
Hantavirus sur un bateau de croisière : Huit cas confirmés, une hôtesse de l’air sous surveillance, passagers à l’isolement, le point du directeur de l’OMS sur la situation
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7 mai 2026pourquoi les autorités sanitaires restent rassurantes sur le risque d’épidémie – franceinfo
Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
L'article « pourquoi les autorités sanitaires restent rassurantes sur le risque d’épidémie – franceinfo » a retenu l'attention de notre équipe.
Faits marquants
Un mal méconnu qui provoque de graves troubles respiratoires, des morts, et un sentiment de panique. Les trois cas confirmés d’hantavirus (et cinq suspects) liés à une croisière sur le MV Hondius ravivent chez certains les souvenirs des débuts de la pandémie de Covid-19. Selon le dernier bilan, trois passagers du navire sont morts, deux sont hospitalisés et trois personnes malades ont été évacuées du bateau, mercredi 6 mai.
L’inquiétude redouble alors que la souche identifiée chez deux d’entre eux, dite « des Andes », est la seule connue pour être transmissible entre humains. « C’est un incident que nous considérons comme sérieux, mais l’OMS considère que le risque pour la santé publique est bas », a déclaré jeudi le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si le taux de mortalité de l’hantavirus est particulièrement élevé (dépassant parfois 40%), plusieurs facteurs expliquent pourquoi les autorités restent rassurantes, comme vous l’explique franceinfo.
Parce que le nombre de personnes infectées demeure faible
Les cas officiellement confirmés en laboratoire concernent une Néerlandaise de 69 ans, morte le 26 avril, un Britannique du même âge, hospitalisé en soins intensifs à Johannesbourg (Afrique du Sud), un homme actuellement traité à Zurich (Suisse), sur lequel peu de détails ont filtré, ainsi qu’une personne évacuée et hospitalisée aux Pays-Bas, dont la contamination a été confirmée jeudi.
La situation à bord paraît ainsi « sous contrôle », observe Vincent Ronin, infectiologue à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), interrogé par La Dépêche du Midi. « La situation est alarmante car c’est une maladie grave, mais le risque de propagation à grande échelle semble très faible », ajoute-t-il, allant dans le même sens que les déclarations de l’OMS.
« Il n’y a pas pour ce virus de preuves qu’on puisse transmettre la maladie à quelqu’un avant d’avoir des symptômes », souligne Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS. « La plupart des personnes vont développer les symptômes dans une période d’entre deux et trois semaines », ajoute-t-elle, laissant entendre que la fenêtre durant laquelle d’éventuels malades se manifesteraient à bord commence à se refermer.
Parmi les huit cas recensés, quatre évoqués par l’OMS sur son site ont fait état de fièvre, problèmes respiratoires ou gastro-intestinaux les 6 avril, 24 avril, et 28 avril. Deux des malades évacués mercredi présentaient en revanche des symptômes aigus ces derniers jours, tandis que le troisième a eu une « légère fièvre » avant d’être décrit comme « asymptomatique » au moment de son transfert.
Parce qu’une contamination interhumaine n’est possible qu’en cas de « contact étroit »
« La transmission classique se fait par les urines ou les excréments de rongeurs en zone sauvage », rappelle Vincent Ronin dans La Dépêche du Midi. L’infectiologue cite l’exemple « typique » d’une personne « qui nettoie un grenier ou une grange abandonnée en forêt. En secouant la poussière contaminée par des déjections, le virus s’aérosolise. La personne inhale ces particules ».
Rien n’indique à ce stade que le navire et d’éventuels rongeurs y ayant élu domicile constituent le lieu d’origine de l’épidémie. L’OMS suppose qu’un ou plusieurs porteurs du virus « ont été infectés en dehors du navire ». L’Argentine a annoncé mercredi retracer l’itinéraire des deux passagers néerlandais décédés, ainsi que l’envoi à Ushuaïa, d’où le bateau avait appareillé, d’experts pour capturer d’éventuels rongeurs porteurs.
Toutefois, la souche identifiée chez deux passagers ces derniers jours est celle des Andes, la seule transmissible entre humains. L’OMS évoquait elle-même dès mardi ce type de contamination entre les passagers malades. Pour autant, l’agence onusienne se refuse une nouvelle fois à tout alarmisme : il faut un contact « étroit » entre deux personnes pour qu’il y ait transmission du virus. Contrairement à la grippe et au Covid-19, « on ne parle pas de contacts informels à distance », mais de « véritables contacts physiques », a expliqué à la BBC Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS.
Anaïs Legand cite l’exemple de personnes s’embrassant avec un « échange de salive ». Vincent Ronin mentionne pour sa part dans La Dépêche du Midi, le cas de « soignants en contact direct avec des malades très atteints ». Par ailleurs, rappelle l’infectiologue, les passagers touchés « sont souvent des personnes plus vulnérables, de plus de 60 ans, avec parfois des antécédents cardiaques ou respiratoires ».
En clair, affirme le virologue Antoine Bal à France Télévisions, l’hantavirus « n’est pas très adapté à l’homme. C’est pour ça que la transmission interhumaine est plus limitée. Il n’y a pas de risque de diffusion massive à ce stade, à l’extérieur de ce bateau ».
Parce qu’on ne constate aucune hausse significative des cas en Argentine
La souche dite « des Andes » est considérée comme endémique dans certaines régions d’Argentine. « Il n’est pas attendu, pour le moment, que ce virus, resté depuis trente ans dans des campagnes rurales, se mette tout d’un coup à exploser », a rappelé l’épidémiologiste Antoine Flahault jeudi sur franceinfo. Du reste, le pays a connu davantage de cas cette année, mais sans foyer épidémique. La situation n’a « rien d’atypique ni de particulier », a affirmé mercredi à l’AFP Raul Gonzalez Ittig, un biologiste du Conicet, l’équivalent argentin du CNRS.
Le ministère de la Santé local a souligné lundi que la Terre de feu, d’où est parti le MV Hondius début avril, ne comptait « aucun cas confirmé d’hantavirus depuis que des registres épidémiologiques existent », rappelle Juan Petrina, directeur de l’Epidémiologie et de la Santé environnementale de la province argentine. La zone endémique dans la Cordillère argentine se situe surtout dans des provinces situées bien plus au nord, selon le ministère. « Si ce virus était aussi contagieux que la grippe ou le Covid, l’Argentine nous aurait déjà alertés », explique Vincent Ronin dans La Dépêche du Midi.
Parce que les autorités ont pris des mesures pour limiter les risques de propagation
Les malades désormais évacués, le MV Hondius, bloqué plusieurs jours au large du Cap-Vert, est en route pour l’archipel des Canaries (Espagne), où il est attendu samedi. En attendant, l’OMS a coordonné ses efforts avec le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, qui opère le navire, et les différents pays concernés pour mettre en place des mesures limitant la propagation éventuelle du virus.
Les passagers du bateau ont été invités à rester autant que possible dans leur cabine. « Trois professionnels de santé supplémentaires sont montés à bord (…), afin d’assurer des soins médicaux optimaux pendant la traversée », a précisé mercredi soir sur son site Oceanwide Expeditions.
A l’arrivée du bateau sur l’île de Tenerife, prévue samedi, « un dispositif conjoint d’évaluation sanitaire et d’évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les passagers, à moins que leur état de santé ne l’empêche », a souligné la ministre de la Santé espagnole, Monica Garcia Gomez. L’évacuation des passagers doit débuter lundi. Les pays de l’Union européenne sont sommés de prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que le dispositif pour les passagers extra-européens est toujours en préparation.
Par ailleurs, la recherche des passagers débarqués au cours de la croisière est en cours. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le patient hospitalisé en Suisse avait reçu un courriel d’Oceanwide Expeditions, prévenant les passagers de la crise sanitaire. Au Royaume-Uni, deux personnes revenues au pays après avoir séjourné sur le MV Hondius, ont été priées de se confiner, a annoncé mercredi l’Agence britannique de sécurité sanitaire. Elle assure qu’« aucune ne présente actuellement de symptômes ».
L’OMS dit également effectuer des démarches pour retrouver les plus de 80 passagers à bord de l’avion dans lequel la croisiériste néerlandaise décédée avait été transférée depuis l’île de Sainte-Hélène, où elle avait débarqué, vers Johannesbourg. La compagnie aérienne néerlandaise KLM a de son côté signalé mercredi qu’une personne décédée après avoir voyagé à bord du MV Hondius était montée « brièvement » à bord d’un de ses avions reliant Johannesbourg à Amsterdam, mais l’avait quitté avant le décollage, sans donner de détails sur un éventuel malaise.
L’OMS a a annoncé jeudi que l’Argentine allait envoyer vers cinq pays quelque 2 500 kits pour dépister l’hantavirus.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les évolutions seront analysées par notre équipe pour vous tenir informés.

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