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9 mai 2026comment la mode des cheveux « texturés » fait bondir le marché des soins capillaires (et le bonheur de L’Oréal)
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Un regard éditorial sur « comment la mode des cheveux « texturés » fait bondir le marché des soins capillaires (et le bonheur de L’Oréal) » pour mieux comprendre l'article.
Résumé pour le lecteur
Porté par une division professionnelle en plein boom et un marché mondial du soin capillaire en forte croissance, L’Oréal Professionnel illustre la mutation profonde des soins capillaires. Du simple shampoing aux head spas inspirés du Japon, des cheveux texturés réhabilités aux accessoires ultra‑spécialisés, le marché de la coiffure et des soins capillaires suit désormais la même trajectoire premium que la skincare.
Fin avril, L’Oréal a publié des résultats trimestriels nettement supérieurs aux attentes. Le titre a progressé de plus de 8% en une séance, signant la meilleure performance du CAC 40 ce jour-là. Derrière cette hausse, un moteur se détache: le cheveu.
Le haircare, nouveau centre de gravité
La division des produits professionnels (destinée aux salons) affiche une croissance à deux chiffres (autour de 13 à 14% selon les périmètres), à près de 1,5 milliard d’euros. Une performance d’autant plus notable qu’elle s’inscrit dans une dynamique installée depuis plus d’un an, portée notamment par les marques Kérastase et Redken. Pour les analystes, il ne s’agit plus d’un simple rebond conjoncturel, mais bien d’un basculement structurel.
Le directeur général de L’Oréal, Nicolas Hieronimus, expliquait d’ailleurs dans conférence avec des analystes, que le soin capillaire est devenu une catégorie « plus sophistiquée et valorisée ». Les données de marché confirment cette évolution. Selon Fortune Business Insights, le marché mondial du soin capillaire, estimé à près de 20 milliards de dollars en 2025, pourrait approcher les 30 milliards à l’horizon 2034. L’Europe, qui en représente plus de 30%, illustre particulièrement cette montée en gamme, portée par les formulations naturelles, l’innovation scientifique et la revalorisation du rôle du salon.
Historiquement, L’Oréal Professionnel s’inscrit dans cette logique depuis plus d’un siècle. Créée à Paris il y a 116 ans, la marque fédère aujourd’hui environ 2,5 millions de coiffeurs et 130.000 salons partenaires dans le monde. Mais le modèle évolue: le salon n’est plus seulement un lieu de prestation, il devient un espace d’expertise et de personnalisation. Cette transformation passe par des services plus techniques et par l’intégration d’outils de « beauty tech ». Des dispositifs comme le sèche-cheveux AirLight Pro directement liée à une application ou encore le K-Scan permettent d’analyser le cheveu et d’adapter les protocoles en temps réel.
« Au-delà des produits, c’est aussi le coiffeur et l’humain que nous souhaitons mettre en avant chez L’Oréal Professionnel. Car sans coiffeur, il n’y a pas de résultat. Les échanges avec les professionnels, l’écoute et l’innovation, c’est ce qui fait notre force », nous explique la marque.
L’influence japonaise et la montée des head spas
Cette sophistication s’incarne aussi dans l’essor des head spas, inspirés du Japon. Ces protocoles combinent massage du cuir chevelu, vapeur, bains d’huiles et soins injectés au cœur de la fibre capillaire. La promesse? Une régénération durable de la fibre et une approche quasi médicale.
La marque japonaise Tokio Inkarami illustre parfaitement cette tendance. Sa technologie repose notamment sur le fullerène, une molécule censée favoriser la pénétration des actifs sans recourir à la chaleur. Au-delà du discours scientifique, c’est l’expérience globale qui séduit: un rituel de trente minutes, visible sur les réseaux sociaux, avec des résultats « avant/après » très mis en scène ou le brushing tient et où les cheveux affichent une résistance de 140%.
À Paris, ce protocole Nippon se déploit dans des établissements haut de gamme comme au Ritz, au Cheval Blanc, à l’Hôtel de Crillon ou encore au Peninsula Paris. À noter, qu’en plus de son expertise autour du head spa, de ses formations au quatre coins de la France, la marque japonaise propose également ses produits à la vente. Comptez environ 250 euros pour vous offrir la gamme complète et profiter d’un soin « at home ».
« Il y a encore 15 ans, 9 femmes sur 10 défrisaient leurs cheveux, aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une sur dix »
En parallèle, une mutation plus structurelle redessine le marché: la reconnaissance des cheveux texturés. Longtemps marginalisés ou systématiquement lissés, les cheveux bouclés, frisés et crépus deviennent un segment central. Il y a encore quinze ans, neuf femmes sur dix défrisaient leurs cheveux, aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une sur dix. Ce basculement reflète à la fois une évolution des standards esthétiques et une affirmation identitaire.
Le décalage avec l’offre reste toutefois marqué puisque environ 70% des produits sont encore conçus pour des cheveux lisses, alors que près de 60% de la population mondiale présente des cheveux texturés. Dans ce contexte, des acteurs comme Les Secrets de Loly ont émergé. Fondée par Kelly Massol, la marque spécialisée dans les produits pour cheveux texturés a généré 17 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 et s’exporte désormais à l’international.
« Dans le monde entier, les cheveux sont plus longs, peu importe l’âge, les femmes gardent leurs cheveux plus longs, les gens sont inquiets de leur perte de cheveux et la population se métisse, avec beaucoup de cheveux bouclés, texturés qui sont plus exigeants en termes de soins », développe Nicolas Hieronimus.
Et le mouvement va encore plus loin. En effet, aux États-Unis, l’État de New York a même décidé d’imposer, à partir de 2026, une formation spécifique aux cheveux texturés dans les écoles de coiffure, afin de combler un déficit de compétences et de limiter certaines discriminations.
Naturalité, transparence et montée en gamme
Dans cet univers en recomposition, la valeur ne repose plus uniquement sur la performance produit, mais aussi sur le récit. Les consommateurs recherchent des formulations lisibles, des ingrédients identifiés et une certaine cohérence éthique.
La marque Rahua s’inscrit dans cette logique. Positionnée sur le segment des produits naturels, elle met en avant l’utilisation d’une huile amazonienne et un ancrage dans des savoirs traditionnels. Vendus autour de 40 euros le shampoing, ses produits haut de gamme séduisent une clientèle prête à payer pour une promesse de sens autant que d’efficacité. Sur Instagram, la marque fédère plus de 79.000 abonnés, tandis que son site met en avant un flot d’avis enthousiastes: « meilleur produit que j’ai acheté », « je le recommande et j’ai hâte d’en racheter ». Les contenus générés par les utilisateurs se multiplient et la stratégie de communication semble parfaitement maîtrisée.
Même dynamique chez Davines. La marque italienne mise sur des ingrédients issus de petites exploitations, des packagings sobres et une distribution sélective (salons, instituts, pharmacies avec espace esthétique). Et c’est un grand succès puiqu’en 2025 le groupe Davines réalisé un chiffre d’affaires de 306,9 millions d’euros, en progression de 6,4%.
Les accessoires et la grande distribution ne sont pas en reste
La montée en gamme ne se limite pas aux formules. Elle s’étend aux accessoires, devenus des objets de soin à part entière. Les pommeaux de douche filtrants, comme ceux proposés par Seoni, promettent de transformer la qualité de l’eau pour améliorer la santé des cheveux, les taies d’oreiller en soie, popularisées par Emily’s Pillow, revendiquent des bénéfices sur la casse et la brillance et même la traditionnelle brosse à cheveux connaît une renaissance inattendue.
Des marques comme Bijulie proposent ainsi des brosses haut de gamme intégrant plusieurs centaines de fibres et des dispositifs de massage du cuir chevelu. À des prix pouvant atteindre 150 euros, ces objets traduisent une extension du territoire du luxe vers des usages autrefois ordinaires.
La transformation de la célèbre marque John Frieda illustre aussi cette « montée en gamme » des produits capillaires. Lancée à la fin des années 1980 par un coiffeur star, la marque s’est longtemps positionnée comme une alternative accessible, disponible en supermarché. Cette année, elle opère un repositionnement en profondeur.
Formules plus épurées et transparentes, produits vegans et biodégradables, packaging minimaliste et identité visuelle harmonisée… tout est pensé pour renforcer l’image premium. La marque a même fait appel à des nez professionnels afin de créer de nouvelles signatures olfactives.
Si le haircare connaît une telle expansion, c’est aussi parce qu’il répond à des préoccupations contemporaines. La pollution, le stress, les déséquilibres alimentaires ou encore le vieillissement accentuent les problèmes capillaires. La chute des cheveux, chez les hommes en particulier, devient une inquiétude majeure car elle touche des hommes de plus en plus jeunes, parfois dès la vingtaine et peut générer anxiété, repli sur soi ou complexes dans la sphère professionnelle et intime.
Face à la calvitie, le marché multiplie les réponses, entre shampoings fortifiants, compléments alimentaires, lotions anti‑chute, dispositifs de stimulation du cuir chevelu, sans oublier les solutions plus lourdes comme les greffes ou les traitements médicaux spécialisés. Les soins capillaires, aussi variés soient-ils, sont en train de suivre la trajectoire qu’a connue la skincare il y a une dizaine d’années. Plus technique, plus segmenté, plus premium, il s’impose donc comme l’un des territoires les plus dynamiques de l’industrie de la beauté.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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