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5 mai 2026« Dans les Pyrénées-Orientales, on adore la franc-maçonnerie, il s’y crée des obédiences, fédérations de loges, qui n’existent nulle part ailleurs » : l’interview transparence de Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Un résumé concis de « « Dans les Pyrénées-Orientales, on adore la franc-maçonnerie, il s’y crée des obédiences, fédérations de loges, qui n’existent nulle part ailleurs » : l’interview transparence de Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France » selon notre équipe.
Récap des faits principaux
Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Loge de France, obédience de franc-maçonnerie, dispensait ce mardi 5 mai 2026 une conférence à Perpignan intitulée « Osez pousser nos portes ». À cette occasion, le Grand Maître évoque l’augmentation de candidatures, les enjeux, les fantasmes et les travaux de la loge. Entretien.
Quelle est votre volonté en tenant cette conférence « Osez pousser nos portes » ?
L’idée c’est de dire que nous n’avons rien à cacher, venez découvrir qui nous sommes, poser toutes les questions que vous souhaitez. Mais aussi de présenter un peu la Grande Loge de France et répondre à toutes les questions que les gens se posent.
Y a-t-il une perte de vitesse de candidatures ou un besoin de « recruter » ?
C’est l’inverse. Nous avons de plus en plus de candidatures et c’est lié sans doute au chaos du monde. Je pense en particulier aux nouvelles générations. On est de plus en plus dans un monde de l’immédiat. Nous, on travaille plus dans le temps long. On est dans un monde de plus en plus superficiel, dans les relations humaines en particulier. Nous, on aime bien les choses qui sont plus dans la profondeur. On est dans un monde matérialiste. Nous, ce qui nous plaît, ce sont les sujets spiritualistes, les sujets immatériels, les valeurs. On cultive les questions, le doute, mais on ne cultive pas les certitudes.
Plus de jeunes rejoignent donc vos loges ?
Oui, ces aspects font que nous avons beaucoup de représentants de la nouvelle génération qui viennent nous voir en nous disant : j’ai besoin de me poser, j’ai besoin de retrouver une boussole à ma vie. Nous voyons un rajeunissement très spectaculaire de l’âge moyen de nos frères dans nos loges. Ça date d’il y a quelques années mais ça a tendance à s’accentuer avec la prégnance des réseaux sociaux qui, objectivement, rendent fous.
Dans les Pyrénées-Orientales, on adore la franc-maçonnerie
Quelle est la particularité des Pyrénées-Orientales ?
Vous avez toutes les grandes obédiences représentées, dans les Pyrénées-Orientales on adore la franc-maçonnerie. Il s’y crée des obédiences, fédérations de loges, qui n’existent nulle part ailleurs. C’est un phénomène très local. Il y a plusieurs raisons. La première, c’est qu’il s’agit d’une région militaire. Or, les loges étaient souvent amenées par les militaires. La deuxième réponse c’est qu’on est loin de Paris. La troisième c’est que les Catalans aiment beaucoup tout ce qui est association. Et la quatrième, qui n’est pas la moindre, c’est l’Espagne à proximité. Ils ont été persécutés, et le sont tous, donc certains sont venus en France faire continuer leurs travaux.
Aujourd’hui, quelles sont les priorités de la Grande Loge de France ?
Cette année, c’est la liberté de conscience. Nous pensons qu’aujourd’hui, elle est en grave danger. Parce qu’elle est très attaquée par tout ce qui est poussé de radicalité. On voit à quel point, aujourd’hui, les opinions des uns et des autres deviennent extrêmement radicales, et que l’on tolère de moins en moins la différence de l’autre. Et donc, nous avons décidé de nous investir dans un travail sur la liberté de conscience qui s’intitule très exactement « Liberté de conscience, ciment du vivre ensemble ». La radicalité, pour nous, est vraiment quelque chose de très nocif pour le vivre ensemble.
Notamment dans les Pyrénées-Orientales, la franc-maçonnerie est aussi accusée d’affairisme. Quelle est votre réponse ?
Nous avons un certain nombre de fantasmes sur la franc-maçonnerie en général dont l’entraide entre les francs-maçons pour faire des meilleures carrières. On a aussi des enjeux de pouvoir. Comme dans certaines autres obédiences que la Grande Loge de France. Mais on essaye de faire en sorte de vraiment filtrer ceux qui nous rejoignent. Néanmoins, on en a un certain nombre qui arrive avec de mauvaises intentions qui sont surtout des intentions de progression sociale et, comme vous le dites, d’affairisme. C’est une stricte minorité, mais elle nous nuit beaucoup. Et nous sommes extrêmement sévères à l’égard de ceux qu’on prend la main dans le sac.
La première obédience européenne à avoir initié des femmes
Quelle est la place des femmes dans ce milieu ?
La particularité de la Grande Loge de France, c’est que nous sommes, au XVIIIe siècle, la première obédience européenne à avoir initié des femmes qui se sont constituées en loges. En 1945, dans le grand mouvement d’émancipation des femmes, les loges de femmes de la Grande Loge de France ont souhaité créer leur propre obédience qui s’appelle la Grande Loge féminine de France, dans laquelle vous ne retrouverez que des femmes.
Comment se fait-il que contrairement à d’autres obédiences, les hommes soient d’un côté et les femmes de l’autre ?
Ça tient à cette méthode de travail très particulière qu’est la nôtre et à ces travaux très immatériels où l’expérience personnelle a sa place. Le « Rite écossais », depuis son origine, remarque que l’expression d’un homme est plus facile s’il n’y a pas le trouble de la présence des femmes. Pour les femmes, il en est de même, l’expression de quelque chose de très intime est plus facile s’il n’y a pas le regard ou le trouble de la présence des hommes.
Qu’est-ce que le « Rite écossais » dont vous parlez ?
Notre méthode de travail porte un très joli nom dont nous sommes très fiers : « Rite écossais ancien et accepté ». « Rite », c’est méthode de travail. « Écossais », parce qu’il se trouve que c’est né en Écosse, dans des arrière-salles de tavernes il y a plus de 300 ans. « Accepté », ce sont ces premières personnalités qui ne savaient pas tailler la pierre ou tailler le bois mais qui ont été acceptées. Et « ancien », parce qu’il se trouve que nous revendiquons d’être les héritiers de vieilles traditions.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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