Read in full
6 mai 2026
Donald Trump menace l’Iran de nouveaux bombardements en l’absence d’accord
6 mai 2026Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Rationnés, terrorisés par les missiles… 20 000 marins otages dans les eaux du Golfe ».
Ce qu’il est utile de savoir
• 20 000 marins sont bloqués dans le Golfe, confrontés à des conditions de vie difficiles et à des menaces constantes de missiles.
• Les syndicats alertent sur le stress émotionnel et les conditions précaires dans lesquelles ils se trouvent, appelant à des mesures pour garantir la sécurité et les droits des marins.
Les espoirs de quitter les eaux du Golfe pour les marins qui y sont bloqués s’amenuisent. Ce mercredi 6 mai, Donald Trump a fait volte-face en annonçant la suspension de son « Projet Liberté », censé permettre l’escorte des navires à travers le détroit d’Ormuz bloqué depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février dernier. L’opération vendue par le président américain comme « un geste humanitaire » et de « bonne volonté » en faveur des marins bloqués ne s’est pas soldée par un franc succès. Il revendique le passage de deux navires marchands alors que 20 000 marins sont toujours coincés dans le Golfe, et confrontés quotidiennement à la guerre.
Ce mardi 5 mai, c’est un bateau sous pavillon français qui en a fait les frais. Le porte-conteneurs « San Antonio » de l’entreprise française CMA CGM a été touché par des tirs dans le détroit d’Ormuz. Plusieurs membres de l’équipage ont été blessés et ont donc pu être évacués pour bénéficier de soins.
Marins pas militaires
Et il n’est pas le seul navire toujours bloqué qui abrite des marins français. Selon Emmanuel Chalard, secrétaire général de la Fédération des officiers de la Marine marchande CGT (FOMM-CGT), cité par 20 Minutes, ils sont cinquante à se trouver toujours à quai ou dans des zones de mouillage des pays du Golfe. De son côté, le syndicat CFE-CGC Marine avance le chiffre de 27 marins français, employés par deux compagnies.
« Ils demandent ce qu’ils font là, on n’est pas des militaires », souligne Emmanuel Chalard. Tantôt les phases de combat, tantôt celles de cessez-le-feu, rythment le quotidien des marins. « Les drones et les missiles nous survolaient. On entendait des interceptions », témoigne un marin français sous couvert d’anonymat auprès du Monde. « Ce qui était assez surprenant c’est que, d’où on était, on nous disait qu’on ne risquait absolument rien, qu’on était en sécurité. La différence entre ce qu’ils nous disaient et la réalité était sidérante. Évidemment, nous, on avait peur. »
Julie Mazella, secrétaire générale CFE-CGC Marine, en contact avec les marins français, décrit auprès de 20 Minutes : « Ils n’ont pas le droit d’aller sur le pont pour éviter de se prendre des débris si un missile venait à être intercepté au-dessus de leur tête. » Elle décrit une vie suspendue, où le moindre bruit du ciel devient une menace.
« Il ne faut pas négliger le stress émotionnel que cette situation engendre, non seulement sur les marins mais aussi sur leurs familles, qui peut être difficile à gérer », ajoute la syndicaliste. Au 24 avril, l’Organisation maritime internationale recensait 29 incidents ayant touché des navires marchands depuis le début du conflit, faisant dix morts et un disparu.
« La situation se dégrade terriblement »
Au-delà du risque pour leur vie, les conditions à bord de ces navires bloqués sont de plus en délétères. « La situation se dégrade terriblement. Ils nous disent qu’ils doivent être évacués en urgence, ils sont rationnés en eau potable, en vivres, ce n’est plus acceptable », alertait Emmanuel Chalard le 1er mai sur France Info.
Un marin grec a alimenté un journal de bord depuis son pétrolier à l’arrêt dans le Golfe. « En plus des missiles, des roquettes et des drones, nous devons gérer tout un tas de choses. Il faut rationner notre consommation d’eau, de nourriture et de carburant », assure Vaggelis Dimakis. Il y documente les survols constants des avions, les interceptions de missiles au-dessus de sa tête et les bombardements non loin d’eux. Pour détendre l’atmosphère, certains marins diffusent de la musique depuis leur radio pour en faire profiter les navires voisins, dans la même galère.
Sans but précis et dans l’attente, les marins déplorent une situation « démoralisante » et une « perte de sens ». « Notre vocation c’est de naviguer, de faire tourner les bateaux, mais en aucun cas d’être des gardiens de phare de bateaux dont on ne sait même pas s’ils ne vont pas être coulés ou laissés sur place pourrir », rappelle Emmanuel Chalard. Pour faire passer le temps, ils s’occupent de l’entretien de leur navire.
« On a des sociétés qui sont prêtes à les abandonner »
Les marins à bord de navires sous pavillons français sont accompagnés. Les syndicats se battent pour garantir leurs droits comme « le doublement du salaire de base, le doublement des primes de risques en cas d’accident et d’invalidité, ou la possibilité d’être rapatrié si on en émet le souhait », assure Emmanuel Chalard, de la CGT. Julie Mazella assure de son côté que « tous les marins français ont été relevés au moins une fois par d’autres, qui ont accepté de remplacer leurs collègues malgré la situation ». Auprès de 20 Minutes les syndicalistes nuancent toutefois ce « volontariat » qui peut être motivé par une crainte de perdre son emploi.
Mais « tout le monde n’est pas logé à la même enseigne » alertait déjà Emmanuel Chalard le 22 avril sur France Info. Car il existe des pays et surtout des armateurs bien moins regardant sur les conditions de leurs marins. « Quand on va avoir des navires de 25 à 30 ans d’âge, avec des équipages internationaux, on a des sociétés qui sont prêtes à les abandonner », prévient Patrick Chaumette, professeur émérite de droit maritime auprès du Monde.
Le phénomène est déjà courant en temps de paix, notamment avec les 77 % des navires battants sous pavillons de libre immatriculation tels que le Liberia, le Panama ou encore Chypre. Dans ces cas, identifier un propriétaire est très compliqué, ce qui laisse place à l’impunité. « Des centaines de marins sont abandonnées tous les mois, en même temps que le bateau, laissés sans vivres et sans billets retours », note Emmanuel Chalard. Le phénomène risque donc d’être amplifié en ce temps de guerre où les coûts de ravitaillement et de rapatriement deviennent exorbitants.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Un regard constant de notre équipe permettra d’éclairer cette situation.

9999999