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Notre équipe analyse l'article « essentiels pour le lien social, les commerçants de proximité s’estiment délaissés » pour en tirer les points essentiels.
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RMC vous dévoile en exclusivité une nouvelle étude du groupe d’études Destin commun, qui met en lumière l’importance des métiers de proximité dans la cohésion sociale. Laurence de Nervaux, Directrice Générale du think thank, défend des commerçants essentiels dans le quotidien des Français.
C’est une étude dévoilée en exclusivité qui met en avant les commerces de proximité. Publiée ce lundi 4 mai, elle révèle l’importance des ces commerçants dans le quotidien des Français. Pas assez valorisés, ils sont pourtant créateurs d’un lien social essentiel.
Laurence de Nervaux, directrice générale du think thank Destin Commun, est l’une des personnes à l’origine de cette étude appelée « Fraternels Professionnels ». Elle met en avant sur RMC que les coiffeurs, boulangers, pharmaciens, et tous les autres commerçants de quartiers sont des piliers invisibles de la cohésion sociale.
« Des remparts contre l’isolement »
Ce sont toutes ces personnes à qui on parle tous les jours sans même faire attention. Les aides à domicile, les facteurs, les vendeurs sur les marchés, les barmen. Des « professionnels du quotidien » comme les appelle Laurence de Nervaux, qui ont un rôle social essentiel.
« Ca part des relations familières, légères, simples, en apparence sans conséquence, qui sont en réalité de véritables artisans du lien, mais aussi des garants de la cohésion sociale », explique-t-elle au Morning RMC.
Car on dit que les Français ne se parleraient plus, « qu’on serait chacun dans notre bulle », mais en réalité ce lien est « extrêmement dense et important ». Selon elle, il permet à chacun « d’avoir des repères » avec des visages familiers, mais aussi de se confronter à des personnes qu’on ne croiserait pas dans d’autres contextes, « avec lesquelles parfois on est pas d’accord, avoir des discussions sur des sujets parfois un petit peu polémiques mais dans un cadre qui permet de se respecter, d’être aimable. »
Alors, à travers cette étude, ils ont souhaité « mettre en lumière » le rôle de ces professionnels qui ont « développé une réelle compétence pour entretenir ce lien social. »
« Ils peuvent être des remparts contre l’isolement, mais ils ont aussi un rôle qui dépasse largement leurs fonctions marchandes ou servicielles, qui relève quasiment du soin », analyse-t-elle.
Elle décrit ce qu’on appelle en anglais le ‘care’ mais dans une définition très large « où on a une attention à toute la personne. » C’est cette attitude, cette démarche qu’ils ont, « qui fait d’eux ce qu’on a appelé des fraternels professionnels. »
« Pas du tout reconnus »
Pourtant, après avoir interrogé beaucoup de commerçants mais aussi des clients, elles remarque que beaucoup d’entre eux, quand on leur parle de la devise nationale, considèrent que la fraternité est une valeur qui n’est pas bien mise en avant ou vécue en France.
Et cela se traduit notamment par ces petites interactions du quotidien qui ne sont pas justement appréciées, et qui éloignent les Français entre eux. Notamment lorsque les commerçants quittent les centres-villes. Pour la Directrice Générale du think thank Destin Commun, « c’est une grande perte, un grand manque à gagner. »
Paradoxalement, tous ces professionnels qu’ils ont eu l’occasion de rencontrer aux quatre coins de la France leur ont dit qu’au niveau individuel, « les Français leur témoignaient un grand attachement, de l’affection parfois et de la reconnaissance. »
« Mais au niveau sociétal, ils ne se sentent pas du tout reconnus. C’est un décalage qui nous semble problématique », analyse Laurence de Nervaux.
« Charge émotionnelle »
Un manque de reconnaissance notamment sur l’un des aspects les plus développés dans leurs métiers: l’échange, la discussion. Plusieurs coiffeuses, dont Jennifer, 41 ans, dans le Maine-et-Loire, expliquent à travers cette étude qu’il manque à leur formation « des cours de psychologie. »
« Plusieurs coiffeuses nous ont dit spontanément: on est des psys, c’est un peu notre deuxième métier. Les gens se confient, ils ont besoin de parler et on est là, on les écoute. Et souvent, ce sont des personnes qu’on suit années après années », détaille la sociologue.
Une situation similaire pour les facteurs entre autres, qui « disent avoir connu les grands-parents puis les parents et les petits-enfants. » Pourtant, selon l’étude, « ils ne se sentent pas formés et soutenus dans la charge émotionnelle qu’ils portent. »
C’est notamment le cas de Corinne qui a raconté le jour où une cliente lui a demandé de lui raser les cheveux pendant une chimiothérapie. Pour Laurence de Nervaux, c’est un moment « extrêmement intime et émouvant. »
« C’est Corinne qui est avec elle à ce moment-là, qui doit apprendre à trouver les bons mots et qui se sent un petit peu seule, démunie pour porter cette charge émotionnelle », détaille-t-elle.
Une meilleure reconnaissance?
Alors pour tous ces moments du quotidien qui aident les Français, ils demandent une meilleure reconnaissance. Et cela passe notamment par la question salariale, ce sont des négociations par branches qui doivent se faire.
Il y a aussi la « valorisation dans les parcours professionnels », donc « les acquis de cette expérience de l’humain, du lien, de la relation. » Mais également la « reconnaissance symbolique » qui peut passer par la fiction, « pour renouveler les représentations que nous avons de ces personnes ». Elle prend l’exemple du film « Vénus Beauté » sorti en 1999 qui avait mis en lumière ces professionnels.
« Il avait fait 1,4 million d’entrées, c’était énorme et il avait eu 4 Césars ce qui montre bien que ça rencontre un écho auprès du public », rappelle-t-elle.
Pourtant, dans l’étude, les coiffeuses ont parlé par exemple du jeu de société Blanc Manger Coco « en expliquant qu’il y a une carte qui dit ‘CAP coiffure’ avec une sorte de méprise et de dédain comme si c’était quelque chose de honteux. » Alors, elle persiste: « on est loin encore de la reconnaissance qu’on doit à ces professionnels. »
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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