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L’île d’Ouessant demande l’aide du roi Charles III pour restaurer son église, dont la toiture risque de s’effondrer – franceinfo
7 mai 2026Analyse : Les rédacteurs ont identifié les éléments essentiels de cette actualité.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « En RDC, Félix Tshisekedi convoite “sans surprise” un troisième mandat présidentiel ».
Points importants
“C’est une scène si bien connue en Afrique qu’elle n’a plus aucun secret pour personne”, raille le quotidien guinéen Le Djely. Un président en fonction qui veut réformer la Constitution et faire sauter le verrou qui limite le cumul des mandats présidentiels va se servir d’une prétendue volonté du peuple pour justifier ses intentions. “De ce point de vue, l’annonce faite hier par Félix Tshisekedi n’a rien de nouveau” et a “le mérite d’être assumée”.
Mercredi 6 mai, lors d’une conférence de presse qui a duré plus de deux heures devant près de 200 journalistes, l’actuel président de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré qu’il ne sollicitait pas explicitement un troisième mandat. Mais que, “si le peuple le souhaitait, [il] l’accepterait”, rapporte Bloomberg.
Vainqueur – contesté – de l’élections présidentielle en 2018, réélu en 2023, Tshisekedi exerce actuellement son second et ultime mandat, qui devrait prendre fin en 2028, du moins si l’on se fie à la Constitution congolaise de 2006, rappelle Média Congo. En 2024, Félix Tshisekedi avait déjà exprimé son souhait d’une révision constitutionnelle, faisant planant l’ombre d’un troisième mandat.
Un schéma bien connu dans la région
Invoquant la situation dans l’est du pays, où le groupe rebelle congolais Mouvement du 23 mars (M23) occupe les deux plus grandes villes de l’est du Congo et une grande partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le président a affirmé que, tant que la guerre ne serait pas finie, il ne pourrait “malheureusement pas organiser d’élections en 2028”, le cite Bloomberg.
Plus encore, constate Radio Okapi, à Kinshasa : il a déclaré qu’il en allait de sa “responsabilité présidentielle” de rester au pouvoir pour garantir une stabilité politique. L’excuse honteuse, en définitive, d’“un président qui se prévaut de ses propres turpitudes pour ne pas se soumettre au suffrage universel des Congolais”, fustige Le Djely.
Félix Tshisekedi a également justifié, sans ambages, sa volonté de réviser la Constitution par “certaines réformes de la justice” que le partenariat avec les États-Unis négocié en décembre – pour résoudre la crise sécuritaire du pays – exigerait, constate le site congolais Actualité. CD. Des réformes qui, selon lui, “ne se feraient pas sans réviser la Constitution”. Ce que contestaient des experts interviewés par le site dans cet autre article, qui s’inquiétaient de l’instrumentalisation de cet accord pour “justifier une révision, voire un changement de la Constitution”.
L’opposition a immédiatement accusé le président de vouloir de se maintenir au pouvoir. Et la presse africaine, à l’instar du Djely, y voit un schéma bien connu en Afrique centrale, “où des présidents comme Teodoro Obiang Nguema [Guinée équatoriale], Paul Biya [Cameroun] et Denis Sassou-Nguesso [Congo] cumulent respectivement quarante-six, quarante-trois et quarante et un ans au pouvoir”, et dans les pays de l’Alliance des États du Sahel, gouvernés par des juntes militaires, “où c’est la notion même d’élections qui est rayée de l’agenda politique des présidents”.
“Tshisekedi se dévoile enfin”
“L’homme Tshisekedi que je connais ne pouvait pas, selon moi, tenir un tel discours, au regard de son combat, de celui de son père et de celui de son parti”, s’affole le politologue Jean-Claude Mputu, interviewé par la Deutsche Welle – le père de Tshisekedi ayant lutté contre la dictature de Mobutu. Le Djely est plus fataliste : “Tshisekedi se dévoile enfin.”
La constitution du Congo, adoptée en 2006, est une véritable “ligne de crête” de la stabilité politique dans le pays. Durement acquise au lendemain d’une dictature de trente-deux ans de Mobutu Sese Seko, qui s’est achevée sur une série de guerres plongeant le pays dans une extrême pauvreté, elle représente aujourd’hui un “pacte fondamental” garantissant l’équilibre politique. Mais lorsque Tshisekedi affirme vouloir tenir un référendum pour la modifier et obtenir un troisième mandat, il montre que “le débat constitutionnel reste, à ses yeux, une option”, constate la Deutsche Welle.
“Ce troisième bail […] a en partie servi de prétexte aux soubresauts que l’Afrique de l’Ouest connaît depuis quelques années”, rappelle Le Djely. La dernière tentative de l’ex-président du pays Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, après deux mandats successifs entre 2006 et 2016, s’était soldée sur des manifestations meurtrières. Il avait toutefois réussi à obtenir deux ans supplémentaires au pouvoir, le temps de passer la main à Félix Tshisekedi dans une alliance qui a volé en éclat en décembre 2020.
Malgré ces risques, “Tshisekedi veut bien s’y aventurer”. Mais s’il veut modifier la Constitution, le chef de l’État va devoir organiser un référendum pour demander l’avis du peuple. “Mais de quel peuple parle-t-on ? Et que veut réellement le peuple ?” s’inquiète Jean Claude Mputu. D’autant que, paradoxalement, organiser un référendum implique un vote.
“Ceux qui voudraient se dresser en travers du chemin de Tshisekedi ont du pain sur la planche. D’autant plus que le nouvel ami du président congolais – et des mines congolaises – est un certain Donald Trump, pas si friand des principes démocratiques, comme il l’est des terres rares et autres minéraux critiques dont regorge la RD Congo”, conclut Le Djely.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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