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7 mai 20262026, le retour de la menace : épisode du podcast Nucléaire, anatomie d’une arme de la peur
Analyse : Notre équipe vous propose un aperçu synthétique de cette information.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « 2026, le retour de la menace : épisode du podcast Nucléaire, anatomie d’une arme de la peur ».
Points saillants
« Nous constatons que le multilatéralisme subit une pression intense, que divers éléments de traités essentiels à la sécurité internationale sont sous tension… et qu’une rhétorique évoquant des menaces d’essais nucléaires, un retour à ces essais, voire des inquiétudes quant à leur usage potentiel, se fait jour. » Robert Floyd, secrétaire exécutif de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, avril 2026.
Une inversion de tendance après des décennies de désarmement
Pour la première fois depuis des décennies, les arsenaux nucléaires mondiaux ne diminuent plus. L’historien Renaud Meltz, qui dirige un programme de recherche sur les essais français en Polynésie, analyse cette inversion de tendance dans le contexte de la guerre contre l’Iran et revient sur ce que l’État français doit aujourd’hui aux populations polynésiennes.
Depuis la fin de la guerre froide, la trajectoire semblait tracée : moins de têtes nucléaires, moins d’essais, davantage de non-prolifération. Le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, signé en 1996, qui « radicalise » celui de Moscou de 1963 selon Renaud Meltz, fait partie des cadres normatifs hérités de cette époque. Le dernier essai connu remonte à 2017, conduit par la Corée du Nord.
Mais le mouvement s’inverse : la Chine, qui possédait 250 têtes nucléaires en 2020, en compterait aujourd’hui environ 600, observe l’historien, qui rappelle que la France et le Royaume-Uni augmentent à leur tour leur arsenal. Le récent discours d’Emmanuel Macron à L’Île Longue évoque pour la première fois une « dissuasion élargie » et laisse entendre, selon le chercheur, que la France pourrait doubler son stock si elle estime qu’elle « ne fait pas assez peur ». « Si la défense s’améliore, notamment les dispositifs avec des satellites de plus en plus performants d’interception par des contre-missiles, il y a un moment où la menace n’est plus crédible », explique Renaud Meltz. Dans le même temps, le traité New Start, qui encadrait les vecteurs stratégiques entre Russes et Américains, a expiré en février 2026, sans qu’aucun accord ne le remplace.
« Une logique de prolifération et de déstabilisation du système »
L’annonce de Donald Trump d’une possible remise en service des installations du Nevada change la donne. Sur le plan scientifique, les tirs ne sont plus aussi déterminants, mais « la dimension symbolique et politique de l’essai est telle que si les États-Unis s’engageaient vraiment, comme Donald Trump l’a assuré, il y aurait des effets d’entraînement », avertit Renaud Meltz. Russes et Chinois pourraient suivre.
Cette logique nourrit aussi la tentation, pour de nouveaux États, de se doter de l’arme. L’historien y voit l’un des effets-retour de la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran : non seulement Téhéran est conforté dans son intérêt à proliférer, mais l’Arabie saoudite, jusque-là rassurée par le parapluie américain, se serait tournée vers le Pakistan. Le chercheur résume : on assiste désormais à « une logique de prolifération et de déstabilisation du système » mis en place par les traités existants.
La dette française envers la Polynésie
Parallèlement à l’actualité au Moyen-Orient, Renaud Meltz évoque l’héritage français en Polynésie, où l’historien dirige depuis plusieurs années un programme de recherche rendu possible par l’ouverture des archives décidée par Emmanuel Macron en juillet 2021. « C’est un territoire grand comme l’Europe qui a été nucléarisé », rappelle-t-il, soulignant que des vallées entières des Marquises se sont dépeuplées pour fournir de la main-d’œuvre aux sites de Mururoa et Fangataufa. Les tirs souterrains ont fragilisé le socle de l’atoll de Mururoa, faisant peser sur les habitants voisins de Tureia la menace d’un éventuel tsunami.
Les Polynésiens, raconte Renaud Meltz, ont explicitement demandé au président de la République de présenter des excuses lors de sa visite de juillet 2021, une demande qui reste à ce jour sans réponse. Pour le chercheur, « la France doit de la vérité, de la science, de la connaissance historique, mais pas seulement de l’épidémiologie, aussi du pardon ». Une question qui se posera aussi un jour, selon lui, pour les essais menés en Algérie entre 1960 et 1966.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet d’une observation continue de notre rédaction.

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