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7 mai 2026Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
L'article « pourquoi Élisabeth Borne a claqué la porte de la direction de Renaissance » a retenu l'attention de notre équipe.
Points saillants
« En désaccord » avec le patron de la macronie, l’ancienne cheffe du gouvernement se retire de ses fonctions au sein du parti. Sans ambition présidentielle, Élisabeth Borne se veut plus que jamais libre avant de probablement rallier un candidat pendant la campagne.
Des portes qui claquent pile la veille de la sortie de son livre. L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a annoncé ce mercredi son départ de la direction de Renaissance.
« Je suis en désaccord avec la ligne actuelle », a expliqué l’ancienne locataire de Matignon, sur France Inter, regrettant que les idées défendues par le patron du parti, Gabriel Attal, ne soient « pas forcément débattues » en interne.
Pas question cependant d’aller trop loin et de quitter la macronie. « Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu’on a portées en 2017 », a encore insisté celle qui est aujourd’hui députée du Calvados. Un pied dehors avec un pied dedans donc puisque Élisabeth Borne lance au sein de Renaissance son propre mouvement « Bâtissons ensemble ».
Exit donc l’idée qui a un temps flotté dans l’air de rejoindre Horizons et Édouard Philippe ou le Modem, dirigé jusqu’en 2027 par François Bayrou, cabossée par son départ de Matignon et sa piteuse défaite à Pau aux municipales.
À la place donc, rendez-vous est pris pour le lancement d’un mouvement au sein même de Renaissance comme l’a déjà fait l’ancien ministre du Logement Guillaume Kasbarian.
« On veut prendre notre part, ne pas tout miser sur l’autorité et la liberté comme le action Gabriel Attal, pouvoir défendre nos idées, ce en quoi on croit », résume l’un des intimes d’Élisabeth Borne, le député Guillaume Gouffier-Valente.
Relations polaires avec Gabriel Attal
Création d’un « nouveau code du Travail », suppression du plafond d’heures maximales supplémentaires, suppression de l’âge légal de départ à la retraite…. Les propositions du patron de Renaissance, distillées à l’occasion de la article de son premier livre et de sa tournée des librairies, ont fait grincer les dents des proches d’Élisabeth Borne.
Mais ce n’est pas seulement l’embryon de ce programme presque présidentiel qui suscite la colère de la députée du Calvados. Depuis des mois, l’ancienne cheffe du gouvernement est en froid avec Gabriel Attal qui lui avait succédé à la tête du gouvernement en janvier 2024. Quelques mois plus tard, après la dissolution, la sexagénaire s’était même préparée à croiser le fer contre lui pour récupérer la direction de Renaissance.
Las. Elle avait finalement renoncé à se présenter à la faveur d’un accord avec son concurrent qui, en échange, lui assurer la présidence du conseil national, sorte de Parlement du parti. Mais l’élue ne s’est jamais vraiment emparée de ce rôle.
« Elle a toujours eu une implication limitée. Pour faire tourner la boutique, il faut en avoir envie. Elle ne s’est jamais sentie à l’aise, c’était compliqué pour elle d’exister », observe le sénateur Xavier Iacovelli, secrétaire général délégué de Renaissance.
« Son vrai-faux départ ne change vraiment rien. Elle ne fait qu’acter le incident qu’elle ne participe à rien », tranche, plus sévère un député proche de Gabriel Attal.
« L’emmerder »
Difficile de lui donner tort: ce lundi soir, Élisabeth Borne n’avait pas pris soin de participer au bureau exécutif qui examinait les propositions de désignation du candidat du parti à l’élection présidentielle.
Elles doivent pourtant être tranchées le 12 mai lors d’un Conseil national, instance qu’elle présidait donc jusqu’ici. Autant dire que l’annonce du départ d’Élisabeth Borne de la direction du parti n’a donc rien d’une une surprise. Mais l’ex-Première ministre peut-elle vraiment jouer un rôle en 2027? Son départ de la direction de Renaissance pile au moment où Gabriel Attal se démultiplie tous azimuts pour la présidentielle n’a évidemment rien d’un hasard.
D’autant moins que le patron de Renaissance a un objectif très clair pour les prochains mois: déloger Édouard Philippe de sa place de favori dans les sondages avec l’espoir d’y parvenir et que le patron d’Horizons retire finalement sa candidature à son profit.
« C’est clairement pour l’emmerder qu’elle s’en va maintenant. Elle ne découvre pas vraiment qu’elle est en désaccord avec Gabriel Attal sur l’essentiel », analyse un député du bloc central.
En janvier déjà, l’ancienne cheffe du gouvernement avait sorti le lance-flammes dans les colonnes de La Tribune dimanche. « Renaissance, ce n’est pas un parti, c’est l’agence de com de Gabriel Attal », avait asséné Élisabeth Borne.
Plus largement, elle n’a que rarement hésité à prendre ses distances avec certaines mesures proposées par le parti comme l’interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans ou le financement d’une partie du régime des retraites par capitalisation. L’ancienne Première ministre avait également séché le discours de clôture de Gabriel Attal à Arras en septembre dernier, pourtant conçu comme le premier étage de la fusée de sa candidature pour la présidentielle.
« Quand on est opposé, c’est toujours mieux de le dire en interne pour essayer de faire bouger les choses. Elle n’a jamais essayé de le faire alors qu’à un moment, elle avait le poids politique », observe un député macroniste qui l’apprécie.
Peser sur le programme
Dans les colonnes de Paris Match tout comme dans son livre, Élisabeth Borne s’attelle d’ailleurs à distiller des idées, à commencer par un septennat non renouvelable au lieu de deux quinquennats consécutifs comme c’est le cas aujourd’hui.
L’ancienne Première ministre a-t-elle dans la tête de se lancer elle aussi dans la course à la présidentielle? « Ce n’est pas du tout le sens de ma démarche », a affirmé la députée sur France inter ce mercredi.
« Elle sait surtout qu’elle n’a aucune chance et elle n’a pas envie d’y aller pour acter dans quelques semaines que ça ne marchera jamais », grince un fidèle soutien de Gabriel Attal.
Au lieu donc d’une candidature en bonne et due forme, Élisabeth Borne vise plutôt à influencer le programme d’un candidat et peut-être à éventuellement le rejoindre dans la campagne. Michel Barnier, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann, Xavier Bertrand et bien sûr Édouard Philippe… Ces derniers mois, l’ancienne Première ministre a multiplié les rendez-vous avec des candidats déjà dans la course ou qui ne font plus mystère de leurs ambitions.
De quoi espère-t-elle se rendre indispensable à un moment et peut-être récupérer un poste-clef après la présidentielle, d’un maroquin ministériel à la présidence de l’Assemblée nationale.
Élisabeth Borne reste plus décidée que jamais à « faire de la politique » comme elle aime le dire. Quitte donc à larguer définitivement les amarres avec Renaissance dans un futur relativement proche.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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