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20 mai 2026Réécrire l’histoire de l’art depuis la péninsule arabique : épisode 3/4 du podcast De Paris à Abu Dhabi, une autre histoire de l’art
Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Réécrire l’histoire de l’art depuis la péninsule arabique : épisode 3/4 du podcast De Paris à Abu Dhabi, une autre histoire de l’art ».
Ce qu'il faut retenir
Dans toute la région, que ce soit au Liban, en Irak, ou en Syrie, les artistes sont traversés par cette menace qu’un jour on sera anéantis à cause d’une guerre, ou d’une banale explosion. Ou bien effacés, par manque d’intérêt, déconsidération ou simple refus. Cet épisode suit le regard de celle ou celui qui valorise cette trajectoire-même, cette fragilité de l’existence. Celle ou celui qui y trouve une beauté.
C’est aujourd’hui dans des galeries d’art, des salles d’expositions, des musées du Qatar et des Emirats Arabes Unis que sont valorisés les artistes de tout le Moyen Orient, ceux du passé comme du présent. Le galeriste Ashraf Abou Issa s’implique dans la formation du goût de ses clients depuis les années 90. Collectionner l’art moderne et contemporain devient un des grands hobbies dans la capitale qatarienne où les plus grands collectionneurs sont les membres de la famille royale.
A Doha, les portes du musée MATHAF, le premier musée d’art moderne arabe, s’ouvrent vers des galeries d’une toute petite partie exposée de la collection de plus de 9000 œuvres du Sheikh Hassan Al Thani, issu de la famille royale. Ici figurent presque tous les artistes du monde arabe. Les paysages à la lumière magique de l’Alexandrin Mahmoud Saïd, les sculptures abstraites de la libanaise Saloua Raouda Choucair, les portraits de prisonnières de la Cairote Inji Efflatoun, les toiles colorées de l’Algérienne Baya Mahieddine, les formes cubiques de l’Irakien Jewad Selim…
En Décembre 2025, le musée MATHAF, le premier musée d’art moderne arabe, fêtait ses 15 ans. Et pour bien marquer le coup, cet anniversaire a été célébré autour d’une exposition nommée “Nous Refusons, nous Refusés” où sont exposés des artistes qui travaillent sur la Palestine. La référence au Salon des Refusés, fondé à Paris en 1863 est symbolique, selon l’historienne de l’art Nadia Radwan, co-commissaire de l’exposition, pour qui il était important de mettre en avant “une exposition qui montrait les artistes qui avaient été donc refusés du salon officiel, c’est à dire un espace alternatif, un espace d’engagement critique, un espace qui permet d’opérer en dehors des discours politique et institutionnel dominant.”
L’historienne de l’art irako-américaine Nada Shabout vient de quitter l’université de North Texas où elle enseignait l’histoire de l’art moderne dans le monde arabe pour la New York University d’Abu Dhabi. Les moyens mis à disposition sont ici bien plus conséquents, et cela s’explique, pour Shabout par “l’intérêt à consommer ou acheter l’art moderne qui stimule forcément la recherche sur cette autre histoire de l’art.”
En suivant les artistes, les galeristes, les historien.ne.s de l’art, cet épisode suit la migration des œuvres du Levant, et de leur portée, vers les pays de la péninsule arabique.
Cette série s’inscrit dans la continuité du documentaire “D’Istanbul au Caire, Mille Manières d’être moderne****Ouverture dans un nouvel onglet”, d’Ilana Navaro et Karim Miské, produit par Kepler22 Productions, et diffusé surArte.tv**Ouverture dans un nouvel ongletjusqu’en Septembre 2028.
DESCRIPTIONS D’OEUVRES, LUES PAR NAWEL BEN KRAIEM
Une troupe de cavaliers chevauche des chameaux. Chaque cavalier porte un vêtement coloré – du bleu, du jaune, du rouge. Le paysage derrière eux est en train de s’effacer, tout comme leurs visages aux contours flous. Des colonnes entières sont démolies par des hommes habillés de noir. Le noir, d’ailleurs, envahit progressivement l’espace de la toile.
(Abed El Kadiri, 26 février 2015, 2017)
Une main rouge porte un flambeau en forme de cube. Sur ce flambeau, deux yeux, des oreilles et une bouche. À l’arrière‑plan, sur la gauche, un château flotte sur l’eau. Il a un visage aux couleurs vertes, marron et rouges. Il sourit. Que racontent ces masques ? Et que défend le personnage qui tient le flambeau ? En arrière‑plan encore, une toile dans la toile, semblable à une peinture murale, où apparaissent des entrées de tunnels. Dans chaque tunnel, un cadavre.
(Aref El Rayess, Le Monde du pétrole, 1974)
Des rubans de toutes les couleurs sont collés au mur. Un rouleau de ruban adhésif est suspendu, comme prêt à l’emploi. Au sol, en bas du mur, des extraits d’articles se succèdent, presque sous nos pieds. On pourrait marcher dessus. Sur chaque ruban, des phrases écrites dans toutes les langues relatent de simples faits de notre actualité quotidienne, si banale qu’on n’y prête plus attention.
(Walid Raad et Pierre Huyghebaert, Je pensais que j’échapperais à nouveau à mon destin, 2025)
Liste des intervenants :
- Abed El Kadiri, artiste
- Ashraf Abu Issa, galeriste, maison de vente Al Bahia
- Kevork Mourad, artiste
- Arthur Debsi, consultant pour les collections du musée Mathaf
- Nadia Radwan, historienne de l’art et co‑commissaire de l’exposition Nous refusons, nous refusés
- Alexandre Kazerouni, politologue, spécialiste des politiques culturelles dans les pays de la péninsule Arabique
- Taysir Batniji, artiste
- Nada Shabout, historienne de l’art, Université de New York à Abu Dhabi
- Salwa Mikdadi, historienne de l’art et directrice du centre Mawrid pour la recherche sur l’art arabe
Avec les voix de :
- Nawel Ben Kraiem
- Hayet Darwich
- Majida Ghomari
- Mohamed El Mazzouji
- Pauline Ziadé
- Zouina Aït Slimani
Bibliographie sélective :
- Shabout, Nada, Modern Arab Art: Formation of Arab Aesthetics, University of Florida Press, 2007.
- Naef, Silvia, À la recherche d’une modernité arabe : l’évolution des arts plastiques en Égypte, au Liban et en Irak, Éditions Slatkine, 1996.
- Scheid, Kirsten, Partisans of the Nude: An Arab Art Genre in an Era of Contest, 2024.
- Collectif, Présences arabes : art moderne et décolonisation. Paris, 1908‑1988, Éditions du Musée d’Art moderne de Paris, 2024.
- Didier‑Hess, Valérie ; Rashwan, Hussam, Mahmoud Saïd : catalogue raisonné, Éditions Skira, 2017.
- Didier‑Hess, Valérie ; Rashwan, Hussam, El Gazzar: The Complete Works, Norma Éditions, 2023.
- Bardaouil, Sam ; Fellrath, Till, Art et Liberté : Rupture, guerre et surréalisme en Égypte (1938‑1948), Éditions du Centre Pompidou, 2016.
- Kazerouni, Alexandre, Le Miroir des cheikhs. Musées et politique dans les principautés du Golfe persique, Presses universitaires de France (PUF), 2017.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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