
le témoignage exclusif d’une passagère Française coincée dans le MV Hondius
7 mai 2026franceinfo monde du jeudi 07 mai 2026
7 mai 2026Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Nos rédacteurs considèrent que « Ce que peut espérer Dany Leprince avec cette audience devant la cour de révision » est un article à suivre.
À retenir absolument
DIMITAR DILKOFF / AFP
Dany Leprince, condamné pour les meurtres de son frère, de sa belle-sœur et de deux de leurs filles en 1994 dans la Sarthe, photographié ici le 12 décembre 2024.
• Des incohérences dans les témoignages clés et des doutes exprimés par des proches renforcent sa demande de révision qui lui avait été refusée une première fois.
• Le parquet général soutient la révision, soulignant la nécessité de nouveaux débats en raison des zones d’ombre persistantes.
On l’affublé du surnom de « boucher de la Sarthe ». Trente ans après les faits, le dossier de Dany Leprince va être réexaminé par la Cour de révision. L’homme condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de quatre membres de sa famille le 5 septembre 1994 dans la Sarthe et libéré en 2012, clame son innocence depuis trente ans.
Cette nouvelle étape n’a pas vocation à l’innocenter puisque la Cour de révision et de réexamen (formation spécifique de la Cour de cassation, la plus haute juridiction du pays) ne tranche pas sur la culpabilité. À l’issue de l’audience ce jeudi 7 mai Dany Leprince bénéficiera, au mieux, d’un nouveau procès. Ce serait tout de même considérable, seulement une douzaine de procédures du genre ayant abouti depuis 1945.
S’il a partiellement reconnu les faits lors de sa garde à vue, Dany Leprince est rapidement revenu sur ses aveux, clamant ensuite inlassablement son innocence. Il tente depuis des années, par la voie juridique, de la faire reconnaître. En 2011, la Cour avait rejeté une première requête de révision, estimant qu’aucun fait nouveau n’était susceptible de faire naître un doute sur sa culpabilité prononcée en 1997. « Je suis innocent, je ne comprends pas », a protesté l’intéressé à l’énoncé de la décision. Dany Leprince avait donc été reconduit en prison. L’homme a bénéficié d’une libération conditionnelle en 2012 et n’est plus sous contrôle judiciaire depuis 2022.
Incohérences dans les récits, doutes d’un témoin…
Cette fois, la situation est sensiblement différente. Sa défense a déposé en 2021 une nouvelle requête étayée par une vingtaine de « faits nouveaux et éléments inconnus », selon ses avocats Olivier Morice et Missiva Chermak Felonneau. Ils assurent « qu’ils sont de nature à faire naître un doute sur sa culpabilité en annulant sa condamnation et permettre qu’un nouveau procès puisse avoir lieu ». La commission d’instruction, après un supplément d’information, a jugé ces éléments suffisamment sérieux pour transmettre le dossier à la Cour.
Parmi les éléments les plus frappants : une reconstitution organisée en 2023 ferait apparaître une possible incohérence dans les déclarations de Célia Leprince, la fille de Dany. Son témoignage, affirmant avoir vu son père frapper son frère le soir des meurtres, avait pesé lourd lors du procès de 1997. Selon les nouveaux éléments, de l’endroit où elle a indiqué se trouver au moment des faits, elle ne pouvait pas voir son père. Une incohérence dans ce témoignage clé ne signifie pas que Célia a menti, mais elle suffit, potentiellement, à installer le doute que la loi exige.
Autre nouvel élément : Solène, la seule rescapée de la tuerie, qui avait 2 ans en 1994, a pris la parole en avril 2024 dans une lettre adressée à la commission d’instruction pour faire part de « sérieux doutes quant à la culpabilité » de son oncle. Un élément à la fois symbolique et juridiquement pertinent.
De plus, lors de l’enquête, celle qui n’était encore qu’une très jeune enfant à l’époque, aurait balbutié « tonton bobo yéyé » en pointant du doigt Dany Leprince sur une photo. Une psychiatre avait assuré de la « crédibilité totale » de l’enfant. Deux experts jugent aujourd’hui « incompréhensible » la résumé de leur consœur, selon Le Télégramme.
L’avocat général donne son feu vert pour un nouveau procès
La remise en question de ces témoignages est d’autant plus importante que le procès de 1997 reposait pour l’essentiel sur des récits, en l’absence d’éléments matériels probants. Pas de trace d’effraction, pas de trace de fouille. L’accusation s’était construite autour des déclarations de l’ex-femme de Dany, Martine Compain, et de leur fille Célia, ainsi que des premiers aveux de l’accusé. Après avoir dit « j’ai frappé mon frère à plusieurs reprises », il s’était rétracté dès la reconstitution du 22 septembre 1994, clament depuis son innocence.
Cette fragilité de la base probatoire est précisément ce qui, trois décennies plus tard, continue d’alimenter le doute. En 2014, une action judiciaire a été ouverte à la suite d’une plainte pour meurtre et complicité déposée par le père des frères Leprince. Martine Compain a été placée sous le statut de témoin assisté en 2024.
Autre élément qui pourrait renforcer la demande Dany Leprince : début 2026, le parquet général de la Cour de cassation a appuyé la demande de révision. Dans ses conclusions, l’avocat général Jean-Michel Aldebert s’est prononcé en faveur d’un nouveau procès, estimant « nécessaire de procéder à de nouveaux débats contradictoires en raison des éléments nouveaux et inconnus » et de les confronter à « la persistance des zones d’ombre du dossier ».
Si la Cour, et les dix-huit magistrats qui la composent, ne sont pas tenues de suivre cet avis consultatif, il lui confère une légitimité considérable. Les avocats de Dany Leprince estiment que « ce serait à notre sens à l’honneur de l’institution judiciaire qu’une telle décision soit prise ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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