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5 mars 2026Cette déclaration sur Trump et son « sentiment » relance la polémique sur les objectifs de guerre en Iran
SAUL LOEB / AFP
Guerre en Iran : la polémique sur les motivations de Trump ravivée par ces propos à la Maison Blanche. (image d’illustration)
Alors que la guerre au Moyen-Orient dure depuis bientôt une semaine, le flou subsiste sur les raisons qui ont poussé Donald Trump à attaquer l’Iran aux côtés d’Israël. Les justifications de l’administration, qui peinent à convaincre et n’ont eu de cesse de changer, ne vont pas gagner en crédibilité après les propos tenus ce mercredi 4 mars par la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse.
Interrogée sur les revirements trumpistes sur les causes et les objectifs de la guerre, elle a apporté une réponse troublante. Donald Trump « n’allait pas être un président de plus sur une très longue liste qui restait les bras croisés et se contentait de mettre cette menace directe sur les bras de l’administration », a-t-elle argumenté.
« Le président avait le sentiment, là encore basé sur des faits, que l’Iran allait frapper les États-Unis et s’en prendre à nos intérêts dans la région, et il a pris la décision de lancer l’opération “Fureur épique” pour toutes ces raisons », a exposé Karoline Leavitt, dont vous pouvez réécouter une partie de l’intervention ci-dessous.
Des « intuitions » plutôt que des « analyses » d’experts
Donald Trump avait déjà évoqué mardi le caractère instinctif de sa décision. « Nous étions en négociations avec ces fous [les Iraniens] et j’étais d’avis qu’ils allaient attaquer les premiers », a déclaré le président américain depuis le Bureau Ovale, où il recevait le chancelier allemand. « Je pense qu’ils allaient attaquer les premiers et je ne voulais pas que ça se produise, donc j’ai peut-être forcé la main d’Israël », a-t-il justifié, alors qu’il avait laissé entendre l’inverse dans les jours précédents.
Ces explications, et leur manque de clarté, ont valu à l’administration Trump des critiques des démocrates, à l’image du sénateur du Delaware Chris Coons, cité par le New York Times. « Le président et son administration ne cessent de changer leur justification de la guerre », a-t-il fustigé, déplorant que « la seule chose qui reste constante, c’est l’absence de stratégie pour la mener ». « C’est ce qui arrive quand on déclenche une guerre sur la base d’intuitions plutôt que d’analyses et de conseils d’experts », a cinglé l’élu d’opposition.
Le constat n’est pas plus positif du côté des spécialistes interrogés par le New York Times. « Jamais une action militaire aussi risquée et lourde de conséquences n’avait été entreprise avec aussi peu de planification apparente », s’étonne David Rothkopf, auteur d’un livre sur le Conseil national de sécurité (NSC), qui assiste d’ordinaire le président dans ses prises de décision. « Trump semble penser qu’il n’a pas besoin d’options ou de plans d’urgence », abonde Thomas Wright, chercheur à la Brookings Institution.
« Il veut juste une petite équipe pour mettre en œuvre ses instincts, estime-t-il, mais lorsque les évènements tournent mal, un président qui n’a pas préparé de plan de secours se retrouve à miser sur une paire de deux ».

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