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10 mai 2026sur l’île de Tenerife, habitants et secours se préparent à l’arrivée du « MV Hondius » dans la crainte de l’hantavirus – franceinfo
Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Un regard de nos journalistes sur l'article « sur l’île de Tenerife, habitants et secours se préparent à l’arrivée du « MV Hondius » dans la crainte de l’hantavirus – franceinfo ».
Résumé pour le lecteur
Après un interminable voyage depuis Ushuaïa, le navire de croisière va enfin pouvoir débarquer ses passagers, aux Canaries, où il arrive dimanche matin. Ce petit archipel espagnol au large des côtes africaines s’est barricadé.
Comme un réflexe, Rosalia Darras a reculé de deux bons mètres. Et voilà que la vieille dame de 78 ans attrape son foulard aux motifs fleuris pour se protéger la bouche. « Ce n’est pas contre vous, mais j’ai peur », s’excuse-t-elle, adossée avec sa canne en bois dans son couloir de l’entrée. « J’ai tout entendu sur ce virus. Il tue. Bon sang pourquoi c’est chez nous qu’il débarque ! »
Dimanche 10 mai, quand l’imposant navire de croisière mouillera ses 100 mètres de coque bleue au large du port de Granadilla, sur l’île espagnole de Tenerife, aux Canaries, Rosalia Darras aura pourtant une vue imprenable sur le MV Hondius, peut-être la meilleure : sa maison jaune clair, posée sur les hauteurs, surplombe l’horizon.
Ces derniers jours, en contrebas, l’ancienne gérante d’une mercerie a vu passer « des ambulances », « des camions de pompiers », « des fourgons de police », et même, répète-t-elle, « des blindés de l’armée, qui dépassaient des baigneurs rentrant de la plage torse nu, avec leurs serviettes sous le bras ». Les infrastructures portuaires, aussi, ont changé de visage. Des barrières ont été installées ici et là. Plus l’arrivée approche, plus la sécurité se fait sentir.
Il est vrai que l’île de Tenerife, ce morceau d’Espagne au large des côtes africaines, a perdu de sa quiétude printanière depuis que les autorités ont accepté d’accueillir le bateau de croisière et ses 140 passagers et membres d’équipage, malgré le spectre d’un invité surprise : l’hantavirus. Six cas confirmés et deux cas possibles de ce virus rare ont été recensés parmi les croisiéristes, dont trois mortels. Tous les malades ont déjà été évacués, et aucun des occupants restants ne présente de symptômes, mais la durée d’incubation de l’hantavirus empêche d’écarter toute crainte. Les voyageurs qui vont débarquer sont des « contacts à haut risque », résume l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Dans les couloirs du siège du gouvernement des Canaries, les agendas de tous les responsables politiques ont été balayés d’un coup. « Tout tourne autour de ça », glisse une proche du président Fernando Clavijo Batlle. « C’est notre principal sujet. On enchaîne réunion de coordination sur réunion de coordination ». Même les traditionnelles Fiestas de mayo sont passées au second plan. Même à la plage, on ne parle que de ça.
Les autorités locales ont passé la semaine à rassurer le million d’habitants de l’île. Dans la rue ou sur les réseaux sociaux, le même message répété en boucle : « La population des Canaries doit avoir l’absolue tranquillité qu’il n’y aura à aucun moment aucune possibilité de contact ». Les passagers du MV Hondius seront effectivement évacués par roulement du navire vers une barge, puis transférés par la route dans des bus ou des navettes, directement jusqu’à l’aéroport. Le bateau et l’équipage, eux, poursuivront leur route jusqu’aux Pays-Bas.
Au cas où, l’hôpital de la Candelaria, située à Santa Cruz de Tenerife, la grande ville du nord de l’île, a été réquisitionné pour recevoir d’éventuels passagers trop souffrants. L’établissement dispose d’une unité spéciale pour mettre un patient à l’isolement total. Mar Martin, la cheffe de l’unité de soins intensifs, arpente encore et encore le couloir. « Tout est prêt pour, si nécessaire, intervenir et prendre en charge de manière optimale un patient nécessitant son admission dans cette unité, promet la spécialiste. On a autour de nous cinquante professionnels : des infirmiers, des médecins spécialisés en soins intensifs, des internes… »
« On n’a pas peur car on est prêts. »
Mar Martin, cheffe de l’unité de soins intensifs à l’hôpital de la Candelariaà franceinfo
Dans la pièce d’à côté, le nombre de combinaisons jaunes a été minutieusement noté sur une feuille à l’unité près. Dans l’étagère du bas, on trouve les masques, et dans le placard du fond, les bottes de protection. Les autorités ont prévu un protocole de haute sécurité : pour accéder et quitter la chambre du potentiel malade, les soignants doivent obligatoirement et minutieusement suivre un circuit bien défini. Les pièces pour s’équiper et les pièces pour se désinfecter sont séparées par des portes sécurisées. L’objectif est d’éviter toute contamination entre les différents espaces et le reste de l’hôpital.
« Tout est prêt », donc. La ministre de la Santé espagnole, son homologue de l’Intérieur espagnol, et même le directeur de l’Organisation mondiale de la Santé seront sur place pour superviser l’évacuation des passagers. « Si tout le monde vient, en fait, c’est peut-être que c’est plus grave ! », ricane José Asencio, 52 ans, au volant de son camion de chantier. Lui a appelé son médecin, mercredi. « Je lui ai dit : ‘docteur, on ne risque vraiment rien ?' » Il avait à peine raccroché qu’il a envoyé un SMS à sa mère, qui passe sa retraite dans un immeuble de Las Chafiras : « Si tu as mal à la tête, tu t’enfermes chez toi. »
Cette semaine, quand les autorités parlaient de « protocole strict », José Asencio comprenait « aislamiento », « confinement » en français. Fin janvier 2020, c’est déjà dans l’archipel des Canaries, sur l’île voisine de La Gomera, que le tout premier cas de Covid-19 a été avéré en Espagne. « Mauvais souvenirs… », souffle-t-il, avant de tracer la route vers son chantier.
A l’aéroport, un loueur de voitures a reçu « deux appels et un mail sur le sujet ». A chaque fois, des clients inquiets, en tout cas interrogatifs : « Est-ce qu’on peut quand même venir ? » A la pharmacie Plasencia, dans le village d’El Médano, en revanche, on n’a rien noté « de spécial ». « Peut-être un ou deux achats de masques, mais rien à voir avec le Covid », recadre la gérante, deux boîtes pleines dans les mains.
Et pendant ce temps, le MV Hondius avale les milles nautiques jusqu’à son point d’arrivée. Les passagers ont-ils conscience de l’immense barnum qui les attend dimanche pour accompagner leur descente sur terre ? « A bord, tout va bien », a confié à franceinfo l’un des cinq Français présents sur le navire, à quelques heures du débarquement. « La prise en charge est claire d’ici à Paris, et nous sommes tous en bonne santé, donc sereins, et prêts aux tests. »
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe gardera un œil sur l’évolution de la situation.

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