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1 mai 2026« Le 1er mai, ce qui reste en travers de la gorge de la classe dominante, c’est qu’en réalité, on se mobilise », affirme Olivier Besancenot, cofondateur et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). – franceinfo
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Un résumé concis de « « Le 1er mai, ce qui reste en travers de la gorge de la classe dominante, c’est qu’en réalité, on se mobilise », affirme Olivier Besancenot, cofondateur et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). – franceinfo » selon notre équipe.
Récapitulatif des informations
Invité de La Matinale ce 1er mai, Olivier Besancenot, co-fondateur et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), réagit à la polémique autour des dérogations permettant à certains commerces de travailler lors de la fête des travailleurs. Il dénonce une « offensive idéologique » contre le 1er mai et alerte sur une remise en cause plus large du Code du travail et des droits sociaux.
À l’occasion du 1er mai, marqué cette année par des dérogations controversées permettant à certains commerces d’ouvrir, la question du sens et de l’avenir de la fête des travailleurs s’invite dans le débat politique. Invité de La Matinale, Olivier Besancenot, co-fondateur et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), dénonce une remise en cause progressive du droit du travail et appelle à replacer l’urgence sociale et le partage du temps de travail au cœur des mobilisations.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Serge Cimino : C’est un 1er mai particulier, non pas forcément pour la journée des travailleurs elle-même, mais parce que certaines professions boulangers, fleuristes, artisans notamment qui n’étaient pas autorisées à travailler auparavant vont désormais pouvoir le faire avec leurs salariés. Quelle est déjà votre réaction face à un projet de loi qui n’a pas encore été discuté, mais qui semble pourtant s’appliquer dès aujourd’hui ?
Olivier Besancenot : Oui, un texte qui va déjà plus vite que la musique. C’est en plus une véritable usine à gaz : pour s’y retrouver, il faudrait presque un GPS tant les évolutions changent d’un jour à l’autre. On note aussi, au passage, une petite attaque contre l’inspection du travail, pourtant théoriquement indépendante. Des instructions sont données sans être officiellement assumées.
Le Premier ministre avait effectivement annoncé, dans un premier temps, dans la cour de Matignon, avoir échangé avec les fleuristes et les boulangers. Il est ensuite revenu sur ses propos dans un communiqué publié le 28 avril, affirmant que les inspecteurs du travail pouvaient exercer normalement leurs missions, c’est-à-dire verbaliser ceux qui ne respectent pas la loi. Mais laquelle exactement ? C’est là que beaucoup se sentent complètement perdus ce matin.
Oui, cela fait partie du jeu politique. Mais derrière tout cela, il y a une véritable fixette, une offensive idéologique qui ne date pas d’hier. Depuis des années, on cherche à s’attaquer au 1er mai, non seulement parce qu’il s’agit d’un jour chômé et férié, mais aussi parce qu’il représente une journée de lutte. Pour moi, le 1er mai est une journée de combat. C’est une date particulière dans l’histoire de notre pays, marquée par la question de la répartition des richesses et du partage du temps de travail. Historiquement, tout commence en 1889, lorsque le mouvement socialiste international décide d’instaurer une journée internationale de mobilisation pour revendiquer la journée de huit heures. Il faudra attendre 1919 pour que cela aboutisse, et il y aura eu des morts. Des générations entières se sont battues pour ces droits. Avant nous, des générations d’ouvriers, d’ouvrières, de travailleurs, de chômeurs et de retraités ont lutté, parfois durement, non pas pour fermer les boulangeries, mais pour que chacun puisse manger du pain. C’est donc une question sérieuse.
Au-delà de la symbolique, est-ce que cela inverse complètement l’histoire du 1er mai ?
Absolument. C’est une inversion supplémentaire des thématiques, et il ne faut pas tomber dans ce piège. C’est aussi l’occasion de rappeler l’urgence sociale dans notre pays. Nous traversons une période de crise, marquée notamment par l’inflation. On pourrait par exemple remettre sur la table l’indexation des salaires sur les prix, une mesure susceptible de rassembler l’ensemble du mouvement ouvrier ainsi que la gauche sociale et politique, malgré leurs divergences.
On entend notamment Gabriel Attal, qui a repris une proposition de loi finalement rejetée par ses auteurs la fameuse motion de rejet préalable. Il déclarait hier dans Le Figaro : « Le droit du travail empêche trop souvent le droit au travail. » Est-ce, selon vous, le début d’une présidentielle centrée sur la thématique du travail ?
Oui, c’est une vieille thématique, mais ce n’est pas une thématique du travail : c’est une offensive contre le monde du travail.
Considérez-vous donc cette réforme et ces dérogations comme antisociales ?
Oui. Il s’agit d’une dérogation supplémentaire qui s’inscrit dans une attaque de long terme contre l’ensemble du Code du travail et des droits sociaux, c’est-à-dire tout ce qui permet à la population d’être protégée et de s’en sortir. On pourrait pourtant parler d’autres urgences sociales. Je pense par exemple à la fermeture de l’usine Stellantis de Poissy, aux salariés mobilisés, aux suicides au travail : nous en sommes au douzième suicide de cheminots depuis le mois de janvier. Cela rappelle une nouvelle affaire France Télécom. Il y a également les accidents du travail : 100 000 jeunes de moins de 25 ans en sont victimes, certains y perdent même la vie. C’est malheureusement un fléau bien français. Toutes ces questions mériteraient d’être traitées sérieusement. Ce qui dérange réellement dans le 1er mai, ce n’est pas seulement le caractère férié de la journée, mais le cas que l’on se mobilise. Aujourd’hui, des manifestations auront lieu, en France comme ailleurs, pour dire clairement que nous ne nous laisserons pas faire.Il existe encore un Code du travail et des droits sociaux précisément parce que d’autres, avant nous, se sont battus pour les obtenir. Et nous entendons les faire respecter.
L’argument du pouvoir d’achat vous paraît donc fallacieux ? S’agirait-il en réalité d’une attaque frontale contre le Code du travail, qu’elle vienne d’Édouard Philippe ou de Gabriel Attal ?
Oui. Augmentons d’abord les salaires : on verra alors qui souhaite réellement effectuer des heures supplémentaires. Cette prétendue liberté de choix n’existe pas. En réalité, il s’agit d’un chantage permanent à la nécessité de remplir son frigo. Augmentons donc les salaires et rétablissons l’indexation sur les prix. Ce mécanisme existait encore au début des années 1980 sans pour autant constituer un système socialiste intégral. Ensuite seulement, on pourra discuter sereinement du libre choix des salariés quant au fait de travailler davantage. Nous sommes ici au cœur d’un affrontement idéologique autour du libéralisme, avec deux camps politiques clairement opposés.
Je le rappelle, il s’agit d’un projet de loi qui n’a encore été ni discuté ni voté. Vous appelez néanmoins les députés de gauche et les syndicats à se mobiliser contre ce texte. Sans calendrier précis pour l’instant, ce combat est-il encore possible ou déjà perdu, dérogation après dérogation ?
Je pense que cela se jouera dans la rue. Je peux lancer des appels, mais mon influence reste limitée. Ce que j’espère avant tout, c’est une véritable unité sociale et politique, qui fait aujourd’hui défaut. Dans le camp syndical comme politique, il existe des discussions et des désaccords réels. Pourtant, nous devrions être capables de faire front commun face à une organisation politique adverse bien structurée, que ce soit sur ce projet de loi ou sur des revendications centrales. Je parlais de l’histoire du 1er mai : au cœur de cette histoire se trouve le partage du temps de travail. La réduction du temps de travail a longtemps été une revendication majeure du mouvement ouvrier. Il est temps de la remettre au centre du débat. Il y a toujours des chômeurs dans ce pays, des millions de personnes qui souhaitent simplement travailler. Et, dans le même temps, on demande à ceux qui ont un emploi de travailler toujours davantage. C’est illogique. Le travail devrait être partagé entre tous les bras et tous les cerveaux disponibles. Cela passe nécessairement par une réduction du temps de travail. Voilà la proposition que je défends. Je lance cet appel, sans savoir s’il sera davantage entendu.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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