
CAC 40 : L’indice parisien a ouvert la séance en hausse de +0.90%
6 mai 2026Découvrez comment les prix du gaz ont changé dans votre pays depuis le début de la guerre en Iran
6 mai 2026« La malédiction de la gauche, c’est de ne parler qu’à la gauche », estime Raphaël Glucksmann – franceinfo
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « « La malédiction de la gauche, c’est de ne parler qu’à la gauche », estime Raphaël Glucksmann – franceinfo ».
Les points essentiels à retenir
L’eurodéputé et vice-président de Place publique revient dans les « 4 Vérités » du 6 mai sur son refus catégorique de participer à une éventuelle primaire de la gauche hors-LFI. « On sera suffisamment adultes pour qu’il n’y en ait qu’un ou une », promet-il toutefois en évoquant le projet de son camp.
Si l’entrée dans la course à l’Elysée de Jean-Luc Mélenchon dimanche soir a peu surpris, la candidature du leader de La France insoumise crée des remous à gauche. Invité des « 4V » ce mercredi 6 mai, Raphaël Glucksmann, qui n’a cessé d’affirmer son opposition à la ligne mélenchoniste, estime que « c’est parfaitement normal » : « Il n’y aura pas de cris d’orfraie de ma part, c’est tout à fait logique qu’il y ait deux offres politiques qui s’affrontent », assure-t-il, avant d’évoquer son projet politique.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Gilles Bornstein : On va faire comme sur une chaîne concurrente dimanche soir, vers 20 h 35 : Raphaël Glucksmann, êtes-vous candidat à la présidentielle ?
Raphaël Glucksmann : Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Moi, ce qui m’obsède, c’est que la ligne politique que je porte et que j’incarne soit capable de gagner l’élection présidentielle, et qu’elle puisse rassembler. Nous ne sommes pas un dimanche, à 20 h 35, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y avait aucun suspense à la déclaration de Jean-Luc Mélenchon.
Il n’y en aura pas tellement pour vous non plus…
On savait tous depuis 2022 qu’il serait candidat. Mais en un sens, c’est parfaitement normal. Parce qu’en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes, des visions du monde, des visions de la France différentes. Et cela s’affronte devant les électrices et les électeurs, qui sont les seuls maîtres. Donc, il n’y aura pas de cris d’orfraie de ma part, c’est tout à fait logique qu’il y ait deux offres politiques qui s’affrontent, quand il y a deux visions du monde qui s’affrontent.
Il y a un candidat déterminé, organisé, avec un programme, et vous, dans le camp de la gauche réformiste, vous tergiversez. On ne sait pas qui est candidat, selon quelles modalités… A force, il va gagner ?
Non, il ne va pas gagner. Parce que je suis convaincu, et nous l’avons montré aux élections européennes, que notre ligne est majoritaire à gauche. On a fait 14 % aux élections européennes, pourquoi ? Parce qu’on a assumé une ligne sociale-démocrate, écologiste, viscéralement pro-européenne et attachée à la démocratie. Et oui, à un moment, il faut se mettre d’accord entre nous. Et à un moment, surtout, il va falloir répondre aux questions que se posent les Françaises et les Français. Aujourd’hui, ils ne sont pas obsédés par les courses de petits chevaux, ils sont obsédés par le prix à la pompe. Quelle est notre réponse pour qu’ils ne soient pas à ce point dépendants de la volatilité des prix du gaz et du pétrole ?
Ce sera la question d’après. Pourquoi refusez-vous la primaire ?
Parce que la malédiction de la gauche, c’est de ne parler qu’à la gauche. Ce qui nous intéresse, nous, c’est : comment on fait pour construire notre ligne politique ? Le rassemblement qu’on a initié avec Boris Vallaud, avec Carole Delga, avec Yannick Jadot, avec Nicolas Mayer-Rossignol est très simple : on se met d’accord sur le fond, sur les réponses qu’on a à apporter à la crise énergétique, sur la question du retrait américain de l’Europe, et donc de la nécessité d’affirmer la puissance et la souveraineté de la France, dans une Europe puissante et souveraine. Et ensuite, on crée une journalistes spécialisés et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placé(e). Je veux dire, nous sommes des adultes, nous savons les enjeux de cette élection. La France peut basculer dans le camp des poutinistes et des trumpistes en 2027, ou elle peut renouer avec un destin grandiose, et donc il n’y aura pas ce bal des égaux.
Et le candidat ou la candidate le mieux placé(e), ce n’est pas le vote qui le détermine ?
Mais ce qui compte d’abord, c’est : est-ce que nous sommes d’accord ? Est-ce que nous sommes d’accord sur la défense européenne ? Est-ce que nous sommes d’accord sur les politiques qu’on veut mener pour le pays ? C’est ça qui compte. Et ensuite, on détermine la meilleure ou le meilleur candidat. Et je vais vous dire une chose très simple : on sera suffisamment adultes pour qu’il n’y en ait qu’un ou une.
Vous parliez du carburant, c’est vrai que les prix remontent ce matin : 2,22 euros pour le gazole, 2,03 euros pour le sans-plomb 95 en moyenne. Sébastien Lecornu, hier, a annoncé un changement d’échelle dans les aides aux Français. Souhaitez-vous que le gouvernement fasse un effort financier supplémentaire ?
Oui, et ciblé. Et c’est ça qui est fondamental. Il faut que l’effort soit massif, mais qu’il soit ciblé sur les Françaises et les Français qui en ont réellement le plus besoin.
Pas d’aide générale, vous êtes d’accord avec le gouvernement ?
Mais moi, je pense que l’idée d’une baisse généralisée des taxes sur l’énergie serait une catastrophe, parce que ce serait socialement injuste. Je ne vois pas pourquoi on aiderait le propriétaire d’un SUV à partir en week-end en payant moins cher son essence. Par contre, l’infirmière libérale qui a besoin de sa caisse pour aller travailler…
Le gouvernement le réalité déjà, ça.
Oui, et donc il faut le faire plus, de manière plus massive et de manière plus rapide. Mais on est au deuxième choc pétro-gazier en cinq ans. En 2021-2022, le chantage au gaz de Vladimir Poutine puis l’invasion de l’Ukraine ont créé un choc terrible qui a entraîné la dépense de 100 milliards d’euros en France pour subventionner la consommation de gaz et de pétrole. Et donc, maintenant, il est temps de faire des investissements, pas simplement d’être pompier et d’arriver quand la crise arrive, mais de faire des investissements dans la transition écologique. Et moi, ce que je vois, c’est que quand nous réclamons 10 milliards pour faire en sorte que les Françaises et les Français qui en ont besoin puissent accéder via un leasing social à une voiture électrique, et donc ne plus être dépendants des décisions de Poutine ou Trump quand ils vont faire leur plein, eh bien, il n’y a pas d’argent magique, nous répond-on. Par contre, quand il s’agit de subventionner le gaz et le pétrole, oui, on trouve cet argent magique. Donc il est temps que l’État redevienne stratège. Vous savez, en 1973, il y a eu un choc pétrolier. C’était une décision du cartel de l’OPEP d’augmenter les prix du baril pour punir les États-Unis de leur soutien à Israël pendant la guerre de Kippour. La France n’avait rien à voir, ni avec la guerre de Kippour, ni avec le soutien américain, ni avec le prix du baril. Et les Françaises et les Français se sont rendu compte qu’ils étaient dépendants de décisions prises ailleurs parce qu’ils étaient dépendants uniquement du pétrole. Eh bien, l’État, qui à l’époque était un État stratège, a décidé d’une immense transition énergétique. C’était le plan Messmer, la construction de 55 réacteurs nucléaires en 20 ans, et ce qui nous a permis d’assurer notre indépendance. Et donc moi, ce que je veux, c’est qu’on renoue avec cet État stratège, et ce sera ça, l’un des enjeux fondamentaux de l’élection de 2027 : est-ce qu’on est capables à nouveau d’avoir un cap clair pour le pays ? Est-ce qu’on est capables de retrouver un rôle pour la politique, de direction de la cité, de dire aux gens où on va dans les années qui viennent ?
L’État dont vous parlez doit-il taxer Total, qui menace d’arrêter le plafonnement s’il y a une taxe sur les superprofits ? Que répondez-vous à Patrick Pouyanné ?
Que c’est du chantage et que nous ne céderons pas à ce chantage.
Donc il faut taxer Total.
En réalité, vous avez une entreprise, mais ce n’est pas la seule, qui fait des milliards de bénéfices sur une crise, pas parce qu’ils ont inventé un nouveau processus ou parce qu’ils ont eu un gain de productivité énorme. Non, ce sont des superprofits liés à la guerre. Et il faut faire ce que l’Europe a fait pendant le dernier choc pétro-gazier lié à l’invasion de l’Ukraine, c’est-à-dire taxer les superprofits.
Au niveau européen ?
Il faut le faire au niveau européen et il faut surtout que la France
Pas le faire au niveau national ?
On peut le faire au niveau national, mais ça aurait plus d’impact si c’était au niveau européen. Et la dernière fois que ça a été fait, ça a été fait au niveau européen. Et c’est la France qui a le moins bénéficié de cette taxe pour une raison très simple : c’est que l’assiette avait été mal définie et que l’application avait été trop laxiste. Donc il est temps que ceux qui font des fortunes sur les difficultés des Françaises et des Français et sur la guerre au Moyen-Orient contribuent à l’effort de solidarité nationale.
On n’aura pas le temps de parler de Donald Trump et de la guerre…
On est dans un moment de bascule pour toute notre civilisation, un moment de bascule où il faut qu’on affirme enfin notre indépendance. Est-ce que vous voulez une vie digne et libre ? Oui. Alors si vous voulez une vie digne et libre pour la France, il va falloir enfin construire cette puissance européenne. C’est le combat de notre génération et des années à venir.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

9999999/2026/05/06/69faec50f2375213897490.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)