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9 mai 2026Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Israël/Palestine, avec Élie Barnavi et Elias Sanbar ».
Ce qu’il est utile de savoir
Cette semaine, Alain Finkielkraut reçoit l’historien Élie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, auteur d’un Dictionnaire amoureux d’Israël (Plon, 2026), et Elias Sanbar, grande figure intellectuelle du mouvement national palestinien, auteur d’un Dictionnaire amoureux de la Palestine (Plon, 2026).
Alors que la guerre à Gaza et les violences en Cisjordanie ont ravivé partout dans le monde les passions, les accusations et les fractures, peut-on encore proclamer son amour d’Israël ou de la Palestine sans être sommé de se justifier ? Comment penser la distinction entre une patrie et l’État qui parle en son nom ? Le mot de génocide permet-il de comprendre ce qui se joue aujourd’hui à Gaza, ou obscurcit-il le débat ? Et surtout : l’idée de deux États, longtemps portée par certains israéliens et palestiniens, est-elle désormais caduque ?
« J’aime mon pays d’un amour angoissé »
Comment peut-on aujourd’hui publier un Dictionnaire amoureux d’Israël alors que l’État hébreu est plus que jamais contesté sur la scène internationale ? Élie Barnavi répond : « Je ne laisserai jamais des personnages néfastes me dicter l’amour ou le désamour de mon pays. (…) J’aime mon pays d’un amour angoissé, d’un amour inquiet, d’un amour douloureux. » Cet amour d’Israël n’est pas, insiste-t-il, un soutien au gouvernement actuel, l’État ne correspondant pas « à la conception de ce que ce pays doit être« . Mais il demeure lié à « la réalité charnelle de ce pays« . L’historien évoque « les paysages, la langue, la culture, les hommes, la mer« , et rappelle qu’Israël est « le seul endroit au monde » où il ne soit « pas étranger« . Il insiste également sur la place singulière de la langue hébraïque, dont « la résurrection » constitue selon lui « la réussite la plus belle, la plus pure, la plus définitive » d’Israël.
Elias Sanbar dit comprendre cette position. Il voit dans le livre de Barnavi celui d’ »un amoureux critique » et non « un amoureux aveugle« . Mais il souligne combien les crimes commis aujourd’hui rendent toute distinction difficile. Il rappelle qu’au cœur du processus de paix se trouvait précisément la séparation entre patrie et État : « Toute la Palestine est ma patrie« , affirme-t-il, tout en ajoutant avoir accepté que l’État palestinien ne soit pas établi « sur la totalité du sol de [sa] patrie« . Une concession qu’il décrit comme « politiquement exceptionnelle« , parce qu’ »intime« .
Gaza : le piège des mots et la guerre des mémoires
Sur la qualification des événements à Gaza, Elias Sanbar affirme penser « qu’il y a un génocide en cours« . Élie Barnavi refuse pour sa part ce terme : « Il s’est passé à Gaza des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité. Moi, personnellement, si j’ose dire, ça me suffit. » Pour l’historien israélien, le terme « génocide » est devenu « tellement élastique que le mot s’est galvaudé« . Il craint aussi que l’assimilation d’Israël au nazisme ne nourrisse un nouvel antisémitisme. Citant Vladimir Jankélévitch, il rappelle cette phrase : « L’antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission, et même le droit et même le devoir d’être antisémite au nom de la démocratie.«
Elias Sanbar refuse quant à lui les comparaisons historiques et les « statistiques des victimes« . Selon lui, la question centrale est celle de « la pratique de massacre de masse« . Il insiste également sur le décalage entre le rythme du droit et celui du crime, le droit allant « beaucoup plus lentement que le crime« . Pour lui, le débat juridique ne doit pas faire oublier l’urgence humaine et politique de la situation actuelle.
Tous deux s’accordent cependant sur un paramètre : l’actuel gouvernement israélien représente une rupture majeure. Élie Barnavi parle d’ »une mutation monstrueuse » et qualifie certains ministres israéliens, tels qu’Itamar Ben-Gvir, Israël Katz et Bezalel Smotrich de « génocidaires« . « Ces gens-là ont toujours existé, mais ils étaient dans les marges« , explique-t-il, accusant Benyamin Netanyahou de les avoir placés « au cœur de l’action politique« .
La solution à deux États est-elle encore possible ?
La conversation se déplace ensuite vers la naissance des consciences nationales israélienne et palestinienne. Elias Sanbar récuse l’idée selon laquelle l’identité palestinienne serait une création récente née en réaction au sionisme. « Nous sommes les enfants de la terre sainte« , affirme-t-il, décrivant une identité palestinienne fondée sur une pluralité constitutive : « Nous ne sommes pas une mosaïque de communautés, nous sommes une seule identité qui dit qu’elle est dépositaire des trois. » Élie Barnavi reconnaît pour sa part que « les deux nationalismes se sont créés l’un et l’autre, renforcés l’un et l’autre« . Mais il juge stériles les querelles d’antériorité, puisque « l’ancienneté ou l’antériorité du mouvement national ne dit rien sur sa légitimité« .
Sur l’échec du processus de paix et sur la perspective d’une coexistence entre Israéliens et Palestiniens, Elias Sanbar estime que la solution à deux États a été progressivement rendue impossible par l’expansion continue des colonies israéliennes. Il rappelle que dès les accords d’Oslo, la question des implantations constituait déjà un obstacle majeur : « le occurrence d’avoir ces colonies annonçait le incident de créer des conditions qu’un État palestinien ne puisse jamais voir le jour. » Élie Barnavi affirme lui aussi que les choix politiques israéliens ont empêché l’émergence d’une véritable solution négociée : « Pour faire les choses différemment, il fallait miser sur l’autorité palestinienne, et c’est précisément ce que Netanyahou ne voulait pas.«
Sources bibliographiques
- Élie Barnavi, Dictionnaire amoureux d’Israël, Plon, 2026.
- Elias Sanbar, Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine, Plon, 2026.
- Emmanuel Levinas, « Sans nom », dans Noms propres, Fata Morgana, 1976.
La semaine prochaine, Alain Finkielkraut recevra Chantal Thomas et Pascal Bruckner, dans une émission intitulée « Loin de ma mère ».
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

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