jeremaiah Opiniano, le directeur exécutif de l’Institut pour la migration et les enjeux de développement, un groupe de réflexion dont le siège est à Manille :
“Nous devrons peut-être examiner la volonté des Philippins de s’essayer à des marchés encore peu explorés, comme l’Asie centrale, l’Europe de l’Est, l’Afrique ou l’Amérique latine.”
Pour les travailleurs qui ont quitté leur emploi au Moyen-Orient par crainte de la guerre, le retour n’est pas sans écueil, tant la situation économique complexifie la recherche d’emploi. Ainsi de Merlyn Villas-De Lara, une aide ménagère qui travaillait au Qatar depuis deux ans et dont le domicile était proche d’une base militaire américaine visée par des bombardements iraniens, comme elle le raconte à Nikkei Asia. Si elle s’est sentie soulagée lorsque son employeur a pris l’initiative de lui payer son billet de retour, une fois revenue, elle ne savait plus comment s’occuper. C’est le manque de perspectives aux Philippines qui l’avait poussée à partir. “Cette guerre a affecté nos sources de revenus. Alors que nous pourrions décider de reprendre le travail, nous en sommes empêchés en raison du traumatisme et de la peur.”
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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