Tacle à Nagui, fiches de paies manquantes, suites d’hôtel à 1900€… Charles Alloncle réagit à l’adoption de son rapport
28 avril 2026
Le journal de 8h du mardi 28 avril 2026
28 avril 2026Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Selon nos experts, « Au Liban, la double menace de guerre civile et d’occupation israélienne » mérite une attention particulière.
Analyse rapide
Au moins les termes de la contradiction sont clairs. Le chef du Hezbollah libanais, Naïm Kassem, et le président de la République du Liban, Joseph Aoun, se sont opposés radicalement hier, montrant à quel point le Liban est profondément divisé alors que la guerre n’a jamais réellement cessé avec Israël.
Le leader du Hezbollah a qualifié la décision du gouvernement de négocier directement avec Israël de « concession gratuite, humiliante, et sans nécessité, et dont la seule justification est une soumission sans contrepartie ». Le président libanais lui a répondu brutalement deux heures plus tard que « la véritable trahison est commise par ceux qui entrainent leur pays dans la guerre pour servir des intérêts extérieurs ». Tout le monde aura compris qu’il visait l’Iran, le parrain du Hezbollah.
Cette fracture profonde complique tout règlement de la crise libanaise, qui a ses propres ingrédients par rapport à celle qui se déroule dans le Golfe, avec l’Iran. La dimension intérieure libanaise est cruciale, avec le spectre de la guerre civile qui plane en permanence, plus de trente ans après celle qui a déchiré le pays des années durant.
Pourquoi ces échanges brutaux ? Le Liban a été inclus in extremis le 17 avril dans le cessez-le-feu conclu avec l’Iran par les États-Unis. Israël voulait poursuivre sa guerre avec le Hezbollah malgré la trêve sur le front iranien, mais Donald Trump a finalement imposé le cessez-le-feu. Hier, le chef du Hezbollah a remercié l’Iran pour cette trêve, mais à Paris on revendique une part de responsabilité dans le réalité d’avoir convaincu Trump de l’imposer à son allié israélien.
Mais le cessez-le-feu n’a rien réglé. Des combats se poursuivent dans le sud, bien qu’Israéliens et Libanais se soient rencontrés à Washington, sous l’égide des États-Unis. On est très loin d’un quelconque accord pour une raison simple : l’État libanais n’a pas les moyens de désarmer le Hezbollah comme l’exige l’accord de cessez-le-feu de 2024 et les termes de la négociation actuelle.
Le Hezbollah refuse de rendre les armes, s’inscrivant clairement dans la stratégie iranienne de faire pression sur Israël et les États-Unis. C’est cette logique qui a poussé le mouvement chiite à tirer sur Israël à l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, le guide suprême iranien, replongeant le Liban dans la guerre, au grand dam des autres communautés du pays.
Les amis du Liban, à commencer par la France, proposent de donner à l’État libanais, et donc à son armée nationale, les moyens de faire respecter les décisions prises par le gouvernement de désarmer le Hezbollah. Dans le même temps, Israël évacuerait les territoires qu’il occupe dans le sud, et qu’il est en train de transformer durablement en zone tampon.
Mais ce scénario se heurte à une double intransigeance : celle d’Israël qui ne fait pas confiance au gouvernement libanais pour mener à bien cette tache ; et celle du Hezbollah engagé dans une bataille plus grande, au nom de l’Iran. Face à ces deux intransigeances, il y a la faiblesse de l’État : un exemple, lorsque le gouvernement a déclaré l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth persona non grata il y a un mois, celui-ci n’a pas obéi à l’ordre d’expulsion : il serait toujours à Beyrouth. Une partie des Libanais rêve de voir l’État se ressaisir et agir contre le Hezbollah.
Comment empêcher la logique de guerre de l’emporter de nouveau ? Une fois de plus, le sort des Libanais n’est pas vraiment entre leurs mains.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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